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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 23:17

Seigneurie de Lespinay à Plessé (XV-XVIe siècles)

Localisation et bornage d’après des aveux de 1431 et 1661


                Il paraît possible de localiser une bonne partie des toponymes, des terres des Lespinay et leur bornage dans la paroisse de Plessé, mentionnés dans les aveux de 1431 (Kerguemer) et de 1661 (Lespinay), à l’aide du cadastre de Plessé de 1845. Nous n’avons travaillé qu’à partir des plans cadastraux, n’ayant pu consulter les matrices cadastrales et les divers noms de parcelles qui y sont mentionnés. Sont accompagnés d’un ( ?) les noms de lieux non encore localisés.
              La comparaison des toponymes cités dans les aveux avec ceux du cadastre de 1845 permet de corriger certaines lectures difficiles (surtout pour l’aveu de 1431), mais aussi certaines francisations ultérieures, bien attestées dès le XVIIe siècle (comme Cardemais ou Carguemée pour Kerguemer, Croix Hallier pour Croix Ollier ou Ollive, ou Mesneuf alias Melneuf pour Meleneuc). En ce qui concerne Meleneuc, paroisse de Guenrouët, la prononciation n’a pas changé [pron. : mèlnë en gallo], mais l’écriture a fait disparaître le -c final et l’a remplacé par un -f plus intelligible, passant de « melenec » (terres « jaunes » en breton), dont le sens était oublié, à « mel neuf », où au moins le deuxième élément avait un sens.

Questions de localisation

                Il y a peu d’écart entre l’organisation de l’espace à Plessé en 1845 et celle existant en 1661. Il peut y avoir un écart plus fort entre le terroir de 1431 et celui de 1661, du moins pour les grands axes (Redon-Nantes, Plessé-Savenay, Plessé-Guenrouët, Rozet-château de Carheil) qui ont été quelque peu modifiés à partir du XVIIe siècle. Quelques chemins ont pu voir leur tracé légèrement modifié, mais ces modifications ne changent pas vraiment le bornage d’ensemble décrit par les aveux.
               
Parmi les lieux décrits ou nommés dans les aveux, beaucoup sont localisés avec certitude, d’autres restent à préciser, même si nous pensons en avoir approché la localisation exacte :
  • - Papinduaye est une erreur de lecture (le texte de 1431 est très difficile à lire) ou d’écriture pour (La) Papillonaye, le -n- correspondant à deux -l-, le -d- à un -o- et le -u- à un -n- (confusions classiques de lecture) ; cette vallée de La Papillonais est clairement localisée sur le cadastre de 1845, au Nord de Plessé ;
  • - Houssay ou Haussay, lieu duquel part un ruisseau ou fossé qui partage les landes de Bodouan au Nord de celle de Bésic au Sud : ce fossé est visible sur le cadastre de 1845, et son point de départ à l’Est devrait être le lieu du Houssay ;
  • - La Doue, jardin et courtil ; mot apparenté à d’autres toponymes de Plessé : Douette, Douettée (cf. douelle, douve, dove : courbure, creux) ; ils existe aussi au Nord-Ouest de la commune de Plessé un lieu-dit La Douettei en bordure de la commune de Fégréac (cadastre 1845, section P8 de Tresnard) ; Douettée est un toponyme répandu dans l’Ouest ;
  • - La Grée : plusieurs toponymes portent ce nom, surtout à proximité de l’Isac (entre St-Clair et Carheil) ; il y a eu en outre confusion dans les textes entre La Grée et Larré, pour les Landes de Larré, bien localisées au Sud immédiat de la route Redon-Nantes ; cela fait que nous avons dans un même texte les landes de La Grée (c’est-à-dire Larré) et le moulin de La Grée (qui semble exister encore en 1845), qui ne se situent pas au même endroit, sauf erreur de notre part ;
  • - Le chemin des Esboullays : a-t-il un lien avec le nom de la seigneurie ou fief du Boulay ? Dans la mesure où Hirel fait partie du lot dont ce chemin sert de limite, il semble qu’il s’agisse du chemin venant du carrefour des routes de Savenay et de Nantes qui conduit au moulin de La Grée plutôt que du chemin qui conduit à Rozet et qui vient du même carrefour et de la Croix de Peslan, ce dernier chemin n’englobant pas Hirel ;
  • - Le Pont de Lagodain (ferme de Lagodin, localisée sur le cadastre de 1845), à l’entrée du bourg de Plessé, est situé sur la route Guenrouët-Plessé et franchit le ruisseau de Lambaison qui se jette au Sud dans le ruisseau de Rozet ;
  • - L’aumônerie de Rozet et son étang sont localisables exactement en face de l’entrée de la route qui va de Rozet au château de Carheil, au Nord de la chaussée Redon-Nantes, le long du ruisseau de Rozet ;
  • - Quant aux toponymes Croix Ollive (ou Ollier) et Croix de Peslan, ils ne signifient pas forcément la présence d’une croix chrétienne, mais en tout cas certainement une « croisée de chemins » (les croix y sont le plus souvent). Cf. les nombreux krouez bretons (pour krouez hent, « croisée de chemin », parfois transcrit aujourd’hui par le mot français « croissant » !).

Aveu de Kerguemer, 1431, par Perrot Guischart

               Dans cet aveu, un premier lot de terres, tout à fait localisables, concerne le fief de Kerguemer. Les éléments de bornage mentionnés sont :

  • - au centre : domaine de Kerguemer [nommé ensuite Carquemer, Carguemée, Cardemais]
  • - au Nord : chemin saulnier, c’est-à-dire le chemin de St-Clair (Guenrouët) à Plessé
  • - au Sud : étang de l’aumônerie de Rozet [aujourd’hui Rozay], situé au Nord du point de rencontre entre la route Redon-Nantes et le ruisseau de Rozet à Plessé
  • - à l’Est : rouessel (ruisseau) de Béguenecte ou Baguenecte [aujourd’hui Béguenette]
  • - au Sud : chemin qui vait de Rozet à Redon, et le moulin à vent de l’aumônerie

                D’autres biens isolés sont répartis dans divers lieux voisins. On peut les regrouper ainsi :

  • - tènement ou tenue de Henleix planté en boys [aujourd’hui Le Hinlais], entre le breil de Fresnay et la vallée [vallon] de Papinduaye [lire : Papillonaye]
  • - une pièce de terre à La Haute Ville entre Kerguemer et Lespinay
  • - un pré sis à Tresnart, une pièce de pré nommée Larsilhaye, sise à Tresnart, et le pré buhel ( ?)
  • - le tènement de La Bougetaye en la frairie de La Guiguenaye, au Nord de Malarit
  • - le feu de La Chastegneraye
  • - le tènement de La Praudaye
  • - l’hébergement ès landes de Lancé
  • - le feu Dougloy Joulniet (ou Pulniet), en frairie de Meleneuc, paroisse de Guenroit (Guenrouët) ; il s’agit en 1840 (cadastre de Guenrouët) de la frairie de Melneuf, bien localisée de part et d’autre du chemin de La Douettée à Larré
  • - Haye ( ?)
  • - pièce de terre entre le bois du Rox et la chaussée de Q—reny ( ?)
  • - courtil de La Doue ( ?)
  • - le feu Gougeon au village de Flay

 

Aveu de la seigneurie de Lespinay, 1661, par Isaac de Lespinay (dans l’ordre du texte)

1) Premier lot de terres détaillé. Il comprend, outre le manoir et les terres de Lespinay, les métairies nobles de Couédan, du Haut-Espinay, de Hirel et de Bodouan, qui sont englobées dans le « fief du Boulay », décrit à la fin de l’aveu avec le même bornage. Plusieurs toponymes et chemins sont encore localisés ou localisables sur le cadastre de 1845 : les seigneuries ou fiefs du Boulay, de La Haye Cochard, de Lespinay, Rozet (aujourd’hui Rozay), les métairies de Couédan, du Haut Espinay et de Hirel, les Pontreaux de Larré, Baudonnet (aujourd’hui Baudonnais), la Croix Ollive ou Ollier (aujourd’hui Croix Allier ou Hallier), le moulin et les landes de La Grée, etc. Ils nous permettent de tracer le bornage du patrimoine Lespinay, dans ce premier lot, avec une assez grande certitude.

- à l’Est : en partant du chemin de Plessé aux Pontreaux de Larré [ancien chemin dit de Savenay en 1845], puis en remontant vers sa source le ruisseau de Larré (vallée de l’Espine de Baudonnet, aujourd’hui Baudonnais), puis le grand chemin de Rozet à Bougaré (route Redon-Nantes ; aujourd’hui Bougarre, au Sud de Plessé et de la forêt du Gâvre) par la chaussée (route Redon-Nantes) qui sépare les landes de Lespinay [au Nord de la route] de la lande de La Grée [située au Sud de Rozet].

- au Sud de la route Redon-Nantes :

  • - par un chemin qui va de la chapelle de Larré à Evédet (peut-être anciennement Enédet) et La Douettée en frairie de Mesneuf ou Mesleneuf (en 1431 : Meleneuc), paroisse de Guenrouët (sections D1, D2, D5, E1 du cadastre de Guenrouët de 1840), en passant par L’Espine du Tournouer,
  • - puis à L’Espine du Tournouer en prenant le chemin des Esboullays (chemin au Sud de Hirel),
  • - puis en rejoignant le chemin de la Croix Ollive (pour Ollier [français Olivier] : il s’agit de la Croix Allier ou Hallier, qui existe toujours en 1845) qui est l’ancien chemin de Plessé à Savenay, près du moulin de La Grée (toujours mentionné en 1845), on revient à la Croix Ollive,
  • - puis on va au Houssay, en contournant La Haye Cochard et La Motte, et de là on suit un fossé ou ruisseau qui sépare la lande de Bésic (écrit aussi Baisic, ou Boisic [prononcer Bouésic]) de celles de Bodouan (et de Lespinay),
  • - puis on remonte le cours du ruisseau de Rozet qui descend à Toulan, en laissant Toulan au Nord, jusqu’à l’aumônerie de Rozet.

  -  au Nord de la route Redon-Nantes, on remonte le ruisseau de Rozet jusqu’à l’étang de Plessé (qui existe toujours aujourd’hui), en longeant la Prée de Lespinay (vallée à l’Est du ruisseau, entre Rozet et le manoir de Lespinay).

2) Un autre lot de terres voisines dites de Rignolet est ensuite clairement délimité dans l’aveu et visible sur le cadastre de 1845 : les terres, prés, bois et landes de Rignolet, au Nord-Ouest de Lespinay et limitrophes du domaine de Kerguemer, se trouvent entre :

  • - au Sud, la limite qui va du pont de La Haute Ville (sur le bras nord du ruisseau de Rozet à Plessé, à l’entrée du chemin d’accès à la métairie) en remontant le ruisseau de Rozet jusqu’à La Fenestre des Russarts, au confluent du ruisseau de Rozet et de celui de Lambaison) ;
  • - à l’Est, le ruisseau qui descend du pont de Lagodain, aujourd’hui Lagodin (logodenn = « souris » en breton) jusqu’à La Fenestre des Russarts, nommé en 1845 ruisseau de Lambaison ; le pont est situé à l’entrée de Plessé sur la route de Guenrouët à Plessé ;
  • -  au Nord, le chemin du pont de Lagodain à la chaussée de Béguette (alias Béguenette), c’est-à-dire la route Plessé-Guenrouët, dite autrefois (en 1431) chemin saulnier ; le cadastre de 1845 donne au ruisseau de Béguenette deux noms : Béguenette entre la route Guenrouët-Plessé et le ruisseau de Rozet, et Bégnet [pour Béguet ?] entre cette route et Malarit (mais la table d’assemblage TA ne donne que le nom de Béguenette) ; ces deux noms existent dans l’aveu de 1661 sous les formes Béguenette et Béguette et désignent un même ruisseau et un même hameau situé à l’Ouest du carrefour du ruisseau et de la route Guenrouët-Plessé ;
  • - l’allée qui sépare la grande futaie de Rignolet du bois de la Noue Malo (qui est un petit bois situé en face du lieu-dit La Noë Malo, près de l’entrée de Plessé, le long de la route Guenrouët-Plessé) ;
  • - la limite ouest semble être oubliée dans l’aveu.
                3) Le lot suivant regroupe les métairies voisines de Couesquebit (écrit Couesqueby ou Quoisqueby), La Haute Ville et Kerguemer (écrit Carquemer ou Carguemé), plus le bois de la Noe Malo (situé à l’Est du bois de Rignolet) : Couesquebit et son étang sont situés au Sud du ruisseau de Rozet, entre la chaussée Redon-Nantes et la Prée de Lespinay. L’ensemble est localisé ainsi, entre les limites suivantes : 
  • - au Nord, le bois de La Noe Malo et le pré de Rignolet,
  • - au Sud-Est, le pont de La Haute Ville près de Lespinay et La Prée de Lespinay,
  • - au Sud, l’étang de l’aumônerie de Rozet,
  • - à l’Ouest, les terres de Kerguemer qui vont jusqu’au chemin qui conduit de St-Clair au pont de Lagodain (route Guenrouët-Plessé),
  • - à l’Est, jusqu’en vue de l’allée séparant la grande futaie de Rignolet et le bois de la Noe Malo (cette même allée paraît située, par erreur, à l’Ouest dans la description du lot précédent).

4) Vient ensuite le lot de Saint-Clair, en frairie de Châteaucé, éloigné des trois précédents : avec la métairie noble de La Riuière (localisée sur le cadastre), comprenant aussi des terres roturières dans les marais de Tressé, les maisons de La Colleterie et du Cellier au port de St-Clair (non localisées), les prés du Grand et du Petit Jacob et les grands prés de Saint-Clair.

               5) Le lot du Guiniou et du Bas-Calan comprend des terres éparses, toutes localisables :

  • - un pré nommé Le Marais du Guiniou,
  • - une métairie au village de Guée, aujourd’hui Gué (dans les fiefs de Guée, La Joubrays et Boumont, tous localisables en 1845),
  • - un journal dans la bosse de Couélin (aujourd’hui Coislin), au Nord-Est du Guiniou, près du Bas-Gué à l’Ouest,
  • - la métairie de La Perchette au village de Bas-Calan,
  • - quatre pièces de terre dans la pièce de La Glaye au fief du Haut-Calan.

6) Un autre lot avoisine la seigneurie de Lespinay au Sud-Est : les bois de Caparois, Ligou et Fournes, à l’Est de Larré. À l’aide du cadastre de 1845, ils sont clairement situés entre :

  • - à l’Est, Le Breil Fougeron, jusqu’aux bornes de la forêt du Gâvre (écrit Quavre)
  • - à l’Ouest, La Chapelle de Larré,
  • - au Sud, les landes de La Grée (appelées Landes de Larré, sur le cadastre de 1845), et la chaussée de Rozet à la Croix de Peslan (route Redon-Nantes, point limite entre les communes actuelles de Plessé, Le Gâvre et Guenrouët, en 1845), toponyme qui existe toujours en 1845 (commune de Guenrouët, cadastre 1840, sections G3 à 5, au Sud de Plessé),
  • - au Nord, la vallée de Baudonnet (aujourd’hui Baudonnais), dont la source est à Larré.

7) Un lot est à ajouter au lot 4 de St-Clair, puisqu’il comprend la motte du Château de Saint-Clair

                8) Un lot dépendant de la seigneurie de Fresnay, mais localisable près de Tresnard : le moulin de Sausin (au Nord du Haut-Gué) et les moulins ( ?) des villages de Saudron (cadastre 1845, section P2 de Tresnard).

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Published by Famille Lespinay - dans Jehan de Lespinay et sa famille
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