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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 00:07
(précédent : Prosopographie de J. Kerhervé)

 


A propos des « malversations » de Jean de Lespinay (6)

trésorier général de Bretagne 1489-1524


5) Dominique Le Page, Finances et politique en Bretagne au début des temps modernes, 1491-1547. Catalogue prosopographique.


p.401 :9. Jean de Lespinay

          On ne connaît pas la date exacte de son institution, qui dut suivre de peu le décès de Charles VIII. Son premier compte conclu le 9 juillet 1518 couvre cinq années et neuf mois s'achevant le 31 décembre 1503, ce qui le fait commencer fin mars début avril 1498 (ALA B 4297 f° 543). Il était déjà mentionné comme trésorier de Bretagne dans le compte du béguin de Charles VIII d'avril à juin 1498 (D.M. Pr. III 793).

       Sa carrière avait commencé dès 1475 comme receveur ordinaire du Gâvre et, jusqu'en 1489, il avait multiplié les activités tant comme fermier que comme receveur des fouages (Cf.J. Kerhervé, Cat. t.1, notice 55, p.52-53), le plus souvent en association avec son père [NON, Jean III de Lespinay est décédé fin 1465]. Le 14 avril 1489, il avait été promu à la trésorerie générale et il conserva cette charge jusqu'à la nomination de Thomas Bohier. Après le mariage entre Anne et Charles VIII, il se replia sur la Chambre des comptes où il obtint, dès la confirmation du personnel de celle-ci, le 3 août 1492, un siège de maître et auditeur (ALA B 51 f°1). Il fut en même temps inscrit sur la liste des pensionnés du roi 13. Seule la mort de Charles VIII lui permit pourtant de retrouver un rôle de premier plan.

[Note 13 : Dans le compte d'Olivier Barraud il est crédité d'une somme de 120 l.t. pour l'année 1495, B.N. fr.8310 f° 208.]

         A partir de 1498, Jean de Lespinay combina l'exercice de sa charge de trésorier général avec le contrôle de la recette des devoirs de billots et appétissements de 1500 à au moins 1515 (ALA B 4297 f° 542 et f° 544) [NON, il s'agit de son fils Jean V]. Parallèlement, il chercha à contrôler un certain nombre de recettes en y plaçant des hommes à lui : ainsi pour la recette ordinaire de Nantes qu'il confia à Pierre Avignon puis à son propre fils Guillaume, ainsi pour la recette du Gâvre où il commit Jean de La Rivière, le 21 juillet 1503, à la demande d'Anne, ainsi pour les fouages de Dol qui revint à son clerc Jean Baptiste de Servy puis à François Bonnet. Il assura lui-même la perception des fruits de plusieurs seigneuries saisies sur ordre du roi ou placées sous l'autorité judiciaire pendant des procès : il fut notamment, à la suite de son fils Guillaume, séquestrateur des terres d'Issé et de Rieux pendant le procès entre Françoise de Rieux et son fils Jean de Laval d'une part et Jean de Rieux d'autre part (ALA B 19 f° 172) ; on le trouve aussi mentionné comme séquestrateur des terres de Derval, Guéméné et Beauregard pendant le procès entre le sr de Rieux, garde naturel de sa fille et la vicomtesse de la Bellière (ALA B 17 f° 171). Il était également sous-garde de la forêt du Gâvre (ALA B 23 f° 282).

         La documentation ne permet de saisir qu'une partie de son activité et, une allusion du 15 juillet 1530, extraite des livres de la Chambre des comptes, dans laquelle Pierre Coquays, procureur de son petit-fils Guillaume, reconnaît “avoir vacqué à l'examen, fin et conclusion des fouages et impostz de Cornouaille et des aides et autres... et confesse qu'il n'a présenté comptes des billots pour ledit de Lespinay” (ALA B 569 f° 79) laisse entendre que Lespinay contrôla, en fait, plus de recettes, soit par des commis, soit par des officiers qui lui étaient proches, que les listes dont nous disposons ne le laissent voir.

         Son crédit retrouvé sous le règne d'Anne, il put se faire quelque peu rembourser des sommes qui lui étaient dues depuis 1491. Vers 1500, il demandait en effet à être “appointé de quelques sommes de deniers à valoir sur son deu du temps precedent le mariage de la royne à ce que mieux il puisse entretenir son credit au service de ladite dame” (ALA E 209/22), requête qui fut en partie satisfaite puisque dans un compte non daté (on peut le situer vers 1500-1502), il est indiqué qu'il avait reçu 4000 l. (ALA E 209/26) dont la moitié lui avait été payée par Pierre Thierry, commis au paiement des dettes de Bretagne (ce qui peut permettre de conclure que d'autres versements ont pu être effectués par la suite) et l'autre moitié avait été prise directement sur sa propre recette de trésorier. C'est probablement en fait surtout l'exercice de cette charge qui lui permit de rentrer dans ses fonds et de continuer à agrandir une fortune héritée de son père, constituée essentiellement de biens localisés dans la paroisse de Plessé dans l'évêché de Nantes (avec la seigneurie du Rozet et les manoirs de Bodouan et de Lespinay) et déjà enrichie sous le règne de Charles VIII par l'achat de la seigneurie de Trémar aux Tournemine en 1495.

        L'agrandissement de ce patrimoine fut mené méthodiquement sous le règne d'Anne. Ainsi le 28 janvier 1498, il acquit de Pierre Olivier demeurant à Plessé quatre pièces de terre labourables (“une dans la bocze de castelles dans la frairie de langles et les trois autres dans la bocze de Kernouer”). Il semble n'avoir acheté une partie de ces biens (ceux de Langle notamment) que pour les utiliser ensuite dans d'autres opérations foncières. En effet, le 15 octobre 1499, il obtint de Brience Blanchart en échange de 30 l. et de pièces de terre situées en la frairie de Langle... “le lieu vulgairement nommé le hault Espinay consistant tant en maisons, jardins, rues, terres arables, non arables, prés et appartenances que autres heritages... lesdites choses situées en la frarie de Rozet contenant trente journaux de terre ou environ”. Il poursuivit ses acquisitions en achetant à Jean Mérot une maison et ses dépendances avec un tiers de journal de terre situés au bourg de Plessé, le 17 mars 1500 puis il reporta son attention sur le domaine de Rozet auquel il adjoignit “une pièce de terre en pré” achetée à Jean Moriceaux le 4 juin 1511. En couronnement de ce processus, il obtint de la reine Anne le transfert de l'anoblissement de l'ancienne métairie de Lespinay - qu'il fit détruire - à celle du Haut-Epinay et l'anoblissement de quatre métairies dont deux étaient construites sur son domaine de Lespinay - Bodouan et Couedan - et deux autres - nommées la Haute-Ville et Carguemer - qui avaient été acquises par lui à proximité de ce même domaine (ALA B 21 f° 289). Cette attention accordée à ses possessions de Plessé ne l'empêcha pas d'acheter d'autres biens : ainsi le 4 mai 1512 se porta-t-il acquéreur, dans la paroisse de Guenrouet, de quatre pièces de terre, ainsi fit-il également l'achat, à une date inconnue, des terres de Lanvaux et d'Auvers en Fougeray [NON, biens provenant du mariage de son petit-fils avec Marie du Chaffault]. Il possédait par ailleurs une maison nommée Beau-Soleil dans la rue Saint-Vincent à Nantes. Ce patrimoine patiemment constitué, signe de l'affirmation de Lespinay et de la faveur dont il jouissait auprès d'Anne, devint, après la mort de cette dernière, un élément de fragilité, en étant considéré progressivement comme le révélateur de malversations et en devenant l'enjeu des poursuites menées contre le trésorier.

       La mort d'Anne de Bretagne marqua, en effet, un infléchissement dans sa carrière : cela se traduisit par l'obligation qui lui fut faite de rendre compte. Il dut conclure son premier exercice de la recette générale le 9 juillet 1518 (ALA B 4297 f° 543) et présenter le compte de son fils Guillaume - dont il s'était porté héritier - pour la recette ordinaire de Nantes et la saisie de la seigneurie de Retz en 1520 (cf. notice 186). Malgré ces premières poursuites (14), il réussit à conserver la recette générale jusqu'à son propre décès survenu soit à la fin du mois de janvier, soit plus probablement à la fin du mois de juillet 1524 (B.N. CAR d'Hozier 382, il aurait encore présenté un compte le 13 juillet 1524, ALA B 568 f° 12).

 

[Note 14 : La marquise de Lespinay mentionne à deux reprises dans l'ouvrage qu'elle a consacré à son ancêtre des lettres écrites le 19 décembre 1523 au conseil du roi par Jean de Lespinay dans lesquelles il aurait demandé des délais de paiement du fait des difficultés à faire rentrer les impôts et du fait aussi des avances qu'il avait faites au trésor, Marquise de Lespinay, op.cit. p.88).][l'auteur n'a pas vu ce document, pourtant présent dans B.N. CAR d'Hozier 382, f°337]

 

       Dès sa mort, sur décision du conseil de Bretagne, la saisie fut mise sur ses biens dont l'inventaire fut confié à deux membres de la chancellerie bretonne : Nicolas Duval, secrétaire et Me Jean Degatz, conseiller. Cette mesure conduisit Guillaume de Lespinay, petit-fils du trésorier, à se porter héritier sous bénéfice d'inventaire (dès la mise des scellés puis les 5 et 18 août 1524) et à mener une double bataille, l'une pour retrouver la jouissance des biens du trésorier, l'autre pour accéder aux documents servant à la reddition de ses comptes. Après qu'il eut fait une demande en ce sens, le conseil de Bretagne l'autorisa, le 22 septembre 1524, à rentrer en possession des biens de son aïeul ainsi que de ses papiers à condition qu'il s'engageât à remettre une caution et à rembourser les créanciers du trésorier (15). Cette décision fut toutefois remise en cause par la Chambre des comptes qui donna, le 16 mars 1525, un délai de quinze jours à Guillaume de L. pour rendre ses comptes et ne lui accorda que 300 l. pour l'aider dans sa tâche.

 

[Note 15 : Créanciers parmi lesquels on trouve Gilles Le Rouge, Louis des Déserts, Hervé du Quelenec, Gilles Carré.]

 

       Les autorités royales firent une première intrusion dans la procédure en nommant, en novembre 1524, une commission composée de Jean Briçonnet, vice-chancellier, de Jean Vaillant, bailli de Dunois, conseiller au Grand Conseil, de Pierre de Bidoux, sr de Lartigue, vice-amiral de Bretagne et de Guillaume Barthélémy, contrôleur général de Bretagne, pour faire rendre compte à Guillaume de Lespinay “et à toutes les personnes dont on trouvera des reconnaissances et de remettre tous les deniers revenant bons à Charles Luillier” (C.A.F., 18122). Cette commission mit les propriétés de Lespinay sous séquestre - la gestion en fut confiée à Charles Luillier (qui reçut ordre de vendre tous les biens périssables) ; elle tenta aussi d'accélérer les poursuites en ordonnant à G. de Lespinay de rendre compte des deux dernières années d'exercice du trésorier avant la fête de la chandeleur 1525 et lui laissa, pour cela, la disposition des papiers servant à sa décharge, tout en exigeant que les documents contribuant à sa charge soient remis à la Chambre des comptes. Le 23 avril 1525, le procureur de la Chambre des comptes obtint un mandement pour faire vendre aux enchères les biens meubles de Lespinay situés dans la ville de Nantes (ALA B 29 f° 62).

       Contrairement aux attentes du pouvoir royal et, faute d'une définition précise de ses pouvoirs, ce nouvel acteur vint compliquer le règlement du dossier, provoquant des rivalités entre commissaires et gens des comptes. Devant la confusion grandissante, la régente ordonna, par un mandement du 15 août 1525, que tous les intervenants dans le dossier fussent convoqués devant les Grands Jours de Bretagne qui, après audition de chacun, rendirent un arrêt exigeant que les papiers fussent remis dans leur totalité à Guillaume de Lespinay.

       Cette mesure ne fut pas appliquée en raison d'un durcissement des autorités royales à partir de 1527. Au mois de juin, le roi fit transférer au conseil étroit des acquits de Lespinay “à l'estimation d'un million d'or” (mention du 18 juin 1527) afin, semble-t-il, d'obtenir paiement de tous ceux qui avaient des dettes à l'égard du trésorier (16). Le 4 novembre de la même année, il fut demandé d'envoyer à Paris une copie du compte de ce dernier par Jean Pineau, sr de Kerjean et entre ces deux dates, au mois d'octobre, François Ier fit don des domaines de Lespinay et de Trémar “et généralement ce qui appartenoit audit feu J. de Lespinay es paroisses de Plessé et de Guenrouet” à Louis du Perreau, sr de Castillon, gentilhomme de la chambre du roi (ALA B 51 f° 373-375). Ce don ne fut toutefois enregistré par la Chambre des comptes de Bretagne que le 24 janvier 1530 (17) après que le roi eut délivré une lettre de jussion dans laquelle la dette de Lespinay était estimée - pour les comptes déjà clos - à 79 355 L. 18 s. 5 d. Les terres de Lanvaux et d'Auvers en Fougeray furent, quant à elles, vendues, au profit du roi (pour la somme de 1000 l.), à Anne, vicomtesse de Rohan, par acte du 24 décembre 1527 avec les domaines du Gâvre et de Lesneven, sans que, à la différence de ces derniers, la monarchie pût les racheter (ALA B 51 f° 329). Toutefois Anne de Rohan eut des difficultés pour prendre possession de ces biens que Guillaume de Lespinay semble avoir réussi à vendre avant qu'ils ne soient saisis [NON, ces biens appartenaient à sa femme et ont été restitués sans être vendus, comme le montrent les mss. B.N. CAR d'Hozier 382](18).

 

[Note 16 : C'est Charles Bricet, sr de la Mothe, qui fut chargé de percevoir les sommes dues à Lespinay.]

[Note 17 : Elle avait accepté le 19 février que Castillon fut chargé d'administrer les biens sans entériner le don, ALA B 568 f° 69-70]

[Note 18 : ALA B 51 f° 329 R° et V°.]

 

       Simultanément, le pouvoir royal accrut sa pression afin d'obtenir une conclusion de tous les comptes de J. de Lespinay : le 10 mars 1530, ordre fut donné par le roi d'arrêter Guillaume de Lespinay et de saisir ses biens (ALA B 51 f° 377) ; en Bretagne même, la commission Minut intervint, le 20 novembre 1531, pour que le compte du trésorier fût conclu avant Noël “pour bien entendre le faict des receveurs et comptables” (ALA B 568 f° 167). Suite à ces interventions, G. de Lespinay fut effectivement mis en arrêt au château de Nantes le 24 janvier 1532. Son temps d'“incarcération” fut bref puisque, le 9 février 1532, les gens des comptes l'autorisèrent à tenir son arrêt dans la maison de son beau-frère, Christophe Brécel (19), le sénéchal de Nantes. Il ne retourna pas en prison après cette date prenant, par la suite, prétexte d'une maladie pour demeurer chez lui où il fut placé sous la garde d'un huissier de la Chambre, Jean Aubin (ALA B 569 f° 173, mention du 11 mai 1532). La menace semble avoit été pourtant suffisamment forte pour l'amener à présenter et à conclure les différents comptes du trésorier, notamment le sixième compte (années 1518-1521) qui fut présenté en mars 1530 et conclu en mars 1533 et le septième compte (années 1522-1523), présenté le 24 janvier 1532 et conclu le 15 décembre 1534 (20) (ALA B 121 f° 49-53).

 

[Note 19 : Celui-ci était marié à Catherine du Chaffault, soeur de Jean du C., ALA B 31 f° 192.][NON: soeur de Marie du Chaffault]

[Note 20 : G. de Lespinay figure sur la liste remise à Julien Bertho, receveur des restes, parmi les officiers qui avaient rendu leurs comptes depuis le 21 mai 1533, ALA B 570 f°111.]

 

       A l'issue de ce dernier compte, la dette de J. de Lespinay fut estimée à 83 465 l. 8 d. ..., sans compter les sommes qui restaient encore à apurer. Malgré l'importance de ce montant, les poursuites contre lui se relâchèrent quelque peu après 1535. A cela, il est plusieurs explications possibles : la conclusion des comptes entraîna d'abord un processus de vérification des papiers fournis et de recherche des omissions faites, ce qui provoqua la convocation de receveurs ou de bénéficiaires de dons mentionnés dans les comptes. Ainsi le sr de Châteaubriant remit-il en cause les paiements qui lui avaient été faits par Lespinay sur une transaction de 70 000 l. passée entre lui et le roi. Ainsi Michel Menant demanda-t-il à ce que G. de Lespinay rende compte de 12 000 l. provenant de la saisie des bénéfices religieux. A ces difficultés s'ajouta celle constituée par les relations entre le général des finances, Philibert Tissart, et Lespinay lui-même, tous les paiements de ce dernier devant être justifiés par un acte du premier. Ce problème fut en partie résolu par l'obligation faite à Tissart puis à ses héritiers par la commission de la Tour Carrée de remettre à la famille de Lespinay des acquits pour un montant de 23 439 l. 1 s., ce qui semble avoir été fait - mais très lentement - puisque dans le jugement définitif rendu en faveur des Tissart, cette somme n'était plus demandée. Toutes ces procédures différèrent d'autant l'apurement définitif de Lespinay.

       Guillaume de Lespinay semble enfin avoir bénéficié de protections importantes : celle de Jean de Châteaubriant, gouverneur de Bretagne dont G. de Lespinay en tant que sr de Monceaux était le vassal, celle d'Anne de Rohan ensuite. Lors de l'une de ses comparutions à la Chambre, le 16 mai 1536, alors qu'on lui demandait de remettre des lettres de son grand-père, il parvint à obtenir un délai en arguant du fait qu'il était au service de la dame de Rohan et en présentant des lettres de cette dernière “par lesquelles elle prie les gens desdits comptes de expedier incontinant ledit de Lespinay et de le luy envoyer” (ALA B 571 f° 77).

       A la fin des années 1530, il était encore poursuivi à propos de litiges avec différents receveurs - Michel Menant, les héritiers de François Guillart notamment - mais les procédures ne retrouvèrent jamais l'intensité qu'elles avaient eues jusqu'en 1535. Après sa mort, survenue en 1545, son fils Pierre fut toutefois inquiété : le 22 juin 1562, il lui fut demandé de montrer les documents attestant qu'il avait bien payé les 83 465 l. 8 d. monnaie dûs (ALA B 582 f° 231). Le 27 avril 1566, il était déclaré par ailleurs redevable de 1383 l. 5 s. 8 d. dues par la conclusion du compte de Guillaume de Lespinay, pour la saisie de Retz de 1506 à 1508 (ALA B 121 f° 49-53). En 1571, les poursuites reprirent à l'instigation du procureur général de Bretagne et du procureur de la Chambre des comptes mais Pierre de Lespinay obtint, le 4 mars 1571, un mandement du roi ordonnant de cesser de l'inquiéter à propos de la somme “de 83 mille et tant de livres” s'il apparaissait bien qu'il n'était, ainsi qu'il le prétendait, aucunement héritier du trésorier général (Marquise de Lespinay, op. cit., p.238-239). L'absence de mention de ce dossier par la suite peut laisser penser que son traitement fut conclu par ce mandement royal.

       Jean de Lespinay avait eu cinq enfants (cf. J. Kerhervé, Cat., t.I, notice 55, p.53) dont deux fils : l'aîné, Jean, sr de Malarit, lui succéda en 1498 à la Chambre des comptes en tant que clerc et secrétaire puis devint maître des comptes en mai 1515 (cf. notice 427). Le deuxième fils se prénommait Guillaume ; il fit une carrière financière dans l'ombre de celle de son père, exerçant notamment la charge de receveur ordinaire de Nantes (cf. notice 186).

       Référence : Marquise de Lespinay, Jehan de Lespinay, thrésorier de Bretagne, 1448-1524, Fontenay-le-Comte, 1937.”

p.493 : “ 185. Jean de Lespinay

       Deux hommes portaient ce nom : le trésorier général et son fils aîné, époux d'Hélène de Marbré puis d'Agnès du Chaffault [sic!]. En retenant l'hypothèse que ce dernier succéda à son père à la Chambre des comptes en 1498 ou en 1499, on peut conclure que le trésorier général tint à s'assurer le contrôle de l'une des recettes ordinaires les plus importantes de Bretagne en y commettant d'abord Pierrre Avignon, en la prenant lui-même en charge ensuite (mais il put conserver Pierre Avignon comme commis) et en la transmettant enfin à son deuxième fils Guillaume.

           Pour l'ensemble de la carrière de Jean de Lespinay, voir notice 9. ”

 

p.493 : “ 186. Guillaume de Lespinay

        Fils du précédent. Il resta probablement en charge jusqu'à sa mort survenue avant le 9 juin 1509 [NON, il meurt en 1518], date à laquelle son père obtint un exécutoire sur ceux qui lui étaient “demeurés debiteurs tant à cause de la recepte ordinaire de Nantes, Loyaulx et terre et seigneurie de Retz” (ALA B 18 f° 108).

        Il fut également responsable de la saisie de la seigneurie de Retz de 1506 (mais cette date marque le début d'un second compte) à 1508 (ALA B 121 f° 51).

        C'est son père qui conclut son compte de la saisie de Retz le 26 février 1520 (ALA B 121 f° 53), conclusion par laquelle le trésorier général resta redevable de 1152 l. 14 s. 8 d. et 1/3 de denier, somme que l'on exigeait encore de ses héritiers le 27 avril 1566 (ALA B 121 f° 53).

        Il avait épousé Guillemette Moulnier dont il eut au moins un fils prénommé Charles (il fut baptisé le 1er mai 1503) [en fait 1508]. ”

p.579 : “346. Thébaud Goures [receveur du fouage de l'évêché de St-Brieuc]

        Béchameil de Nointel signale en outre que “Pierre” de Lespinay (erreur sur le prénom ?), fils de Jean, fut également son commis pour l'année 1506 (ALA B 4296 f° 142).”

p.600 : “ 391. Jean de Lespinay

Il fut secrétaire des comptes entre 1498 et 1515.

Pour l'ensemble de sa carrière, cf. notice 427.”

p.604 : “ 405. Guillaume de Lespinay

        Son nom n'est pas mentionné dans la liste du personnel de la Chambre qui prête serment à François Ier après la mort de la reine Claude mais le 23 septembre 1524, il résigna son office de clerc, secrétaire et greffier au profit de Jean de La Rivière (ALA B 51 f° 269). Il avait succédé probablement à Jean de Lespinay le jeune, après sa mort intervenue en 1517 (cf. notice 436). Il convient donc de l'identifier avec le fils de ce dernier ; il était donc le petit-fils du trésorier général, qui était signalé comme son garde naturel en mai 1517 (B.N. CAR 382 f° 335).

       C'est lui qui dut faire face aux poursuites engagées après la mort de son grand-père Jean de Lespinay (cf. notice 9). Il décéda en 1545. Son fils, Pierre, réussit à reprendre le contrôle de tout le patrimoine familial grâce particulièrement à son mariage en 1563 avec Eléonore du Perreau, héritière de Louis - c'est-à-dire de celui-là même qui avait bénéficié du don des biens saisis par François Ier en 1529 -, un mariage qui lui permit de redevenir propriétaire de la terre de Lespinay, effaçant ainsi les effets des mesures répressives du règne de François Ier.

        Il était sr de Monceaux. Il avait épousé en 1514 Marie du Chaffault, fille aînée de Jean, sr du Chaffault, de Monceaux (paroisse de Saint-Philibert de Grandlieu) et de la Marzette / Marzille [Marzelle] en Poitou.”

p.613 : “ 427. Jean de Lespinay

         Son entrée à la Chambre des comptes en 1492 constitua pour lui un repli après son éviction de la trésorerie générale. Il y demeura jusqu'à sa restauration dans cette charge par Anne de Bretagne en 1498.

         Pour l'ensemble de sa carrière, cf. notice 9. ”

p.617 : “ 436. Jean de Lespinay le jeune

       Il fit probablement son entrée à la Chambre comme clerc et secrétaire en 1498 après le rétablissement de son père, Jean de Lespinay, à la trésorerie générale. Il devint auditeur des comptes le 13 mai 1515 après la résignation de Régnaud de Brignac (B.N. CAR 382). Il serait resté en charge jusqu'à sa mort survenue le 20 avril 1517.

       Pas d'autres activités financières connues.

       Il avait épousé en premières noces Hélène de Marbré, fille de Guillaume de Marbré, écuyer, et de Jeanne Lemaître, sr et dame de Malarit. Après la mort de sa première épouse, il épousa, en 1514, Agnès de Saint-Marsault, veuve de Jean du Chaffault, alors que, dans le même temps, son fils Guillaume épousait Marie du Chaffault, fille d'Agnès de Saint-Marsault et de Jean du Chaffault (160).

       Son cœur fut inhumé devant le maître autel de l'église saint-Yves à Paris.

       Cf. Marquise de Lespinay, Jehan de Lespinay, thrésorier de Bretagne, 1448-1524, Fontenay-Le-Comte, 1937.”

 [Note 160 : Jean de Laval, sr de Châteaubriant, s'opposa dans un premier temps à ce mariage qui avait été conclu sans son consentement alors que la seigneurie de Monceaux - dont Jean du Chaffault était propriétaire - dépendait de lui ; il donna son approbation après que le trésorier Jean de Lespinay lui eut payé 10 300 l. à titre d'amende féodale, somme remise à Guillaume Loysel, sr de la Touraudaie.][Non vérifié]

p.647 : Greffiers de la Chambre des comptes

Guillaume de Lespinay, vers 1517 - 23 septembre 1524 (ALA B 51 f° 269).

 

487. Guillaume de Lespinay

       Les incertitudes sont les mêmes que pour le précédent [Jean Parajau] quant au début de son entrée en charge et comme Parajau, il résigna son office en faveur de l'un de ses proches, Jean de La Rivière, en 1524.”

       Cf. notice 405.


 

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Published by Famille Lespinay - dans Jehan de Lespinay et sa famille
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