Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 23:26

(précédent : travaux de D. Le Page)


A propos des « malversations » de Jean de Lespinay (5)

trésorier général de Bretagne 1489-1524


4) Jean Kerhervé, Les gens de finances des ducs de Bretagne (1365-1491). Catalogue prosopographique. Annexe de thèse d'Etat de Lettres, Univ. Paris IV, 1986, 3 vol., XII + 857 f. Listes et informations biographiques systématiques sur les gens de finances.

p. 52 : “ (55) Jean de LESPINAY :

- Trésorier et receveur général du 14 avril 1489 jusqu'en décembre 1491.

- Il commença son apprentissage d'officier de finances à la recette ordinaire du Gâvre qu'il géra de 1475 à 1485, avant de la prendre à ferme le 1er décembre 1485. Il ne la quitta que le 14 avril 1489, le jour même où il accéda à la trésorerie générale (ALA B 4295 f° 36). Sa fortune ne lui vint pas de ces modestes fonctions, mais plutôt des spéculations que ses parents et lui-même firent sur les fermes des revenus publics : traite des bêtes vives de l'évêché de Nantes de 1485 à 1488 (ALA B 10 f° 70 v°), recette ordinaire d'Ingrandes et Champtocé au cours de la même période (ibid., f° 75), ports et havres d'entre le Couesnon et l'Arguenon en 1487 (ibid., f° 163). Il perçut également les deniers du fouage de 1487 en l'évêché de Nantes (ALA B 4296 f° 7 v°), avant que sa promotion à la trésorerie ne lui permit d'en faire la recette générale dans toute la Bretagne, en 1489, 1490 et 1491 (ibid., f° 204 ; ALA B 12 f° 61 et 106 ; B 13 f° 132).

       Sa carrière peut paraître moins riche, ou plus mal connue que celle de ses prédécesseurs, mais il faut dire qu'en 1489 il était relativement jeune et qu'il avait encore son avenir devant lui. Ses espoirs [?] furent brisés par le mariage de la duchesse, et, dès le 27 octobre 1491, il connaissait le nom de son successeur, Thomas BOHIER, que le roi avait pourvu de la trésorerie générale de Bretagne avant même d'être véritablement maître du duché (D.M. Pr. III 705). Jean de Lespinay dut se satisfaire, dès 1494, d'un fauteuil d'auditeur à la Chambre des Comptes (ALA BB 156) où il rongea son frein jusqu'en 1498 (ALA B 116 f° 46 v°). Le retour de la duchesse en Bretagne ranima ses espérances ; il avait des arguments à faire valoir, on lui devait plus de 68000 L. (ALA E 209/24 f° 5 v°). Il retrouva alors la trésorerie générale (D.M. Pr. III 793) qu'il conserva jusqu'à sa mort le 29 janvier 1524 (ALA B 12838 f° 37 ; cf. D.M. III 847 et 888). Sa succession fut particulièrement difficile : ses biens furent confisqués et donnés à Henri Du Perreau [NON, Louis du Perreau], réformateur des Eaux et Forêts de Bretagne. Son petit-fils Guillaume, sr du Chaffault, à qui incomba la charge de rassembler les garants de son aïeul qui devait 83465 L. à l'Etat, fut arrêté en 1528 et élargi cinq ans plus tard seulement (ALA B 568 f° 11, 71 v° ; B 569 f° 146 v° - 148).

  - Il était fils de Jean de L. et de Brience Pinart (cf. receveurs ordinaires du Gâvre) et avait épousé Bertranne Robellot, dont le frère Guillaume était marié à Françoise Becdelièvre, une alliance qui avait pu favoriser l'accès de Jean de L. à la trésorerie générale. Il eut cinq enfants : Jean, époux d'Hélène de Marbré puis d'Agnès Du Chaffault [NON], mort en 1517, Guillaume, marié à Guillemette Moulnier, qui lui procura la recette de Nantes et lui ouvrit les portes de la Chambre des Comptes, Marie, épouse d'Abel Renaud [Rouaud], Bertranne, épouse de Jean Guihennec [Guéhenneuc], Marie, épouse de Jean de La Bourdonnaye puis de Robert de Gaincru. Sa fortune immobilière, concentrée dans la région du Gâvre, s'accrut considérablement au tournant des XVe et XVIe siècles : il était vassal de la seigneurie du Fresnay en Plessé et arrière-vassal de la seigneurie de Blain (aux Rohan, ce qui explique que, au cours de la guerre de Bretagne, il ait pendant un certain temps du moins, tenu le parti du roi [d'après d'Hozier, sans preuves]) ; de ses parents il avait hérité la seigneurie du Rozet et les manoirs de Bodouan et de Lespinay [NON] en Plessé. Il y acquit la belle seigneurie de Trémar (200 L. de rente, achetée aux Tournemine en 1495), le haut-Epinay, terre roturière où il transporta son manoir seigneurial (1499), le domaine du Chesnevert (1510, acheté aux Rohan), les domaines de Buhel et de Malarit [NON, bien de sa bru de Marbré]. En 1516, il possédait aussi les terres de Lanvaux et d'Auvers en Fougeray [NON, biens de sa petite-bru Du Chaffault]. Comme d'autres, il bénéficia de la bienveillance des souverains, et en 1413 la reine Anne affranchit sa terre des Rotiz en Plessé où il rebâtit sa métairie de Lespinay; trop proche de sa demeure à son gré ; elle y ajouta des franchises pour deux autres métairies récemment achetées (Carguemer et La Haute-Ville) et deux autres encore qu'il avait établies sur ses terres (Bodouan et Couedan), cf. ALA B 126/69.

- Sur Jean de L., cf. Marquise de Lespinay, Jehan de Lespinay, thrésorier de Bretagne, 1448-1524, Fontenay-le-Comte, 1937.”

 

p. 372 : “ Receveurs ordinaires d'Ingrandes et de Champtocé :

(18) Jean PARAGEAU l'aîné et (19) Jean de LESPINAY (01.12.1485-23.11.1487), ALA B 10 f° 75. ”

 

p. 383 : Receveurs ordinaires du Gâvre.

Dont : Macé de LA RIVIERE (22.04.1407-Saint-André 1408)

Guillaume PARAGEAU (8.01.1454-31.12.1458), ALA B 4295 f° 34 v°

Jean de LESPINAY (01.01.1463-12.06.1465), ALA B 4295 f° 35

Guillaume de LESPINAY (12.06.1465-31.03.1466), ALA B 4295 f° 35

divers (François de Lonneday, Tristan Le Bascle, Pierre Simon)

Jean de LESPINAY le jeune (10.01.1475-30.11.1485) ALA B 4295 f° 36

Jean PARAGEAU l'aîné et Jean de LESPINAY le jeune (01.12.1485-14.04.1489), ALA id.

Jean PARAGEAU l'aîné (14.04.1489-31.10.1489), ALA B 4295 f° 36

p. 385 : “ Guillaume PARAGEAU / PARAJEAU / PARAJAU :

- Attesté à partir de 1454, il tenait encore la recette sous le duc Arthur III (ALA E 182/44) et fut très vraisemblablement révoqué le 31 décembre 1458, puisque François II changea les officiers du Gâvre à son avènement comme il le fit dans un bon nombre de services. On lui devait 246 L. de reliquat (ALA 131 f° 79 v°).

- Originaire de Plessé (ALA E 182/44), il consentit au duc en 1465 un prêt de 220 écus d'or gagé sur les bijoux de l'Epargne (ALA E 205/1, il s'associa à J. Parageau et à trois autres financiers dans cette opération).

- Sur son fils Jean, cf. infra, note 16. ”

p. 386 : “ (11) Jean de LESPINAY :

- En 1460 il était fermier de la traite des bêtes vives avec Jean Parageau (ALA E 131 f° 79 v°). En 1465 son fils Guillaume et lui prêtèrent 120 écus d'or au duc sur gage d'une coupe d'or (ALA E 205/1 f° 119).

- Il appartenait à une famille de petite noblesse, originaire de Plessé, où elle tenait le fief de Rozet, gage féodé d'une sergentise de la recette du Gâvre. Fils de Jean, notaire de la juridiction [NON, aucune preuve], et de Guillemette de Guiniou, il avait épousé Brience Pinart, d'une maison bien introduite dans le monde des finances (cf. receveurs de Guingamp ; Françoise d'Amboise avait été dame de Guingamp, qu'elle tenait en douaire comme Le Gâvre). Le mariage de sa soeur avec un représentant de la famille de La Rivière n'avait pu que faciliter sa carrière (supra, note 2). L'aisance matérielle du receveur se mesure à la cadence de ses acquisitions foncières à Plessé où il acheta le manoir du Rozet et s'efforça de reprendre possession pièce par pièce du domaine du Guiniou, propriété de sa mère [affirmation, peu d'achats prouvés].

- Il fut père de Jean de L. (infra, note 15) et de Guillaume, qui lui succéda au Gâvre. De ses trois filles, Renée, Marie et Henriette, les deux premières firent de beaux mariages dans les milieux d'affaires étrangers [NON, aucune preuve de l'origine étrangère récente, supposée italienne, des Spadine et Guiolle] à Nantes : Renée épousa Jean Spadine sr du Housseau, et Marie Pierre Guiole, sr de Lagné (D'après Marquise de Lespinay, Jehan de Lespinay, thrésorier général de Bretagne, passim).”

p. 387 : “ (12) Guillaume de LESPINAY :

- Fils cadet de Jean de L. ; on connait mal son itinéraire. Il est possible que ce soit lui qui ait levé le fouage de 1486 en l'évêché de Vannes pour le maréchal de Rieux (ADM fonds de Truscat). ”

p. 387 : “ (15) Jean de LESPINAY le jeune :

- Fils aîné de Jean (supra, note 11), il inaugurait au Gâvre une prestigieuse carrière qui devait le conduire à la trésorerie et recette générale. ”

p. 387 : “ Jean PARAGEAU l'aîné / PARAJAU :

- Le 1er décembre 1485 on décida d'affermer les recettes ordinaires de Bretagne (ALA B 12838 f° 211). Or Jean de Lespinay resta en fonction jusqu'en avril 1489, date de sa nomination à la trésorerie, et Jean Parageau était dit receveur du Gâvre à la mort de François II en septembre 1488 (ALA E 182/44). Tout laisse donc à penser que les deux hommes prirent la ferme de la recette du Gâvre pour trois ans le 1er décembre 1485, et qu'ils firent renouveler leur contrat à l'issue de ce premier bail en décembre 1488. Cette interprétation est d'ailleurs confirmée par le fait que l'on rencontre fréquemment l'association Parageau-Lespinay dans les fermes des revenus ducaux depuis 1460 :

- 1460 : Jean Parageau l'aîné et Jean de Lespinay l'aîné furent fermiers de la traite des bêtes vives (ALA E 131 f° 79 v°)

- 1485 : Jean Parageau l'aîné et Jean de Lespinay le jeune prirent la même ferme (ALA B 10 f° 70 v°)

- 1485-1488 : Jean Parageau l'aîné, Jean de Lespinay le jeune et leurs consorts (dont J. Parageau le jeune) tenaient la ferme des ports et havres d'entre le Couesnon et l'Arguenon (ALA B 10 f° 163).

Jean P. perdit la recette du Gâvre le 31 octobre 1489, lorsqu'elle fut baillie par la duchesse à Loys de Lornay (ALA B 12 f° 27). En dehors de ses associations avec les Lespinay, il afferma encore la traite des bêtes vives avec J. Capeau en 1480 (ALA B 9 f° 168 v°) ; en 1486 il était châtelain de Fégréac pour le sr de Rieux (ADM E 55) ; enfin il leva le fouage à plusieurs reprises dans le diocèse de Nantes pendant la guerre franco-bretonne ce qui l'obligea à consentir de lourdes avances et lui valut même de connaître la prison (ALA B 13 f° 88, B 4296 f° 7 v°, 8, 173 v° ; Arch. dép. Doubs E 1212). En 1500 il réclamait encore 7112 L. en remboursement de ses avances et 1200 L. pour les pertes subies pendant sa captivité (ALA E 209/23).

- Il était fils de Guillaume P. (supra, note 8). En 1498 un Jean P. était clerc et greffier de la Chambre des Comptes de Bretagne, un autre (?) premier président en 1528-1537 (FOURMONT, Histoire de la Chambre des Comptes, p. 296-297 ; ALA B 151 et 1583). Nous ignorons ses liens de parenté avec le receveur du Gâvre. ”

p. 453 : “Receveurs ordinaires de Ploermel

(12) Jean PILLET :

- Il doit s'agir du fils de Jean Pillet sr. de La Hataie mort en 1444 (supra, note 9). Il fut receveur du fouage dans l'évêché de Saint-Malo entre 1446 et 1450 (...) ; il leva aussi dans le diocèse de Vannes en 1446 (...), et comme lieutenant de Jean de Lespinay dans l'évêché de Léon la même année (ALA B 4296 f° 227). ”

p. 591 : “Receveurs du fouage de l'évêché de Léon

(23) Jean PILLET :

- Il n'était en fait que le commis de Jean de Lespinay, receveur titulaire, mais c'est lui qui rendit le compte du fouage à la Chambre. Cf. receveurs ordinaires de Dinan. ”

p. 601 : “Receveurs du fouage de l'évêché de Nantes :

1487 - 63 s. de fouage - J. de LESPINAY (45) - ALA B 4296 f° 7.

1488 - 8 L. 8 s. - Jean PARAGEAU avec P. Avignon et T. Erault

1489 - 60 s. - Jean PARAGEAU (ALA B 4296 f° 7 v°)

1490 - 4 L. 10 s. - Jean PARAGEAU

1490 - 8 L. 10 s. - id. avec P. Avignon et T. Erault. ”

p. 673 : “Receveurs du fouage de l'évêché de Vannes

1490 - 4 L. 10 s. - Jean PARAGEAU (ALA B 4296 f° 173 v°). ”

p. 680 : “Receveurs dans une partie de l'évêché de Vannes”

Guillaume Moulnier (auditeur des comptes)

1467, 1468, 1469, 1470, 1473, 1474, 1476, 1477, 1478, 1481, 1484, 1485.

p. 681 : “ Receveurs du fouage de l'évêché de Vannes

(42) Pierre FRANCHEVILLE :

- Institué par le trésorier Juzel pour lever le second terme du fouage en remplacement d'Alain Martin, il dut affronter la concurrence de Jean de Gravot, ... On trouve encore pour l'année 1486 Pierre de La Couldre, Yvonnet Le Cernan et Guillaume de Lespinay qui agirent aussi pour le sr de Rieux (ALA B 4296 f° 172 v°). ”

p. 718 : “Auditeurs de la Chambre des Comptes de Bretagne au XVe siècle”

(124) Guillaume MOULNIER, p. 756. Auditeur le 17 juillet 1488.

Paroissien de St Nicolas de Nantes, époux d'Olive Bourgneuf (SAN et LI, 1922, p. 137). Il se disait sr de la Mesleraye en Trans (ALA B 1875) et sr de La Raudière en St Donatien de Nantes (ALA E 1270).

Fit carrière à l'ombre de Pierre Landais. Probable receveur ordinaire de Hennebont en 1466 et 1467. Dès 1465, il était au service d'Olivier Baud, trésorier des guerres (AIV 1 F 1117), et c'est à ce titre qu'il leva le fouage de l'évêché de Dol en 1466 (ALA B 4296 f° 114), puis celui de l'évêché de Vannes en 1467, 1468, 1469, 1470 (ibid., f° 170) ainsi que l'aide des villes exemptes (1466-1468...). En 1474 au plus tard, il passa sous les ordres de Pierre Landais qui lui confia également la recette des fouages de l'évêché de Vannes en 1474, 1476, 1477, 1481, 1484, 1485 (ALA B 4296 f° 172 et ALA B 8 f° 40 v°). Vers 1479, commis au paiement des gages des gentilhommes et officiers de la maison du duc (ALA B 9 f° 1 v°) jusqu'en 1481 sans doute.

Le 30 septembre 1486, malgré la chute de Landais, il obtient l'office d'argentier de la duchesse et des princesses Anne et Ysabeau, filles de François II (ALA B 10 f° 84 v°).

p. 785 : Jean de la RIVIERE / RIPVIERE

Ecuyer du duc en 1432.

2d président des Comptes dès 1442-1444 et au moins jusqu'en 1448.

Chancelier en 1450 et capitaine de St Aubin du Cormier, jusqu'en 1457.

Puis de nouveau président dès avant le 13 mars 1460. Meurt en 1462 [28 février 1461].

Sgr. du Haultboais (St-Julien de Vouvantes), d'Eancé (id.) et de la Chauvelière en Joué...

Epousa dame Jamette Brillet (morte le 28 avril 1459), soeur de Guillaume Brillet évêque de Rennes (1427-1447). Eut un fils, Robert, évêque de Rennes, mort le 18 mars 1450.

Se remaria à Marguerite de Québriac, fille de Thomas de Québriac.


Partager cet article

Repost 0
Published by Famille Lespinay - dans Jehan de Lespinay et sa famille
commenter cet article

commentaires