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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 09:45
L’Historien Bertrand d’Argentré et Jean de Lespinay, trésorier

 


                Bertrand d’Argentré (1519-1590), contemporain de Pierre de Lespinay (ca.1517-1594), est le premier historien breton à faire imprimer une histoire de Bretagne – en 1582 et 1588 (les éditions suivantes sont le fait de son fils) – et pas n’importe laquelle : une histoire de la Bretagne indépendante défendant des positions bretonnes face aux ingérences françaises et revendiquant l’antériorité des Bretons sur les Francs en Armorique. C’est une histoire politique, événementielle, très orientée, peu scientifique, prenant à la lettre un certain nombre de mythes historiques bretons, mettant l’accent sur les personnages plus que sur le peuple ou le personnel de l’administration ducale. Un autre historien, le père du Paz, publie en 1619 une Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, mais dans l’optique d’encenser à leur demande un certain nombre de grandes familles bretonnes tout en ignorant beaucoup d’autres.

Les sources qu’utilise d’Argentré sont moins nombreuses et précises que celles utilisées par ses successeurs Dom Lobineau et Dom Morice. Il a beaucoup emprunté aux écrits non publiés de son grand-oncle Pierre Le Baud, aumônier de la duchesse Anne de Bretagne et aussi historien. Néanmoins son travail, rédigé moins de 50 ans après le traité d’union de 1532 entre la Bretagne et la France, est d’un grand intérêt pour l’histoire politique de la Bretagne indépendante.

L’index limité rend difficile la recherche des divers personnages pris en compte par l’auteur. Plusieurs ne sont nommés que par leur titre. C’est le cas du dernier trésorier d’Anne de Bretagne Jean de Lespinay. Une autre difficulté vient de la disparité des diverses éditions de l’ouvrage de Bertrand d’Argentré (1re éd. :Rennes 1582, Paris 1588 ; rééd. 1605, 1611, 1612, 1613, 1618, 1668), dont la numérotation et le nombre de pages diffèrent radicalement. Nous avons utilisé une édition intitulée : Histoire de Bretaigne, des roys, ducs, comtes et princes d’icelle : l’établissement du Royaume, mutation de ce tiltre en Duché, continué jusques au temps de Madame Anne dernière Duchesse & depuis Royne de France, avec une mention 1584 probablement erronée. Premières pages arrachées, pagination par folios (831 f°), dont la numérotation comporte de nombreuses erreurs et dont les faits relatés se terminent l’an 1559 comme l’édition de 1618. Entre les folios 180 et 181 se trouve une planche généalogique des Ducs de Bretagne.

               Dominique Le Page (et après lui Philippe Hamon qui le copie sur ce point), qui a consulté l’édition de Rennes - 1613, signale que d’Argentré cite, p.1118, le siège de Redon en décembre 1488 par le Maréchal de Rieux, et nomme le trésorier Jean de Lespinay parmi les assiégés (alors qu’il ne devient trésorier qu’en avril 1489). L’édition utilisée ici ne mentionne pas ce siège, et pour cause puisqu’il n’a pas existé, mais relate brièvement le siège de Guérande [mai 1489] sans nommer le trésorier. Mais Dom Taillandier, en 1756, mentionne d’Argentré (« livre 11, chap.54 ») comme source de l’information relative au siège de Guérande et à la présence de Jean de Lespinay parmi les assiégés.

                Le Livre XII mentionne plusieurs événements concernant la famille Lespinay :

- f°749r°, chap. XXXVIII : juin 1487, siège de Nantes par le roi de France : « Le Duc deslogea de son chasteau & se logea chez un Citadin nommé Guyolle en la grande rue (…) »

- f°750r°, id. : « il [le Duc] est logé en la ville chez Guiolle ». Le dénommé Guyolle est en 1487 le beau-frère du futur trésorier Jean de Lespinay.

- f°769v°, chap. L : d’Argentré place fin 1488 (au lieu de mai 1489) le siège de Guérande par le maréchal de Rieux. Il n’y mentionne pas Jean de Lespinay mais seulement le « Chancelier » (Philippe de Montauban).

- f°777r°, chap. LIIII : aoust 1489, la duchesse envoie « son Thresorier & autres » pour délivrer la solde des Anglais. Ces envoyés, constatant que les Anglais sont en train de traiter avec les Français, en informent la duchesse. Le « Thresorier », non nommé, est évidemment Jean de Lespinay.


Nous n’avons donc trouvé chez d’Argentré (sauf oubli) qu’une seule mention concernant Jean IV de Lespinay, sans le nommer, pour août 1489. Dom Lobineau et Dom Morice, un siècle et demi plus tard, en disent un peu plus.


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Published by Famille Lespinay - dans Jehan de Lespinay et sa famille
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