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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 18:00

Les familles de Lespinay (l’Espinay) ou d’Espinay en Bretagne
XVe-XVIe siècles

 

                L’étude des diverses familles bretonnes portant le nom de Lespinay (l’Espinay) ou d’Espinay aux XVe et XVIe siècles, ainsi que de leurs alliances, a un double intérêt. D’une part, elle permet d’éviter d’en confondre les membres lorsqu’ils portent les mêmes prénoms à une même époque et dans de mêmes lieux. D’autre part, en les connaissant mieux on se donne peut-être la possibilité de retrouver la souche dont sont issus les Lespinay de Plessé, qui se disent cadets d’une ancienne « maison de Lespinay » en Bretagne (si cette tradition est exacte…). Il faut rappeler en effet que la seigneurie de Lespinay de Plessé est une création de toute pièce faite à partir de l’extension du domaine de Rozet en 1499 à l’aide de l’achat des terres du Haut Espinay, appelées anciennement « Les Rôtiz ». Pas un seul Lespinay de Plessé n’est seigneur de Lespinay avant le trésorier Jean IV de Lespinay, et rien ne peut prouver pour le moment que celui-ci a reconstitué une ancienne seigneurie de son nom à Plessé démembrée par ses ancêtres, « en difficulté au début du XVe siècle », comme certains l’ont affirmé (Kerhervé, 1987, p.737).
                Comme plusieurs familles Lespinay bretonnes ont des membres portant les prénoms de Jean et de Guillaume à l’époque du trésorier de Lespinay, on peut valablement se demander si certains des faits, des offices, fermes et « malversations » attribués aux Lespinay de Plessé par les historiens Kerhervé (1986), Le Page (1995) et Minois (1999) ne seraient pas attribuables à d’autres[1]. Au sein même de la famille Lespinay de Plessé, ces historiens ont confondu le trésorier avec son fils, du même prénom, l’accusant alors de cumul d’offices[2]. Un Guillaume de Lespinay qui lève le fouage de l’évêché de Vannes en 1486 a été confondu par ces auteurs avec le frère (aîné) du trésorier, et donc supposé être membre de son « réseau », alors qu’il est décédé à cette date puisque Jean IV est présenté dans un contrat de 1482 comme « héritier » de son père Jean III. De même en ce qui concerne plusieurs familles de financiers et d’officiers du duché : La Touche, La Rivière, Pinart, Becdelièvre, leur identité avec des familles homonymes alliées avec les Lespinay reste une hypothèse (forte), mais sans certitude de parenté véritable, ni de lien de cause à effet (rien ne prouve qu’ils ont aidé les Lespinay dans leur ascension « financière »). Au lieu d’asséner des certitudes, et à partir de là fabriquer un « réseau mafieux » qui n’a probablement pas existé, créé et manipulé par cinq générations de Lespinay avec leur parentèle, il serait souhaitable en matière de reconstitution historique de savoir adopter certaines réserves.
           Les enjeux sont donc importants. Les Lespinay des XVe-XVIe siècles et leurs alliés sont-ils tous coupables de « malhonnêteté » et de « malversations »[3]  ? Peuvent-ils faire partager cette lourde responsabilité par des membres d’autres familles homonymes ? Il semble que sur ce plan les historiens ne se soient pas trompés : les Lespinay cités seraient bien de Plessé… mais de malversations, point de preuve, et point d’enrichissement excessif. En réunissant toutes les sources disponibles, nous avons du mal à suivre les auteurs dans leur croisade, parce qu’elle n’est pas nécessaire pour reconstituer sainement l’histoire bretonne et française de la fin du Moyen-Âge et du début de la Renaissance. Les « magouilles » de l’époque sont bien plus intéressantes à étudier sans jugements de valeur ainsi que les luttes d’influences entre les administrations, les juridictions, les individus, les États que sont la Bretagne et la France. C’est tout cela qu’il faudrait arriver à reconstituer pour pouvoir montrer ensuite comment les Lespinay ont pu prendre leurs distances avec les finances publiques, peut-être involontairement à cause de leur appartenance à la religion réformée jusqu’à la fin du XVIIe siècle.


 

Nous avons étudié les généalogies des familles bretonnes du nom de Lespinay ou d’Espinay reconnues « nobles » en 1668-1670 (seules accessibles) déposées dans les Carrés de d’Hozier, à la Bibliothèque nationale de France, et accompagnées de certains titres les authentifiant. Voici quelques données comparatives pour les XIVe-XVIe siècles.

Quelques prénoms

Aux XVe et XVIe siècle, plusieurs familles nobles bretonnes portent dans les actes le nom latin de Spineto, qui a donné en français de Lespinay, de l’Espinai et d’Espinay. La confusion augmente lorsqu’un Lespinay a son nom écrit d’Espinay dans les actes, ou lorsqu’un d’Espinay écrit son nom Lespinay.

Les prénoms comparés par famille

Guillaume de Lespinay, qui lève en 1486 le fouage pour le compte du maréchal de Rieux en l’évêché de Vannes (Arch.Dép.Morbihan, fonds de Truscat), peut appartenir à une des familles Lespinay déboutées à la réformation de 1668, par exemple les Lespinay de Kerivalan (Pontivy) au diocèse de Vannes, ou les Lespinay du Plessis (en Marcillé-Robert), ou encore ceux de Gardalaez (en Plounévez-Porzay). À cette date, Guillaume, fils aîné de Jean III de Lespinay, paraît être décédé puisque son frère est présenté en 1482 comme « l’héritier » de Jean de Lespinay son père, décédé en 1465.
                Un Jean de Lespinay, que certains croient être Jean IV le trésorier (qui aurait poussé l’art du cumul des charges jusque là !), est sous-garde de la forêt du Gâvre fin XVe siècle (Arch.L.-A.,
B 23 f° 282). Il est probablement de la famille de Plessé. La date n’est pas précisée (source : prosopographie de Dominique Le Page, p.401).

Les Lespinay ou l’Espinay de Plessé (évêché de Nantes)

Nous avons exclu la généalogie « officielle » publiée par Alexis Daigre en 1908, copie de la généalogie manuscrite farfelue de G. Dupré-Le Jay de Kerdaniel (issue du fonds Martainville, arch. Rouen), du XVIIIe siècle, que l’on trouve à la Bibl.nat., Mss.Fr., 32438 [vol. 612], f°417, et qui fait remonter les Lespinay de Plessé à un « Jacques de Lespinay, seigneur de Lespinay, chevalier, mort vers l’an 1299 », père de Georges (+ 1335), père d’Antoine (+ 1369), père d’Olivier (+ 1402), père de Jacques (+ 1435), père de Jean époux de Guillemette de Guino. Les dates sont espacées mécaniquement de 33 à 35 ans et l’ensemble paraît être un montage hypothétique dont on ne sait sur quelles sources il est fondé, les personnages réels connus n’étant pas datés alors que les supposés « ancêtres » le sont. Kerdaniel a aussi transcrit sur le folio 418 suivant une généalogie de la « Maison du Chaffault » aussi farfelue avec treize ancêtres « datés » avant Thibault du Chaffault dit de Rezay en 1400. Mais il est informé du fait que les du Chaffault se disent juveigneurs de Rezay puisqu’il les fait descendre d’un Sylvestre de Rezay puîné en l’an 1000. Ses généalogies, lorsqu’il manque de sources, semblent être des inventions pures et simples pour la période antérieure au XVe siècle.

Les d’Espinay de Champeaux (évêché de Rennes)

              Le début de cette généalogie, avant Péan II d’Espinay, provient de sources anciennes invérifiables et doit être pris avec précaution. Les d’Espinay, dont le nom s’est souvent écrit Lespinay ou l’Espinay, surtout pour les branches cadettes, sont originaires d’Acigné, près de Rennes, où se trouvait l’ancienne seigneurie d’Espinay. Au début du XVe siècle, Simon d’Espinay « transporte » sa seigneurie d’Espinay à Champeaux, près de Vitré, en lieu et place de la seigneurie de La Rivière qui change alors de nom pour s’appeler d’abord « La Rivière d’Espinay » puis « Espinay » (R. Couffon, 1969, Mém. Soc. Émulation des Côtes-du-Nord).
               Il y a un doute sérieux sur l’existence dans cette généalogie de Simon II, Robert II et Guyon II d’Espinay, qui semblent être la répétition de Simon I, Robert I et son frère Guyon. En effet, outre cette curieuse répétition sur quatre générations, il y a une trop grande proximité entre les générations. De 1400 à 1500, les d’Espinay auraient connu sept générations, soit deux « de trop ». Jacques d’Espinay, évêque de Rennes (+1482) est dit neveu de Jean d’Espinay de Vitréiais (viv.1459), fils de Simon I, alors qu’il est son « arrière-petit-neveu » dans la généalogie officielle. Richard d’Espinay, « arrière-petit-fils » de Robert I, se marie en 1433 avec Marie Goyon de Matignon, puis veuf il se remarie en 1435 avec Béatrix de Montauban en présence de Robert I, présenté comme son père, conseiller et grand maître d’hôtel du Duc de 1421 à au moins 1450… Néanmoins, Robert I est censé décéder en 1438, son petit-fils homonyme prenant sa suite à l’hôtel du Duc jusqu’en 1450. Le problème est que Richard est né vers 1413, alors que Robert I son « arrière-grand-père » est né vers 1390, tout en étant séparés par deux générations, ce qui est une impossibilité. L’erreur est donc ailleurs, soit dans la date de décès de 1438 (le plus plausible), soit parce qu’un homonyme de sa famille, de même génération que Richard, a pris la suite de Robert. Sources : du Paz, 1619 ; d’Épinay, 1899 ; d’Hozier, Bibl.nat. Famille reconnue de noblesse d’ancienne extraction chevaleresque en 1669.  

Il semble manquer une à deux générations entre Alain et Péan II d’Espinay…

Les Lespinay de Saint-Malon et Saint-Pern (évêchés de Saint-Malo et Dol)

                Seigneurs de l’Espinay en Saint-Malon, de La Ville-Gillouart en Saint-Pern, de La Ville-Martin, de La Motte, du Plessis et de Launay en Longaulnay. Robert de Lespinai est fait prisonnier à Dol par les troupes du roi Henri II Plantagenêt en 1173 (Dom Morice, Histoire…, t.I, col.992). Un Radulphus (Raoul) de Spineto est cité en 1218 avec Oliverius (Olivier) de Spineto dans une lettre de Juhel de Mayenne pour le Prieuré de Bécherel (Dom Morice, Mémoires…, t.I, col.839). Raoul de Lespinay, fils de Pierre, est cité dans plusieurs montres en 1380 avec Olivier et Jarnigain (alias Jarnigon, Jehannigon), probablement ses frères (Dom Morice, Mémoires…, t.I : col. 1645, 1651, 1652, 1654, 1658 ; t.II : col. 243, 247, 248, 254 & 264). Généalogie du Cabinet des titres, source : Bibl.nat., Mss.Fr., Dossiers bleus, vol.392 [Fr.29937], dossier 10578 Lespinay, sans dates, tiré des preuves pour la réformation de la noblesse bretonne. Famille reconnue en 1669 de noblesse d’ancienne extraction chevaleresque.

Les Lespinay de Maupérier (paroisse de Piré)

            Seigneurs de l’Espinay en Piré, de Maupérier et de Bérue en Essé. Source : Bibl.nat., Mss.Fr., Dossiers bleus, vol. 392 [Fr.29937], dossier 10578 Lespinay. Sans dates, tiré des preuves pour la réformation de la noblesse bretonne. C’est la famille sur laquelle nous avons le moins de données. Cependant, elle a été reconnue de noblesse d’ancienne extraction en 1669.

Les Lespinay de Brains et Bouguenais-lès-Nantes (évêché de Nantes)

Seigneurs du Pasty, de La Motte, de La Patissière, de Chambardet. Cette famille est connue particulièrement à partir du XVIe siècle. On ne lui connaît pas de seigneurie du même nom. Son nom est écrit l’Espinay ou Lespinay dans les actes connus et Lespinais dans la généalogie de la Bibl.nat. Celle-ci est sans dates, tirée des preuves pour la réformation de la noblesse bretonne (Bibl.nat., Mss.Fr., Dossiers bleus, vol. 392 [Fr.29937], dossier 10576 Lespinais). Nous l’avons corrigée avec quelques données des Arch. L.-Atl. (E. suppl. 3 336, 2 870, 2 871, 2 872, 2 873, 2 874, 2 879, 2 899 et E. 359). Éteinte en France comme les trois précédentes, elle vit au Canada à travers un rameau issu de Mathurin de Lespinay et Françoise Pinson, dont le fils cadet Jean (baptisé à Bouguenais le 2 juillet 1645) a fait souche au Québec. Elle a été reconnue en 1670 de noblesse d’extraction, comme les Lespinay de Plessé.

Les Lespinay de Segré et de Touraine

            Seigneurs de Lespinay et de La Haute-Rivière à Sainte-Gemme près Segré, des Villattes, de La Jaille et de Ribou en Touraine. Se disent cadets des d’Espinay de Champeaux, dont ils sont proches géographiquement. Nous les citons car ils ont des liens avec la Bretagne. Sources : Bibl. nat., Mss. Français, Cabinet des Titres : Carrés de d’Hozier vol. 382 [Fr.30611], p.207 à 307 ; Dossiers bleus, vol. 255 [Fr.29800] dossier 6524 ; etc. Ils sont maintenus nobles en 1667, 1714 et 1715 à Tours.

 

Les familles Lespinay/l’Espinay et d’Espinay de Bretagne et de l’Ouest

1. de Lespinay ou de l’Espinay (Bretagne), seigneurs de l’Espinay, de Bodouan, Rozet, etc. en Plessé. Branches : 1) Briord et Du Chaffault, 2) La Ruffelière (rameaux du Pally, du Clouseau-Moulinets-Montoray, de La Flotterie, La Roche-Boulogne), 3) l’Espinay (Isaac I et II). Armes : D’argent à trois épines arrachées de sinople, posées deux et une. Briord (Charles de Lespinay) : …trois buissons d’épines… Devise : « Sequamur quo fata vocant » (on aurait peut-être préféré : « Qui s’y frotte s’y pique »).

2. d’Espinay, parfois l’Espinay (Bretagne), sires d’Espinay et de la Rivière en Champeaux (Vitré). Branches cadettes de Broon, du Lestier, d’Ussé, de Boisdulier, etc. Les aînés se fondent dans la branche aînée de la Maison de Schomberg. Armes : D’argent au lion rampant coupé de gueules et de sinople, couronné, lampassé et armé d’or. Devise : « Repellam umbras ». Ancienne extraction chevaleresque (réformation de 1669). Seraient issus des comtés de La Roche-Guyon et de Rochefort. Sources : d’Hozier (Bibl.nat., Mss.Fr., Titres) ; du Paz 1619 ; d’Epinay 1899.

2A.  de Lespinay, l’Espinay ou d’Espinay (Anjou), seigneurs de l’Espinay et de la Haute-Rivière (Segréen), La Jaille, Villatte, Ribou (Touraine). Se disent cadets des d’Espinay de Champeaux. Armes : D’argent à la fasce de gueules au lion de sable brochant sur le tout, armé, lampassé et couronné de gueules. Selon d’Hozier : De sable à un chevron d’argent accompagné de trois macles de même. Sources : Armorial général de l’Anjou, t.II, p.14 ss. et Bibl.nat., Mss.Fr. 30611 [vol.382] et 29800 [vol.255] dossier 6524.

2B.  de l’Espinay ou d’Espinay (Anjou), seigneurs de Blaison, La Marche, Cartes, Durtal, La Basse-Rivière, Vaucouleurs, Rochefort, Mathefelon, Les Cures, Maumusson, Griffet, Grand-Bois, Segré, La Couyère, Courléon, Chemillé, St-Michel-sur-Loire (Anjou). Cadets des d’Espinay de Champeaux (branche de Vaucouleurs). Armes : D’argent au lion rampant coupé de gueules et de sinople, couronné, lampassé et armé d’or. Alias : D’argent au lion rampant coupé de gueules et de sinople bordé de sable. Les cadets de la Basse-Rivière brisaient d’une bande d’azur semée de fleurs de lys d’or. Source : Armorial général de l’Anjou, t.II.

2C.  de l’Espinay de Courléon (Saumurois). Branche cadette des d’Espinay de Champeaux descendant de Pierre de l’Espinay seigneur des Cartes, fils cadet de Péan (Payen) II d’Espinay, qui épouse en mai 1400 Isabeau de Courléon. Il est dit avoir pour neveu Pierre de l’Espinay, sieur de La Ville-Gérouard, qui est en fait d’une autre famille (cf. n°4). Mêmes armes que les d’Espinay de Champeaux. Sources : d’Hozier (Bibl.nat., Mss.Fr., Titres), Kerdaniel.

3.  de Lespinay ou de l’Espinay (Bretagne), seigneurs de l’Espinay (paroisse de Piré), de Maupérier et Bérue en Essé. Armes : D’argent au croissant de gueules, accompagné de six billettes de sable, trois en chef et trois en pointe. Ancienne extraction (6 générations à la réformation de 1669, évêché de Rennes). Source : Bibl.nat., Mss.Fr., Cabinet des Titres, dont Fr.29937 [392], dos.10578 Lespinay p.2.

4.  de Lespinay ou l’Espinay (Bretagne), seigneurs de l’Espinay en St-Malon, La Ville-Gélouard (ou Villegirouard) en St-Pern, La Ville-Martin, La Motte, Launay en Longaulnay. Armes : De sable au sautoir d’argent accompagné de deux léopards du même, un en chef et un en pointe. Ancienne extraction chevaleresque (9 générations à la réformation de 1669, évêché de St-Malo). Source : Bibl.nat., Mss.Fr., Cabinet des Titres, dont Fr.29937 [392], dos.10578 Lespinay p.3.

5.  de Lespinay ou l’Espinay (Bretagne), seigneurs de La Pâtissière en Brains, du Pasty, La Motte (ou Motte-Hallouard), Chambardet ou Champ-Bardoul en Bouguenais. Armes : D’argent à un fragon ou petit houx arraché de sinople. Noblesse d’extraction (8 générations à la réformation de 1670, évêché de Nantes). Source : Bibl.nat., Mss.Fr., Cabinet des Titres, dont Fr.29937 [392], dos.10576 Lespinais.

6.  de Lespinay (Bretagne). Armes : D’azur à un chêne arraché de sinople.

7.  d’Espinay ou de l’Espinay (Bretagne), seigneurs de Kerivallan, ressort de Pontivy. Armes : D’argent à un tronc d’arbre de sinople, terrassé du même, poussant deux rameaux aussi de sinople, supportant chacun un oiseau de sable, le tout accompagné en chef de deux étoiles du même.

8.  d’Espinay ou de l’Espinay (Bretagne). Armes : De sinople à cinq buissons d’épines d’argent. Certainement une confusion avec les Lespinay/l’Espinay de Plessé. Sources : divers armoriaux.

9.  de l’Espinay (Bretagne), sieurs de l’Espinay, la Hauteville, Lalier en Plessé, de La Roche-Ballue, etc. en Bouguenais, des Bretaudières, du Pesle, etc. en St-Philbert, de Bedouan (paroisse de Donges), du Housseau en Carquefou. Noblesse d’extraction (5 générations à la réformation de 1668, évêché de Nantes). Source : Nobiliaire de Courcy. Certainement une confusion de plusieurs familles dont celle de Plessé.

10.  d’Espinay ou de l’Espinay (Bretagne), sieurs de Kerdelan en Pluduno. Déboutés à la réformation de la noblesse bretonne de 1668-1670.

11.  d’Espinay (Bretagne), sieurs de Beauchêne (Morbihan). Idem.

12.  de l’Espinay (Bretagne), sieurs du Plessis en Marcillé-Robert. Idem.

13.  de l’Espinay (Bretagne), sieurs de Gardalaez en Plounévez-Porzay. Idem.

14.  d’Espinay alias des Hayes (Normandie), seigneurs d’Espinay, des Hayes, Crèvecoeur, Mezières, Boisgros, St-Luc, etc. Armes : D’argent au chevron d’azur besanté d’or, alias : D’argent à un chevron d’azur chargé de onze besans d’or. Ancienne extraction. Branches actuelles subsistantes : d’Espinay-Saint-Luc.

15.  de Lespinay (Picardie, Beauvaisis, Soissonnais), seigneurs de Lespinay, Marteville, Pancy, etc. Connus dès 1378 avec un Jehan de Lespinay (Source : Bibl.nat., Mss.Fr., Titres, P.O. vol. 1697 [Fr.28181] f°. 3). Armes : D’argent à trois losanges de gueules, posées deux et une. Ancienne extraction. Sources : Armorial d’Hozier et Bibl.nat., Cabinet des Titres.

16.  de Lespinay ou Lépinay (Perche), seigneurs de Lespinay et de La Croulerie, descendants d’un Robert de Lespinay vivant en 1501. Armes : D’argent à deux chevrons de gueules accompagnés de trois molettes de sable, posées 2 et 1. Source : Bibl.nat., Mss.Fr., Titres, coll. Chérin vol. 72 [Fr.31634], dos. 1490 Epinay.

17.  autres familles du même nom en Poitou, etc.



[1]       Après vérification, il semble que ce ne soit pas le cas, par chance pour les auteurs concernés, à part un ou deux cas litigieux.

[2]       Cependant, même lorsqu’ils n’ont pas confondu le trésorier et son fils homonyme Jean, ils ont estimé que ses deux fils Jean et Guillaume qu’il avait « casés » ou fait caser dans la finance étaient ses « hommes de paille » et qu’il cumulait à travers eux des offices avec sa fonction de trésorier, par un népotisme éhonté. Tout Jean, tout Guillaume de Lespinay ne peut donc qu’être un Lespinay de Plessé, cette famille de gens « malhonnêtes » (selon Georges Minois, 1999). L’accusation de cumul était élargie à tous les offices et fermes administrés par ses commis, faisant du trésorier un « super-cumulard », comme si le fait d’avoir des commis, des subordonnés, mais aussi des « affiliés » (parents au sens large titulaires d’offices financiers ou administratifs), le rendait coupable de la plus grande malhonnêteté qui soit, en particulier celle de vouloir contrôler les membres de son administration par l’intermédiaire de personnes de confiance. Doit-on soupçonner que toutes les personnes travaillant dans la finance bretonne de 1488 à 1524 ont été nommées par le trésorier pour faciliter des « malversations » dont on attend toujours la preuve ? Les accusations du pouvoir, retenues comme preuves, n’ont pu être étayées, mais les auteurs ont estimé qu’elles étaient suffisamment graves pour ne pas avoir été inventées : il n’y a pas de fumée sans feu ; sur cette base on a condamné à mort le surintendant Jacques de Beaune, avant de découvrir que les preuves n’étaient pas suffisantes. On aimerait que les historiens qui s’intéressent aux procédures instruisent leurs recherches à charge et à décharge, ce que l’État français en construction n’a pas fait.

[3]       N. Dufournaud (2007) ne s’étonne-t-elle pas, avec D. Le Page, que l’on n’ait pas « fait rendre gorge » à Pierre de Lespinay, arrière-petit-fils du trésorier, pour tout ce que ses ancêtres (Jean III, Jean IV, Jean V, Guillaume) auraient détourné ? N’est-ce pas une malversation de plus que fait Pierre de Lespinay en ne remboursant pas les « dettes » du trésorier, grâce à l’appui du roi obtenu par on ne sait quelle tromperie ? Et pourtant, Jean V, Guillaume et Pierre de Lespinay n’ont pas été héritiers du trésorier : pourquoi auraient-ils dû assumer malgré tout ces dettes ? Parce que la Chambre des comptes de Bretagne continue de poursuivre et de saisir les Lespinay jusqu’après 1570, par abus de droit, et qu’il a fallu l’intervention du roi pour que cela s’arrête (et avant que cela ne recommence, mais cette fois-ci pour raison de protestantisme…). Les auteurs ont alors soupçonné que les Lespinay « avaient réussi à faire croire » qu’ils n’étaient pas héritiers, alors que les sources judiciaires montrent clairement qu’ils ne le sont pas. Est-ce de la mauvaise foi ? de l’acharnement dans une impasse ? ou simplement l’attrait d’une hypothèse fausse qui va tellement bien avec le dossier à charge monté par les Chambres des comptes de Nantes et de Paris et la Commission de la Tour Carrée instituée en 1526 pour instruire les poursuites contre les officiers de finances ?

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Published by Famille Lespinay - dans Jehan de Lespinay et sa famille
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