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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 21:12

(début du texte)

Seigneurie de Lespinay à Plessé (XV-XVIe siècles)

Localisation et bornage d’après des aveux de 1431 et 1661
(suite)

 

9) À ajouter au lot du Guiniou : La Grande Dixme de Guée

10) Lot localisé à l’entrée du bourg de Plessé, au Sud de la route de Guenrouët : la maison du Pin et Le Pré de la Haye du Bourg (cadastre 1845, section Z, dite du Bourg). Ce lot jouxte les terres de la seigneurie de Lespinay.

                11) Au Sud de Rozet, sont mentionnés : a) la seigneurie de La Haye Cochard (ou Cochart), située entre le chemin de Rozet à Bodouan, les terres des Escaubue (« écobue » ou « écaubue » : feu de broussaille, défrichement), …, et le ruisseau de l’aumônerie ; b) Le Clos de la Motte, au Sud du chemin de La Haye Cochard à Rozet et du chemin de La Haye Cochard à la Roullée (en 1845 La Rouillée, sur le bord nord de la route Redon-Nantes).

                12) Enfin, l’aveu se termine par la description du « fief du Boulay », « cy-devant mentionné », récapitulant les bornes ou limites déjà décrites en début d’aveu pour le premier lot :

  • - entre le grand chemin de Plessé aux Pontreaux,
  • - en remontant la vallée qui va à L’Espine de Baudonnet et au grand chemin de Rozet à Bougaré par la close (et non plus « par la chaussée ») séparant les landes de Lespinay de celle de La Grée,
  • - en traversant la chaussée (= le grand chemin ou route de Redon) par le chemin qui conduit de la chapelle de Larré à Evedet, La Douettée et Mesleneuf (ancien Meleneuc), jusqu’à L’Espine du Tournouer,
  • - de cette Espine au chemin des Esboullays (chemin au Sud de Hirel),
  • - du chemin des Esboullays à la Croix Ollive (1845 : Croix Allier ou Hallier), chemin proche du moulin de la Grée,
  • - de la Croix Ollive au Haussay, et au fossé et ruisseau qui sépare les landes de Lespinay et de Bodouan de la lande de Boisic (prononcer Bouésic), jusqu’au ruisseau qui descend de l’aumônerie de Rozet à Toulan,
  • - en remontant ce ruisseau jusqu’à l’aumônerie, puis la Prée de Lespinay, jusqu’aux douves du manoir de Lespinay, dont la basse cour seule est située dans le fief du Boulay, qui comprend aussi la chapelle Notre-Dame de Larré, comme déclaré dans l’aveu de 1548 (si l’on tient compte de cette dernière limite, le fief du Boulay ne semble pas comprendre le manoir, ses bois et la métairie de Couédan).

 


Carte de localisation générale

échelle : la distance Rozet-Plessé fait 2000m.

 

 

Par ordre de présentation dans l’aveu, sont représentés sur la carte, copie du tableau d’assemblage (TA) du cadastre de Plessé de 1845 :

 

  • 1. Le « fief » ou seigneurie du Boulay, englobant une partie de la seigneurie de Lespinay (manoir, prés et landes de Lespinay, Couédan, Haut-Espinay, Larré, Hirel, Bodouan) ;
  • 2. Rignolet, bois et prés ;
  • 3. Les métairies de Kerguemer et La Haute-Ville ; le bois de La Noë-Malo ;
  • 6. Les bois de Caparois, Baudonnet, Ligou et Fournes ;
  • 11. La Haye-Cochart et le clos de La Motte.

 

 

Carte agrandie

échelle : la distance Rozet-Plessé fait 2000m.


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Published by Famille Lespinay - dans Jehan de Lespinay et sa famille
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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 19:28

Aveu de la seigneurie de Lespinay, 10 juin 1661,

par Isaac II de Lespinay (Arch. Loire-Atl. E 336)

 

Cet aveu donne une idée de l’étendue de la seigneurie de Lespinay à la fin de la vie de Jean IV, le trésorier. Cependant, Isaac I et II de Lespinay ont continué à acquérir des terres pour agrandir le domaine. On trouve en effet des fiefs, bois et métairies non mentionnés dans les actes antérieurs : La Motte (à l’Est de Bodouan), La Haye Cochart (à Rozet), Rignolet, La Noë Malo, dans la frairie de Rozet ; La Rivière, La Colletterie, dans la frairie de Châteaucé ; Guée et divers bois. Certains fiefs comme La Haye Cochart et La Rivière sont probablement d’anciennes possessions des Lespinay.

Les autres terres nous sont déjà connues à la fin du XVe siècle : Bodouan, Lespinay, La Haute Ville, Carquemer [Kerguemer], Couesquebic, Le Haut Espinay, les Rôtiz, Coidan [prononcer Couédan], Hirel, Larré et Le Boulay (comprenant la chapelle de Larré) dans la frairie de Rozet ; la Motte du Château de Saint-Clair [Châteaucé] dans la frairie de Châteaucé ; La Perchette en Bas-Calan et Haut-Calan. Le tout fait environ 1.800 journaux de labours, prairies et bois, non compris les bâtiments et certains bois. Si l’on peut évaluer à environ 1/3 d’hectare un journal (une journée de travail-homme, appelée aussi « hommée »), l’ensemble fait autour de 540 à 600 ha , non compris les rentes détenues par le seigneur. Ne font plus partie des possessions des Lespinay : Le Guiniou, Trémar, Pontcorhan et Trellières (200 à 300 ha) mais sont compris dans le domaine quelques terres provenant des du Guiniou et des Marbré. En tenant compte de tous ces éléments, l’hypothèse haute des biens détenus par les seigneurs de Lespinay à Plessé serait de 900 ha et une vingtaine de métairies, bâtiments et dépendances, soit l’équivalent d’un parallélépipède de 3km de côté et 8,5 % du territoire de l'actuelle commune de Plessé (10.400 ha). Sur la paroisse de Plessé, Samuel de Lespinay, frère aîné de Pierre II et Isaac I, détient la seigneurie de Malarit et son fils cadet Jacob a acquis la seigneurie de Buhel, mais ces terres sont de peu d’importance par rapport au domaine de Lespinay constitué de 1428 (Jean III) à 1666 (Isaac II).

(Les accents ont été ajoutés par nous. Les toponymes concernés par l’aveu ont été mis en couleur, à comparer avec les toponymes, chemins et parcelles du cadastre de Plessé de 1845)


La frairie de Rozet en 1845

(cadastre de Plessé, 1845, extrait du plan de situation TA, Arch.L.-Atl.)

 


« Le dixziesme jour de juin mil six cent soixante et un, par nostre cour de Fresnay en Plessé et deuant nous notaires dicelles soubzsignés auecq submission et prorogation de jurisdiction et jure pour la complissement du contenu et des présentes et ce quy en despans, Present a esté en sa personne Messire Izaac de Lespinay seigneur dudit lieu, le Boulay, la Haye Cohats [Cochart], demeurant en sa maison noble de Lespinay en ceste paroisse de Plessé, Lequel a esté et est connoissant et par ses présentes cognoist et confesse estre homme subjet de très haulte et très puissante et illustre princesse Madame Margueritte duchesse de Rohan et de Frontenay, princesse de Léon, contesse de Porhouët, marquize dame de Blain, Héric, Fresnay, Trémar, Subize [Soubize], etc., veufue de feu très hault très puissant et illustre seigneur Monseigneur Henry Chabot, duc de Rohan, pair de France, prince de Léon, conpte de Porhouët, seigneur desdicts lieux, Gouuerneur et Lieutenant Général pour le Roy de la prouince d’Anjou, et delle tenir noblement à foy hommages et rachapts quant le cas y aduient à cause de sadicte terre et seigneurye et marquizat de Blain, les choses cy après déclarée tant pour luy que pour ses hommes et subjetz : Scauoir est la maison noble et manoir de Lespinay auecq leurs jardins cerneyés de ses fossés et douues auecq pontz leuis comme elle ce poursuilt tant en logement, granges, pressoueres, estables, escuryes, fins jardins, vergers, pourprys, estangs, viuiers, boys de haulte futays et de décoration, garainnes, prés, prairyes, terres arrables et non arrables, auec enfeu et chapelle estant au septentrion et joignant lesglise paroichialle de Plessé au vistres de laquelle et dans icelle sont les armes des seigneurs de Lespinay. »

« Oultre, ledit seigneur de Lespinay a droit de présentation de la chapelanye de la Palimoraye sittuée à Rozet, la plus grande partye des héritages et despandenc et relèuent de ladicte seigneurye de Blain et Fresnay. »

« Plus les metthairyes nobles de Coidan [prononcer « Couédan »], Haulte Espinay et Hirel et un moulin nant nommé le Moulin Neuf auecq son destraict sittuée en le chemin qui conduist du bourg de Plessé aux pontreaux de Larré et desdicts pontreaux en remontant par la vallée de Lespine de Baudonnet, le grand chemin qui conduist de Rozet à Bougaré par la chaussée qui sépare les landes de Lespinay dauecq celle de La Grée et de ladicte chaussée par un chemin qui conduist de la chapelle de Larré et Enédet la rouetée en Mesneuf à aller à Lespine du Tournouer et de ladicte Espine à aller au chemin des Esboullays et dudit chemin à aller au chemin de la Croix Olliue proche le moulin de la Grée et de ladicte croix à aller au Houssay fossez et ruisseau qui sépare les landes de Lespinay et les landes de bois taillis de Bodouan dauecq celle de Bésic, à se rendre au ruisseau qui desend de l’ausmonnerye de Rozet à Toulan et remontant ledit ruisseau à aller le long dicelluy par la prée de Lespinay jusque à lestang du bourg de Plessé, entre lesquelles bornes est scittuée la méthairye noble de Bodouan, ses appartenances et dépandances aussy à foy hommages et rachaptz, sur lesquelles dites terres ledit seigneur de Lespinay lèue les deux partz de la dixme. »

« Item un quanton de terre tant de prée, bois de haulte futais, terres et landes nommés Rignolet sittuée entre ledit ruisseau qui conduist du pont de la Haulte Ville à la Fenestre des Russarts, le ruisseau qui dessand du pont de Lagodain aladicte Fenestre des Russarts et le chemin qui conduist dudit pont de Lagodain à aller à la chaussée de Beguette à descandre par l’allée qui sépare le grand bois de haulte futais dudit Rignolet auecq celuy de la Noue Malo. »

« Item tient ledit seigneur de Lespinay en fief commun de Fresnay et dudit Blaing alias Trémar ledit bois de la Noe Malo et les métthairyes de la Haulte Ville et Couesqueby et estang dudit Quoisqueby auecq leurs aultres appartenances et despandances sittuée entre ledict bois de la Noe Malo, le pré de Rignolet au pont de la Haulte Ville à aller par la prée de Lespinay à lestang de Laumosnerye de Rozet, les terres de Carquemer à se rendre au grand chemin qui conduist de Sainct Clere à aller au pont de Lagodain jusque à vie de lalée qui sépare ledit grand bois de haulte futais de la Noe Malo. »

« Esdictes choses cy dessus, le tout en un tenant tant en terres, landes, bois, fosséz, prées, prairyes, garainnes et aultres héritaiges, entre lesdicts bornes y dessus contiennent enuiron de quinze centz journaux terres ou enuiron, le tout scittuée en cette paroisse de Plessé sur lesquelles terres et héritages de la Haulte Ville, Couesqueby et Carguemé et sur les pièces de lausmonnerye, Ledit seigneur de Lespinay lèue ladixme au trante et unniesme. »

« Plus tient ledit seigneur de Lespinay une métthairye nomméz la métthairye dela Riuière en la frairye de Chatheaucé comme elle ce contient, contenant cens journaux ou enuiron, tenue roturièrement de mad. dame au fief de Trémar sur laquelle est deub les rentes au désir des rolles et esgaulx de fief et faict entre les détenteurs comme aussy la maison et lieu de la Colletterye, ses appartenances et despandances. »

[mention en marge : « v. le prisage de 1645 à la fin »]

« Plus est deub audit seigneur aduouant par la veufue Piraud et consort le nombre de … [blanc] …sur une pièce de terre appellée le Clos Breton. »

« Plus une maison sittuée au port de Sainct Clere nommé le Celier qui est sittué sur le bort de la riuière d’Isac. »

« Plus tient ledit seigneur de Lespinay deux prée sur le bort de la riuière appellé le Grand et Petit Jacob, contenant vingt et un journal, tenue noblement à foy hommages et rachapts apresyé à deux chappons. »

« Plus un quanton de pré nommé les Grands Prés de Sainctz Clere contenant douze journeaux ou enuiron, tenue roturièrement à debuoir de rente au désir des rolles de Trémar. »

« Plus dans les marays de Tressé dix journaux ou enuiron et despandans de la métthairyes de la Riuière, terres [tenues] roturièrement à debuoir de rente mautroinée dans les rolles et esgaux de fief. »

« Plus un pré nommé le Maraye du Guignou contenant dix journaux ou enuiron, à debuoir dobéissance à la seigneurye de Fresnay. »

« Plus tient ledit seigneur de Lespinay une métthairye au village de Guée consistant en maisons, grange et pressoir auecq les héritaiges et despandans, tenue roturièrement sittuée dans les fiefs de Guée, la Joubrays et Boumont : seix joumaux, et une aultres vigne contenant un journal en la bosse de Couélin à debuoir de trante et cinq quards d’auoinne et quinze liures de deniers. »

« Item une métthairye appellée la Percheste sittuée au village de Bas-Callan auecq ses appartenances et cinq journaux plantéz de vignez et debuoir de rachapt quand ce cas cy esd. et fors deux journaux ou enuiron, tenue à debuoir de rante sur le fief du Hault Callan qui est dans lenclos de la Percheste. »

« Plus audit fief du Hault Callan quatre pièces de terres tant de pré que labour dans la pièce de la Glaye, aussi à debuoir de rente auecq les aultres consorts dudit fief. »

« Item confesse ledit seigneur de Lespinay tenir de madicte dame à foy hommage et rachats les bois de Caparois, Ligou et Fournes et ainsi quils ce contiennent et comme ledit seigneur a droit den jouir desdicts bois d’un costé vers soleil leué le Breil Fougeron et d’aultre bout vers soleil couché La Chappelle de Larré sittuée entre les landes de la Grée chaussée et grand chemins qui conduist de Rozet à la croix de Peslan jusque au lieu où il cy a une justice pasteibulaire de Trémar et les bornes qui séparent la forest du Quaure [Gavre] daultre les bois et landes à se rendre au chemin qui conduist de la vallée de Baudonnet à venir audit chemin de Blain. »

« Item tient ledit seigneur de Lespinay aussy à foy hommage et rachapts de madicte dame à cause de sadicte seigneurye de Blain la motte du Chatheau de Sainct-Clere, auquel lieu il y a barainne à refuges à cognies, ou aultres foy y auoit chatheau et forteresse contenant le tem dicelle quatorze joumaux ou enuiron et en icelluy lieu ledit seigneur de Lespinay a foire publicques que assemblés de séans par chacun an aud. jour et feste de Sainct Clere à cause de ce les marchandises et doibuent la coustume et la manière acoustumée pour les marchandises vandues comme par chacune pipe de vin, bestes, dommailles, cheuaux, moutons, pourceaux et aultres marchandises sortant de ladite foire ; Audeuant dudit lieu et chatheau, est la riuière d’Ysac en laquelle ledit seigneur de Lespinay a droit de paiches. »

« Plus tient ledit seigneur de Lespinay de madite dame aussy à foy hommage et rachapt un moulin à uant appellé le moulin de Sausin auecq ses hommes distraictz et montaux et ceux des villages de Saudron despandans de la seigneurye de Fresnay que madite dame a ceddé. »

« Item une dixme des Gros Grains appellée la Grande Dixme de Guée de bleids, vins, lins, chanures qui se lèuent sur les terres de la dixme, à scauoir audit seigneur aduouant les deux partz et au recteur le tiers suiuant la coustume du pays. »

« Plus tient ledit seigneur de Lespinay aduouant de madite dame à cause de sadite seigneurye de Blain à tiltre de rante et d’obéissance une petite maison couuerte d’ardoize en laquelle il y a un four auec son jardin au derrière et rue au deuant appellé la maison du Pin auecq une pièce de terre en labour au dessoubz dudit jardin et une Pièce de terre en pré anjoignant ladite maison jardin et labeur appellé Le Pré de la Haye du Bourg, le tout contenant vingt et cinq journaux ou enuiron sur trois joumaux desquelles est deub la somme de trois sols de rente chacun an et le surplus à debuoir d’obéissance. »

«Plus ledit seigneur de Lespinay aduoue et confesse tenir de madicte dame noblement à foy hommages et rachapt quand le cas y aduient de son dit marquisat de Blain les fiefs du Boulay et Haye Cochard sittuée en la frairye de Rozet, auquel fief du Boulay est deub neuf bousseaux dauoinne menue et quatre quarts par bouesseau mesure de Plessé et douze mesure au quart et six sols six deniers monnoys de rente sur les terres en labeur et landes dud. fief que possèdent plusieurs particuliers ; Lequel contient dix neuf journaux ou enuiron en terres labourables et en landes vingt et deux journaux et seize scillons destimage ou enuiron ; Les teneurs et détenteurs duquel fief doibuent les rantes par auoinne et deniers cy après déclarée. »

« Scauoir :

« Par honnorable femme Perrinne Nepueu, veufue feu Mr. Jan Robin, Laquelle tient audit fief trois cents cinquante et deux cordes qui font quatre journaux trante et deux cordes et doibt de rente par chacun an huict quartz une mesure auoinne menue et par argent dix sept deniers et maille ».

« Par h. femme Marye Blandin, veufue feu h. homme Jan Nouel, tient audit fief deux journaux et demy et deux cordes pour lesquelles elle doibt chacun an de rante scauoir par auoinne menue six quartz onze mesure et tiers de mesure par argent quinze deniers. »

« Par Jan Roué et femme vingt et deux cordes pour lesquelles il doibt chacun an six mesure auoinne menue et par argent un denier. »

« Par ledit seigneur de Lespinay pour un journal quil tient au Barbotin un quart dix mesure auoinne menue et par argent quatre deniers. »

________

« Item par Janne Mérot, veufue feu Jan Amossé, et Tristan Amossé leur fils pour cinquante et sept cordes doibt chacun an de rante un quart trois mesures deux tiers de mesure auoinne menue et par argent trois deniers. »

« Par la veufue feu maistre Guy Morice pour huict cordes doibt deux mesures et tiers de mesure auoinne menue et par deniers une maille. »

« Par la veufue et enfant Macé Pessu pour trante et quatre cordes et demye doibt neuf mesures auoinne menue et par argent deux deniers. »

« Par Jan de l’Escrin, cordonnier, pour vingt et sept cordes doibt sept mesures et demye auoinne menue et par argent un denier et obolle. »

« Par Pierre Gergaud, cordonnier, pour treze cordes doibt trois mesures et demye auoinne menue et deux tiers un denier. »

« Item par Pierre Fouchard pour douze cordes doibt trois mesure un tiers de mesure d’auoinne et par argent deux tiers d’un denier. »

« Par Jullien Moulnier, mareschal, pour trois journaux trante et sept cordes doibt par auoinne menue sixquartz quatre mesures un quart de mesure et par argent quatorze deniers. »

« Par Pierre Moulnier, mareschal, pour quarante et neuf cordes doibt un quart une mesure et demye dauoinne menue et par argent deux deniers et demy. »

« Par Pierre Pronost, cordonnier, et Isabeau Mounier sa femne pour quarante et neuf cordes doibt chacun an un quart une mesure et demye auoinne menue et par argent deux deniers et demy. »

« Par Janne Moulnier pour trante et huict cordes doibt de rante dix mesures auoinne menue et par argent deux deniers. »

« Plus par Jacques Mérot dit La Roullée pour cent soixante et dix sept cordes de terres doibt quatre quartz et trois quartz mesure auoinne menue et par argent neuf deniers. »

« Plus ledict sieur de Lespinay a droit de prendre et leuer la dixme, audit fief du Boulay, des Gros Grains, lins, chanures, scauoir les deux partz et l’aultre tiers au recteur de Plessé. »

« Plus est deub à la seigneurye de la Haye Cochart en ladicte frairye de Rozet vingt et quatre sols monnoys de rante et un pleige de droit sur les maisons, chesnays et terres de la Haye Cochard, Le tout sittuée entre le chemin qui conduist du ruisseau de laumosnerye de Rozet à Boudouan, les terres des Escaubue, les tenue de Guillaume Loirac et Michel Roixeau, le chemin qui conduist de la maison Jan de l’Escrain à ladicte Haye Cochard et ruisseau de ladicte aumosnerye que possèdent honorable femme Marye Blandin, veufue feu Jan Noel, qui cy est estagère comme aussy Pierre Fouchard qui cy est aussy estager, Jan Delescrain, Olliuier Brunbrel, Jan Viuien, Clément Moriceau, Yves Hachept et enfens. »

« Plus sur le Clos de la Motte cinq sols monnoys de rente sittué entre ledit chemin qui conduist de ladicte maison Jan Delescrain à ladicte Haye Cochard, le chemin qui conduist de ladicte Haye Cochard à la Roullée et la tenue que possédoit lad. Marye Blandin, Jan Roue, Jullien Moulnier, mareschal. »

« Plus est deub audit seigneur de Lespinay sur la tenue de René de Lescrin deux chappons deux cartz combles dauoinne grosse de nouuelle rante. »

« Plus Yues Francois et femme doibuent sur leurs tenues huict sols, un chapon et deux poulletz et un godet dauoinne. »

« Plus sur la tenue de Michel Rouxeau un quart combles auoinne grosse, un chapon et cinq sols monnovs aussi de nouuelle rante que possèdent à présant Jan Baron comme héritier. »

« Plus sur la tenue de Guillaume Loirac un quart comble dauoinne grosse et cinq sols monnois aussi de nouuelle rante. »

« Plus sur le petit quanton de terre estant entre la tenue de Lescrain et celle de Michel Rouxeau est deub un chappon de nouuelle rante. »

« Plus Jan Bresel et femme doibuent chacun an de rante sur sa tenue un deme dauoinne. »

 

« Et Pour le regard du fief du Boulay cy deuant mantionnée, il est sittuée entre le grand chemin qui conduist du bourg de Plessé aux Pontreaux en remontant par la vallée à l’Espine de Baudonnet et grand chemin qui conduist de Rozet à Bougare par la close qui sépare les landes de Lespinay dauecq celle de la Grée et de la Chaussée par un chemin qui conduist à la chappelle de Larré et Enedet la Douettée et Mesleneuf [Melleneuc] à aller à l’Espine du Tournouer et de ladicte Espine à aller au chemin des Esboulays et dudit chemin à aller à la Croix Olliue proche le moulin de la Grée et de ladicte croix à aller au Haussay fossé et ruisseau qui sépare les landes de Lespinay et les landes et bois taillis de Bodouan d’auecq celle de Boisic [prononcer Bouésic, aujourd’hui Baisic] à desendre au ruisseau qui dessend de laumosnerye de Rozet à Toulan en remontant ledit ruisseau à aller à ladicte aumosnerye de Rozet par la prée de Lespinay jusques aux douues et fosséz de la dicte maison de Lespinay et basse cour dud. logis laquelle basse cour seullement est scittuée dans le fief du Boulay dans lequel est aussi sittué une chappelle appellée Nostre Dame de Larré auecq sa chesnaye au désir de l’adueu de mil cinq cent quarante et huict de laquelle chapelle madicte dame est fondatrice accause de sa seigneurye et fief de Trémar et aussi madicte dame y a droit de foire le lendemain de la feste de pantecoste de chacune année, à raison desquels fiefs du Boulay et Haye Cochard ledit sieur de Lespinay a droit de haulte et basse et moyenne justice, création d’officiers et tous droitz appartenant à haulte justice ; Lequel adueu ledit sieur de Lespinay à baillé pour vray et absolu et recognoist qu’à madicte dame appartient cour et jurisdiction, haulte, moyenne et basse justice à cause de sa terre et marquisat de Blain auquel la terre et seigneurye de Fresnay est annexé et quil est obligé de suiure sa cour et moulin et que les appellations des sentences de ses officiers doibuent releuer par contredits à son marquisat de Blain et que aussi à madicte dame appartient desérance de ligne successions de bastartz, espause et galloin, droit de seau, confection […]unautaire, création de juges et notaires, droit de prison, scept et collier pour punir les mallefacteurs, droit de mesurages tant pour grain que pour le vin, droit de pollice pour le desbit de pain, vin, viandes, grains et aultres marchandises qui vandes et débident en sadicte terre, droit destablissement de foire et marché auecq droit de coustume, vandes et lodes et aultres redeuances et debuoirs et pour présenter icelluy [.....] en jugement en ...[illisible]... ladicte jurisdiction et marquisat de Blain, à monsieur le procureur d’office dicelluy en prendre relation et acquit ledit seigneur de Lespinay a nommé et institué son procureur général et spécial Mr. …[blanc]… ou l’un des notaires soubzsignéz et chacun le premier requis sans réuocation en faire à quoy cest ledit sieur de Lespinay obligé sur l’hipotecque desdictz choses cy deuant et des feurs cy croissant et d’aultant que ledict sieur de Lespinay l’a ainsiy recogneu, voulu et consenty, cy la esté par nosdicts notaires à sa requeste juger et comdemner, jugons et condemnons par ses présantes qui furent faicte et consentye audict lieu maison et manoir de Lespinay soubz le seing dudit aduouant auecq lesnostres les dicts jour et an, et ainsy signé Izaac de Lespinay, G. Mérot notaire et Hervé notaire régistrateur. »


               Hervé
                     re                            Mérot
                no—                                   re
                                                     no—


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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 19:50

Le patrimoine des Lespinay à Plessé

(étude en cours, état au 02/10/2008)

 

Le premier cadastre de Plessé (1845) est une mine d’informations pour la reconstitution de l’histoire foncière de la paroisse de Plessé, à la lumière des textes anciens. Il est aussi d’une grande importance pour l’histoire des Lespinay et de la construction de leur patrimoine. Les chemins mentionnés dans les archives anciennes, qui servent de repères pour la délimitation des terrains, semblent ne pas avoir changé de place. La mention de toponymes anciens permet de faire le lien avec les textes des XVe et XVIe siècles. Le plan du château-fort de L’Espinay, construit après 1492 et partiellement rasé au XVIIIe siècle, apparaît clairement avec ses douves, disparues depuis (et toujours en 2008, avec les photographies aériennes), de même que l’on peut avoir une idée des limites d’anciens fiefs qui ont appartenu aux premiers Lespinay (Polignac, Bodouan, Couédan, Le Haut-Espinay, les Rôtiz, La Haute-Ville, Kerguemer, etc.) et à leurs alliés du Guiniou (Le Guiniou, La Perchette) et de Marbré (Malarit, Le Breil, Les Bignons).

Ce cadastre est consultable sur l’internet (il est interdit d’en donner des extraits dans un article tel que celui-ci, mais tout le monde y a accès gratuitement…) à l’adresse suivante :

http://www.cg44.fr/cg44/jcms/a27sr_15190/plans-cadastraux (sélectionner la commune : Plessé, puis rechercher par exemple la p.11/25, section U3 ancienne, et agrandir l’image).

 

Région de Plessé

(le domaine des Lespinay se trouve entre Rozay et Plessé)

 

 

La constitution du patrimoine Lespinay au XVe siècle

(Polignac, Rozet, Bodouan, Le Guiniou puis L’Espinay)

 

En lisant les aveux et contrats des XV-XVIe siècles, on peut localiser précisément sur le cadastre de 1845 le patrimoine des Lespinay à Plessé et avoir une idée de son importance. Un premier exemple est frappant. En 1404, Guillaume de Lespinay fait aveu de Polignat ou Polignac en Plessé à Maurice de Volvire, baron de Fresnay (Fresnay est une juveigneurie de la seigneurie de Blain). Sur le cadastre de Plessé de 1845, on s’aperçoit que Polignac forme un ensemble important de bâtiments et de terres vers lequel convergent en étoile plusieurs routes anciennes. Il est possible que cette situation remonte à un ancien fief, suffisamment important pour être déclaré nominalement dans l’aveu de 1404. Rappelons qu’en 1428, Jean II de Lespinay n’a pas de biens dénommés, d’importance suffisante pour en faire aveu au même Maurice de Volvire : il ne détient que « certaines choses » dans la paroisse de Plessé. En tout cas, le fief de Polignac n’est plus mentionné par la suite dans le patrimoine des Lespinay. Soit il a été vendu, soit il a été transmis à la parenté de Guillaume de Lespinay. Il est situé entre le Bas-Calan et Le Guignoux, à l’Ouest de Plessé, à 2250m à vol d’oiseau du Guignoux, et semble occuper une surface maximale de 50 ha. Source : cadastre 1845, section P, dite « de Tresnard », feuilles P4 : 481-757 et P5 : 758-992).

 

Polignac – Extrait du plan de situation 1845-TA

 

C’est probablement après 1428 et jusqu’en 1448 principalement, que Jean II et Jean III de Lespinay, rachetant entre autres les parts d’Eonnet de Lespinay, constituent leur domaine de Rozet (aujourd’hui « Rozay »), au Sud-Ouest de Plessé, autour du village du même nom, dans ce qui est appelé alors la « frairie de Rozet », comprenant au Sud le fief noble de Bodouan (aujourd’hui « Baudouan ») et peut-être déjà les terres de La Haye-Cochart, La Motte et Hirel, le tout pouvant faire environ 100 ha (1000m x 1000m). À la « ville et passée de Rozet » est attachée l’obligation pour le seigneur de servir à titre gratuit comme sergent féodé (receveur des impôts) de la châtellenie du Gâvre. Il est probable que les Lespinay y ont trouvé certains avantages à travers placements et commissionnements, moyens habituels de l’époque pour se payer d’activités non rémunérées. On ne sait s’ils bénéficiaient de taxes sur la passée de Rozet. Cependant, au XVIIe siècle, le seigneur de Carheil en Plessé, héritier des Lespinay par les Spadine, était sergent féodé de la châtellenie du Gâvre et jouissait à cause de son office d’une maison avec terre au village de Rozet ; il prétendait même au droit de lever les coutumes de la foire Saint-Mathieu à Rozet, en tant que seigneur principal (Archives Loire-Atl. E 781). Source : cadastre 1845, Baudouan, section N1, de L’Angle, 1-281 ; Rozay : section U2, du château de l’Epinay, 18-170 et section N2, de L’Angle, 282-543.

Puis, d’après les archives disponibles, Jean III de Lespinay va se constituer de 1453 à 1464 un autre domaine autour du Guiniou (aujourd’hui « Le Guignoux ») par rachats successifs d’héritages et de terres dans sa famille maternelle du Guiniou, sur les paroisses de Plessé, Guenrouët et Fégréac. Mais d’autres achats plus tardifs concernent encore Le Guiniou, puisqu’en 1482 et 1483, Jean IV de Lespinay rachète des parts d’héritage aux héritiers de Perrine et Jeanne du Guynio. Au vu du cadastre, l’ensemble des terres du Guiniou et de La Perchette en Bas-Calan n’excède pas 100 ha, une partie du Guiniou appartenant à la famille Parajeau et une autre de La Perchette appartenant à la famille Guischard à la fin du XVe siècle. Source : cadastre 1845, section O dite « de Tressé », feuilles O1 : 1-339 et O2 : 340-649.

Jean III de Lespinay va aussi acheter dans la « frairie de Châteaucé », qui jouxte celle de Rozet, quelques rentes et parcelles sur les rives de l’Isac, à Saint-Clair, ainsi que le droit de passage de l’Isac au Gué de Saint-Clair, permettant de joindre Guenrouët et Plessé, et la motte de l’ancien château ducal de Saint-Clair appelée Châteaucé, qui tire son nom de l’ancienne paroisse de Cé d’où viennent les noms de Plessé (Plebs Sé), Lancé et Tressé (situés entre Saint-Clair et Plessé). Si les surfaces réunies sont minimes, les droits concernés ont une valeur importante : un gué aux portes de Guenrouët (Saint-Clair) et un lieu où se tient une foire (Châteaucé). Source : cadastre 1845, section N7, de L’Angle, 1677-2053.

C’est entre Rozet et Plessé que se forme dans la deuxième moitié du XVe siècle la seigneurie de L’Espinay, à partir des terres de Rozet. Aux terres familiales de Bodouan et probablement de La Haye-Cochart, La Motte et Hirel au Sud de Rozet ainsi que de la Grande Maison au Nord, situées dans le territoire du village et sa frairie, auxquelles s’ajoutent les terres de Couédan près de Plessé et de La Haute Ville entre Rozet et Plessé qui font aussi partie du patrimoine familial, ont été ajoutées par achat à la fin du XVe siècle dans cette même frairie la métairie du Haut-Espinay (en 1499), le bois des Rôtiz, la métairie de Kerguemer (en 1505) et la seigneurie du Boullay (autour de la chapelle de Larré). Toutes ces terres sont voisines les unes des autres. Source : cadastre 1845, section U, dite du « Château de l’Epinay », feuilles U2 : 3-216 et U3 : 217-343. Les métairies de Couédan et de La Haute Ville ont été construites sur son patrimoine noble par le trésorier.

Lorsque l’on voit la proximité de Kerguemer par rapport à Rozet et la Haute Ville, et sa localisation dans la frairie de Rozet où sont implantés les Lespinay, on comprend mieux pourquoi Jean II (ou III) de Lespinay signe comme témoin à l’aveu du fief de Kerguemer devant la Cour de Tremar en 1431 par Perrot Guischard, qui se trouve en outre être un probable parent puisqu’un Guischard est seigneur de La Perchette à la fin du XVe siècle, alors que Guillemette du Guiniou en avait été la « dame » à la suite de sa mère. Dès 1447, Jean III de Lespinay achète des rentes à Blanchart, « homme roturier » qui habite au Haut-Espinay appelé vulgairement Les Rôtiz. Et c’est en 1513, avec l’anoblissement des terres non nobles acquises, que se termine la construction par Jean IV de la seigneurie de L’Espinay, qui sera saisie en 1526, le trésorier étant mort en charge en 1524...

On aurait pu croire, comme l’a cru la Marquise de Lespinay née Marie-Thérèse Benoist d’Azy, historienne de la famille Lespinay, qu’entre Rozet et Plessé se trouvait une ancienne seigneurie de L’Espinay démembrée par les générations antérieures. L’hypothèse ne doit pas être écartée, surtout lorsque l’on voit le plan archaïque du château-fort (voir ci-après) censé être construit autour de 1500. Mais aucune mention d’une seigneurie de L’Espinay n’existe antérieurement à 1492 et tout montre que les achats faits par le trésorier, et avant lui par son père, ne concernent pas un fief noble mais des terres et métairies roturières dont il a obtenu en 1513 l’affranchissement royal, après avoir déplacé sur les terres roturières du Haut-Espinay (alias Les Rôtiz) sa métairie noble de L’Espinay qu’il a fallu détruire pour agrandir ou « embellir » le château (selon les propres déclarations de Jean IV en 1516).

En se fondant sur le cadastre, le tout (héritages anciens et acquisitions nouvelles) ne semble pas dépasser 400 ha (2000m x 2000 m), non compris le domaine du Guiniou (environ 100 ha) et les acquisitions tardives de Trémar en 1495, Trélières et Pontcorhan (en Guenrouët), Le Chêne Vert en 1510 (environ 300 ha). Le total des biens fonciers du trésorier Jean IV de Lespinay à Plessé pourrait être estimé à environ 800 ha en 1524, au moment de son décès, soit 1/13e de la commune actuelle de Plessé, qui fait 10 400 ha. Il est probable que certains biens nous aient échappé dans ce calcul, mais il donne une idée de la richesse terrienne du trésorier à la fin de sa vie (1524), richesse qui ne paraît pas outrancière malgré les dires de certains historiens dont nous avons déjà parlé. En 1563, lors du mariage Perreau-Lespinay, la seigneurie comporte 17 métairies, dont les terres du Boullay et Larré, du Hirel, de Coesquebit en Rozet, et fait probablement de 700 ha à 900 ha de surface, soit 1/12e de l'actuelle commune.

 

Le domaine des Lespinay

 

Comme le montre le plan suivant, copie du plan de situation de l’ancien cadastre de Plessé (1845-TA), le domaine de L’Espinay se répartit entre Bodouan au Sud de Rozet et Couédan au Nord-Est de Rozet, le château se trouvant à l’intersection du ruisseau de Rozet et du petit ruisseau de Larré. Néanmoins, les terres comprises dans l’emplacement du domaine tel que nous l’avons matérialisé n’appartiennent pas en totalité aux Lespinay au XVe siècle. On peut remarquer que presque tous les noms cités sont bretons.

 


 

En 1492, Jean IV de Lespinay habite toujours dans sa « grande maison » de Rozet alors qu’il commence à apparaître comme seigneur de L’Espinay dans les actes. La seigneurie n’a donc pas encore de « château », manoir ou maison noble attitrée en dehors de la « grande maison ». Ce n’est pas cette maison forte ou manoir qui prend ensuite le nom de L’Espinay puisqu’elle est mentionnée (valant 15 livres monnaie) en 1524 par Guillaume de Lespinay avec la maison et manoir de Lespinay (valant 20 livres monnaie) parmi les héritages du trésorier défunt. Où est-elle située ? un emplacement pour la « grande maison » est possible juste au Nord du village de Rozet, près du ruisseau du même nom, et un autre à l’Est de la métairie noble de Bodouan, au lieu-dit « La Motte », nom qui suggère un endroit surélevé et fortifié ancien, mais qui ne semble pas faire partie des possessions anciennes des Lespinay. La Haute Ville, terre du patrimoine ancien des Lespinay et proche du nouveau château du trésorier, pourrait aussi être le site de la « grande maison », les deux expressions étant à peu près synonymes (alta villa = grande maison = kermeur ou keruhel en breton), mais il paraît trop éloigné de Rozet pour justifier le nom de « Grande maison de Rozet ». En tout cas, en mai 1512, Jean IV de Lespinay habite dans la maison et manoir de L’Espinay, dont les travaux sont donc terminés et dont le site nous est connu (voir illustrations ci-après).

On ne sait si le Haut-Espinay, où a été transférée la métairie proche du château de L’Espinay, a un lien avec le nom de la famille Lespinay. Ce toponyme est mentionné dans un contrat de 1447, à une époque où nous n’avons aucune mention d’une seigneurie de L’Espinay. Le manoir ou « grande maison » de Rozet est devenu impropre aux besoins du trésorier, d’autant plus qu’il semble avoir été incendié lors des guerres franco-bretonnes à la fin du règne du duc François II ou au début de celui d’Anne de Bretagne. Le château fort a pu voir sa construction commencer dès 1492, c’est-à-dire avant que le trésorier n’ait acheté le Haut-Espinay (en 1499). Le trésorier a donc quitté sa maison ou manoir de Rozet pour s’installer dans un nouveau manoir plus spacieux et mieux fortifié qu’il a fait construire près d’une métairie noble à qui il a donné le nom de sa seigneurie de Lespinay, dont le nom est tiré très probablement de celui de la famille Lespinay. Puis, pour agrandir son manoir et l’entourer de douves importantes, il lui a fallu démolir la métairie adjacente et en construire une autre sur la colline du Haut-Espinay nouvellement achetée, dont il a obtenu l’anoblissement en 1513, comme l’explique le document suivant (attestation de décharge d’impôts du 3 décembre 1516 transférant les franchises et privilèges de la seigneurie de Lespinay sur les nouvelles métairies, signée par Jean IV de Lespinay) :

« Certifie à tous cieulx qu’il appartiendra que les parroissiens manans et habitans, collecteurs, receveurs et autres, ayant charge de cuillir et lever les deniers des fouaiges en la parroisse de Plessé, en ce diocèse de Nantes, par vertu des Lettres Patentes de la Royne, données à Bloy au moys de décembre l’an mil cinq cent treize, confermées par le Roy par ses lettres patentes, aussy données à Bloys au dit moys de décembre, duement expediées et veriffiées par leurs gens des Comptes en ce pays et Duché le XVII jour de juillet 1514, me ont tenu quiste et laissé jouyr de la transmutacion et translacion, franchise et exemption de la mestaerie que je soulloys avoir au pourprins [= territoire, propriété, enclos] de mon manoir de Lespinay, en la dite paroisse de Plessé.

Laquelle mestaerie est de toute ancienneté, estoit et soulloit estre noble et de laquelle je puis naguerres fait desmolir et abattre les édifices et habitacions et icelle faict reediffier en une tenue de village a moy appartenante assise en ung autre endroict de la dite parroesse où soulloit demourer ung nommé Blanchart, homme roturier, a présent appelée Les Rôtiz – Et aussi me ont tenu quitte et laissé jouyr franchement de deux autres mestaeries que je avois nouvellement fait faire en mon dit pourprins et domaine, nommées l’une Couëdan et l’autre Bodouan.

Et pareillement de deux autres par moy acquises en la dite paroesse, près et ès environs du dit lieu de Lespinay, appelées vulgairement l’une La Haute Ville et l’autre Carquemer … [en échange de quoi] ay quitté et quitte les dits manans, habitans et collecteurs de la dite parroesse de Plessé et tous autres, moyennant ung feu dont les dits seigneur et dame ont voulu eulx deschargez et tenir quitte sur le grans des feux de la dite paroesse. » (in Marquise de Lespinay, Jehan de Lespinay, Thrésorier de Bretagne…, 1937).

 

Ce qui va peser lourd dans les investissements du trésorier à Plessé et ailleurs¸ c’est l’achat de son logis de Beau Soleil à Nantes, la construction des nouvelles métairies entre Plessé et Rozet, d’une chapelle privée contre l’église de Plessé, et surtout du château fortifié de L’Espinay (d’environ 90 m de diamètre), dont les images suivantes montrent l’importance, malgré le fait qu’il ait servi de carrière de pierres au début du XIXe siècle.

Plan de situation reconstitué du château de L’Espinay (1845)

 

Le château fortifié est d’une dimension honorable, environ 90 m de diamètre, avec des douves de 6 m à 20 m de large. Comparé au château de La Bretesche en Missillac (70 m de diamètre), dont les douves font cependant 20m et plus de largeur, sa dimension paraît même importante, bien qu’il contienne, outre un château ou manoir et une chapelle, des bâtiments à usage domestique et agricole ainsi que des jardins.

 

Le château de La Bretesche (2008)

 

L’ancien château de L’Espinay - Photographie aérienne 2008

 

Copie du cadastre de 1845 – section U feuille 3

 

Plan (détail)

 

Première description connue du château, le 26 avril 1645, dans les loties du partage noble entre Pierre de Lespinay et Anne de La Vazouzière veuve d’Izaac de Lespinay, frère de Pierre (Arch. L.-Atl. E 336, et Marquise de Lespinay, Jehan de Lespinay, Thrésorier de Bretagne…, 1937) :

« La maison noble de Lespinay avec son jardin cernoïée de ses fossés et douves avec ses ponts-levis, dans l’enclos desquels il y a un petit jardin à l’occident et septentrion de la dite maison laquelle consiste en un grand corps de logis où il y a cave dans la salle et chambre basse de 60 pieds de long ayant une porte au midi pour encaver le vin et le cidre iceluy logis contenant de dehors en dehors cent pieds de long et de 30 de largeur, et de hauteur 36 pieds hors de terre sous couverture, aïant la face au midy (etc.)

« Il y a du côté d’occident autre corps de logis où est la cuisine de 42 pieds de long de dehors au dehors y compris une allée qui conduit de plain pieds de la dite salle basse à la dite cuisine et au petit jardin et là-dedans 25 pieds et de 20 pieds de largeur par un bout et 24 pieds par l’autre bout, laquelle cuisine a deux ouvertures de fenêtre, l’une à l’orient, l’autre à l’occident.

« Du côté du midy, il y a de vieux logements fort mal faits et caducs de longueur de dehors en dehors de septante pieds parce que le bout qui est au midy fait la forme de tour et de largeur 18 pieds en dedans.

« En surplus de l’enclos de cette dite tour, il n’y a autre longueur, ceux qui étaient aïant été démolis (…).

« L’étang étant proche et joignant ladite basse cour, le tout desquels logis, cour et jardin, cernoïés de ses douves et fossés (…) »

 

Vers 1679, le château (vendu en 1666) est en mauvais état, la tour du grand corps de logis exposé au midi (L 72 pieds, H 32 pieds, l. 22 pieds) étant en ruine, de même que la chapelle à l’Est, qui donne sur les fossés. En face du corps de logis, la grande porte de la cour a un pont qui ne se lève plus (Bibl. Mun. Nantes, Fonds Bizeul, mss 1684).

 

En 1841 (« Voie romaine de Blain à Vannes », in : Annuaire du Morbihan), M. Bizeul décrit ainsi le manoir de Lespinay :

« Le Château de Lespinay était une petite place forte dont l’enceinte, de forme pentagonale, était défendue par une muraille et par un fossé d’une vingtaine de pieds de largeur alimenté par le ruisseau qui découle de l’étang de Plessé et sur lequel était jeté un pont levis. »

 


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Published by Famille Lespinay - dans Jehan de Lespinay et sa famille
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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 18:00

Les familles de Lespinay (l’Espinay) ou d’Espinay en Bretagne
XVe-XVIe siècles

 

                L’étude des diverses familles bretonnes portant le nom de Lespinay (l’Espinay) ou d’Espinay aux XVe et XVIe siècles, ainsi que de leurs alliances, a un double intérêt. D’une part, elle permet d’éviter d’en confondre les membres lorsqu’ils portent les mêmes prénoms à une même époque et dans de mêmes lieux. D’autre part, en les connaissant mieux on se donne peut-être la possibilité de retrouver la souche dont sont issus les Lespinay de Plessé, qui se disent cadets d’une ancienne « maison de Lespinay » en Bretagne (si cette tradition est exacte…). Il faut rappeler en effet que la seigneurie de Lespinay de Plessé est une création de toute pièce faite à partir de l’extension du domaine de Rozet en 1499 à l’aide de l’achat des terres du Haut Espinay, appelées anciennement « Les Rôtiz ». Pas un seul Lespinay de Plessé n’est seigneur de Lespinay avant le trésorier Jean IV de Lespinay, et rien ne peut prouver pour le moment que celui-ci a reconstitué une ancienne seigneurie de son nom à Plessé démembrée par ses ancêtres, « en difficulté au début du XVe siècle », comme certains l’ont affirmé (Kerhervé, 1987, p.737).
                Comme plusieurs familles Lespinay bretonnes ont des membres portant les prénoms de Jean et de Guillaume à l’époque du trésorier de Lespinay, on peut valablement se demander si certains des faits, des offices, fermes et « malversations » attribués aux Lespinay de Plessé par les historiens Kerhervé (1986), Le Page (1995) et Minois (1999) ne seraient pas attribuables à d’autres[1]. Au sein même de la famille Lespinay de Plessé, ces historiens ont confondu le trésorier avec son fils, du même prénom, l’accusant alors de cumul d’offices[2]. Un Guillaume de Lespinay qui lève le fouage de l’évêché de Vannes en 1486 a été confondu par ces auteurs avec le frère (aîné) du trésorier, et donc supposé être membre de son « réseau », alors qu’il est décédé à cette date puisque Jean IV est présenté dans un contrat de 1482 comme « héritier » de son père Jean III. De même en ce qui concerne plusieurs familles de financiers et d’officiers du duché : La Touche, La Rivière, Pinart, Becdelièvre, leur identité avec des familles homonymes alliées avec les Lespinay reste une hypothèse (forte), mais sans certitude de parenté véritable, ni de lien de cause à effet (rien ne prouve qu’ils ont aidé les Lespinay dans leur ascension « financière »). Au lieu d’asséner des certitudes, et à partir de là fabriquer un « réseau mafieux » qui n’a probablement pas existé, créé et manipulé par cinq générations de Lespinay avec leur parentèle, il serait souhaitable en matière de reconstitution historique de savoir adopter certaines réserves.
           Les enjeux sont donc importants. Les Lespinay des XVe-XVIe siècles et leurs alliés sont-ils tous coupables de « malhonnêteté » et de « malversations »[3]  ? Peuvent-ils faire partager cette lourde responsabilité par des membres d’autres familles homonymes ? Il semble que sur ce plan les historiens ne se soient pas trompés : les Lespinay cités seraient bien de Plessé… mais de malversations, point de preuve, et point d’enrichissement excessif. En réunissant toutes les sources disponibles, nous avons du mal à suivre les auteurs dans leur croisade, parce qu’elle n’est pas nécessaire pour reconstituer sainement l’histoire bretonne et française de la fin du Moyen-Âge et du début de la Renaissance. Les « magouilles » de l’époque sont bien plus intéressantes à étudier sans jugements de valeur ainsi que les luttes d’influences entre les administrations, les juridictions, les individus, les États que sont la Bretagne et la France. C’est tout cela qu’il faudrait arriver à reconstituer pour pouvoir montrer ensuite comment les Lespinay ont pu prendre leurs distances avec les finances publiques, peut-être involontairement à cause de leur appartenance à la religion réformée jusqu’à la fin du XVIIe siècle.


 

Nous avons étudié les généalogies des familles bretonnes du nom de Lespinay ou d’Espinay reconnues « nobles » en 1668-1670 (seules accessibles) déposées dans les Carrés de d’Hozier, à la Bibliothèque nationale de France, et accompagnées de certains titres les authentifiant. Voici quelques données comparatives pour les XIVe-XVIe siècles.

Quelques prénoms

Aux XVe et XVIe siècle, plusieurs familles nobles bretonnes portent dans les actes le nom latin de Spineto, qui a donné en français de Lespinay, de l’Espinai et d’Espinay. La confusion augmente lorsqu’un Lespinay a son nom écrit d’Espinay dans les actes, ou lorsqu’un d’Espinay écrit son nom Lespinay.

Les prénoms comparés par famille

Guillaume de Lespinay, qui lève en 1486 le fouage pour le compte du maréchal de Rieux en l’évêché de Vannes (Arch.Dép.Morbihan, fonds de Truscat), peut appartenir à une des familles Lespinay déboutées à la réformation de 1668, par exemple les Lespinay de Kerivalan (Pontivy) au diocèse de Vannes, ou les Lespinay du Plessis (en Marcillé-Robert), ou encore ceux de Gardalaez (en Plounévez-Porzay). À cette date, Guillaume, fils aîné de Jean III de Lespinay, paraît être décédé puisque son frère est présenté en 1482 comme « l’héritier » de Jean de Lespinay son père, décédé en 1465.
                Un Jean de Lespinay, que certains croient être Jean IV le trésorier (qui aurait poussé l’art du cumul des charges jusque là !), est sous-garde de la forêt du Gâvre fin XVe siècle (Arch.L.-A.,
B 23 f° 282). Il est probablement de la famille de Plessé. La date n’est pas précisée (source : prosopographie de Dominique Le Page, p.401).

Les Lespinay ou l’Espinay de Plessé (évêché de Nantes)

Nous avons exclu la généalogie « officielle » publiée par Alexis Daigre en 1908, copie de la généalogie manuscrite farfelue de G. Dupré-Le Jay de Kerdaniel (issue du fonds Martainville, arch. Rouen), du XVIIIe siècle, que l’on trouve à la Bibl.nat., Mss.Fr., 32438 [vol. 612], f°417, et qui fait remonter les Lespinay de Plessé à un « Jacques de Lespinay, seigneur de Lespinay, chevalier, mort vers l’an 1299 », père de Georges (+ 1335), père d’Antoine (+ 1369), père d’Olivier (+ 1402), père de Jacques (+ 1435), père de Jean époux de Guillemette de Guino. Les dates sont espacées mécaniquement de 33 à 35 ans et l’ensemble paraît être un montage hypothétique dont on ne sait sur quelles sources il est fondé, les personnages réels connus n’étant pas datés alors que les supposés « ancêtres » le sont. Kerdaniel a aussi transcrit sur le folio 418 suivant une généalogie de la « Maison du Chaffault » aussi farfelue avec treize ancêtres « datés » avant Thibault du Chaffault dit de Rezay en 1400. Mais il est informé du fait que les du Chaffault se disent juveigneurs de Rezay puisqu’il les fait descendre d’un Sylvestre de Rezay puîné en l’an 1000. Ses généalogies, lorsqu’il manque de sources, semblent être des inventions pures et simples pour la période antérieure au XVe siècle.

Les d’Espinay de Champeaux (évêché de Rennes)

              Le début de cette généalogie, avant Péan II d’Espinay, provient de sources anciennes invérifiables et doit être pris avec précaution. Les d’Espinay, dont le nom s’est souvent écrit Lespinay ou l’Espinay, surtout pour les branches cadettes, sont originaires d’Acigné, près de Rennes, où se trouvait l’ancienne seigneurie d’Espinay. Au début du XVe siècle, Simon d’Espinay « transporte » sa seigneurie d’Espinay à Champeaux, près de Vitré, en lieu et place de la seigneurie de La Rivière qui change alors de nom pour s’appeler d’abord « La Rivière d’Espinay » puis « Espinay » (R. Couffon, 1969, Mém. Soc. Émulation des Côtes-du-Nord).
               Il y a un doute sérieux sur l’existence dans cette généalogie de Simon II, Robert II et Guyon II d’Espinay, qui semblent être la répétition de Simon I, Robert I et son frère Guyon. En effet, outre cette curieuse répétition sur quatre générations, il y a une trop grande proximité entre les générations. De 1400 à 1500, les d’Espinay auraient connu sept générations, soit deux « de trop ». Jacques d’Espinay, évêque de Rennes (+1482) est dit neveu de Jean d’Espinay de Vitréiais (viv.1459), fils de Simon I, alors qu’il est son « arrière-petit-neveu » dans la généalogie officielle. Richard d’Espinay, « arrière-petit-fils » de Robert I, se marie en 1433 avec Marie Goyon de Matignon, puis veuf il se remarie en 1435 avec Béatrix de Montauban en présence de Robert I, présenté comme son père, conseiller et grand maître d’hôtel du Duc de 1421 à au moins 1450… Néanmoins, Robert I est censé décéder en 1438, son petit-fils homonyme prenant sa suite à l’hôtel du Duc jusqu’en 1450. Le problème est que Richard est né vers 1413, alors que Robert I son « arrière-grand-père » est né vers 1390, tout en étant séparés par deux générations, ce qui est une impossibilité. L’erreur est donc ailleurs, soit dans la date de décès de 1438 (le plus plausible), soit parce qu’un homonyme de sa famille, de même génération que Richard, a pris la suite de Robert. Sources : du Paz, 1619 ; d’Épinay, 1899 ; d’Hozier, Bibl.nat. Famille reconnue de noblesse d’ancienne extraction chevaleresque en 1669.  

Il semble manquer une à deux générations entre Alain et Péan II d’Espinay…

Les Lespinay de Saint-Malon et Saint-Pern (évêchés de Saint-Malo et Dol)

                Seigneurs de l’Espinay en Saint-Malon, de La Ville-Gillouart en Saint-Pern, de La Ville-Martin, de La Motte, du Plessis et de Launay en Longaulnay. Robert de Lespinai est fait prisonnier à Dol par les troupes du roi Henri II Plantagenêt en 1173 (Dom Morice, Histoire…, t.I, col.992). Un Radulphus (Raoul) de Spineto est cité en 1218 avec Oliverius (Olivier) de Spineto dans une lettre de Juhel de Mayenne pour le Prieuré de Bécherel (Dom Morice, Mémoires…, t.I, col.839). Raoul de Lespinay, fils de Pierre, est cité dans plusieurs montres en 1380 avec Olivier et Jarnigain (alias Jarnigon, Jehannigon), probablement ses frères (Dom Morice, Mémoires…, t.I : col. 1645, 1651, 1652, 1654, 1658 ; t.II : col. 243, 247, 248, 254 & 264). Généalogie du Cabinet des titres, source : Bibl.nat., Mss.Fr., Dossiers bleus, vol.392 [Fr.29937], dossier 10578 Lespinay, sans dates, tiré des preuves pour la réformation de la noblesse bretonne. Famille reconnue en 1669 de noblesse d’ancienne extraction chevaleresque.

Les Lespinay de Maupérier (paroisse de Piré)

            Seigneurs de l’Espinay en Piré, de Maupérier et de Bérue en Essé. Source : Bibl.nat., Mss.Fr., Dossiers bleus, vol. 392 [Fr.29937], dossier 10578 Lespinay. Sans dates, tiré des preuves pour la réformation de la noblesse bretonne. C’est la famille sur laquelle nous avons le moins de données. Cependant, elle a été reconnue de noblesse d’ancienne extraction en 1669.

Les Lespinay de Brains et Bouguenais-lès-Nantes (évêché de Nantes)

Seigneurs du Pasty, de La Motte, de La Patissière, de Chambardet. Cette famille est connue particulièrement à partir du XVIe siècle. On ne lui connaît pas de seigneurie du même nom. Son nom est écrit l’Espinay ou Lespinay dans les actes connus et Lespinais dans la généalogie de la Bibl.nat. Celle-ci est sans dates, tirée des preuves pour la réformation de la noblesse bretonne (Bibl.nat., Mss.Fr., Dossiers bleus, vol. 392 [Fr.29937], dossier 10576 Lespinais). Nous l’avons corrigée avec quelques données des Arch. L.-Atl. (E. suppl. 3 336, 2 870, 2 871, 2 872, 2 873, 2 874, 2 879, 2 899 et E. 359). Éteinte en France comme les trois précédentes, elle vit au Canada à travers un rameau issu de Mathurin de Lespinay et Françoise Pinson, dont le fils cadet Jean (baptisé à Bouguenais le 2 juillet 1645) a fait souche au Québec. Elle a été reconnue en 1670 de noblesse d’extraction, comme les Lespinay de Plessé.

Les Lespinay de Segré et de Touraine

            Seigneurs de Lespinay et de La Haute-Rivière à Sainte-Gemme près Segré, des Villattes, de La Jaille et de Ribou en Touraine. Se disent cadets des d’Espinay de Champeaux, dont ils sont proches géographiquement. Nous les citons car ils ont des liens avec la Bretagne. Sources : Bibl. nat., Mss. Français, Cabinet des Titres : Carrés de d’Hozier vol. 382 [Fr.30611], p.207 à 307 ; Dossiers bleus, vol. 255 [Fr.29800] dossier 6524 ; etc. Ils sont maintenus nobles en 1667, 1714 et 1715 à Tours.

 

Les familles Lespinay/l’Espinay et d’Espinay de Bretagne et de l’Ouest

1. de Lespinay ou de l’Espinay (Bretagne), seigneurs de l’Espinay, de Bodouan, Rozet, etc. en Plessé. Branches : 1) Briord et Du Chaffault, 2) La Ruffelière (rameaux du Pally, du Clouseau-Moulinets-Montoray, de La Flotterie, La Roche-Boulogne), 3) l’Espinay (Isaac I et II). Armes : D’argent à trois épines arrachées de sinople, posées deux et une. Briord (Charles de Lespinay) : …trois buissons d’épines… Devise : « Sequamur quo fata vocant » (on aurait peut-être préféré : « Qui s’y frotte s’y pique »).

2. d’Espinay, parfois l’Espinay (Bretagne), sires d’Espinay et de la Rivière en Champeaux (Vitré). Branches cadettes de Broon, du Lestier, d’Ussé, de Boisdulier, etc. Les aînés se fondent dans la branche aînée de la Maison de Schomberg. Armes : D’argent au lion rampant coupé de gueules et de sinople, couronné, lampassé et armé d’or. Devise : « Repellam umbras ». Ancienne extraction chevaleresque (réformation de 1669). Seraient issus des comtés de La Roche-Guyon et de Rochefort. Sources : d’Hozier (Bibl.nat., Mss.Fr., Titres) ; du Paz 1619 ; d’Epinay 1899.

2A.  de Lespinay, l’Espinay ou d’Espinay (Anjou), seigneurs de l’Espinay et de la Haute-Rivière (Segréen), La Jaille, Villatte, Ribou (Touraine). Se disent cadets des d’Espinay de Champeaux. Armes : D’argent à la fasce de gueules au lion de sable brochant sur le tout, armé, lampassé et couronné de gueules. Selon d’Hozier : De sable à un chevron d’argent accompagné de trois macles de même. Sources : Armorial général de l’Anjou, t.II, p.14 ss. et Bibl.nat., Mss.Fr. 30611 [vol.382] et 29800 [vol.255] dossier 6524.

2B.  de l’Espinay ou d’Espinay (Anjou), seigneurs de Blaison, La Marche, Cartes, Durtal, La Basse-Rivière, Vaucouleurs, Rochefort, Mathefelon, Les Cures, Maumusson, Griffet, Grand-Bois, Segré, La Couyère, Courléon, Chemillé, St-Michel-sur-Loire (Anjou). Cadets des d’Espinay de Champeaux (branche de Vaucouleurs). Armes : D’argent au lion rampant coupé de gueules et de sinople, couronné, lampassé et armé d’or. Alias : D’argent au lion rampant coupé de gueules et de sinople bordé de sable. Les cadets de la Basse-Rivière brisaient d’une bande d’azur semée de fleurs de lys d’or. Source : Armorial général de l’Anjou, t.II.

2C.  de l’Espinay de Courléon (Saumurois). Branche cadette des d’Espinay de Champeaux descendant de Pierre de l’Espinay seigneur des Cartes, fils cadet de Péan (Payen) II d’Espinay, qui épouse en mai 1400 Isabeau de Courléon. Il est dit avoir pour neveu Pierre de l’Espinay, sieur de La Ville-Gérouard, qui est en fait d’une autre famille (cf. n°4). Mêmes armes que les d’Espinay de Champeaux. Sources : d’Hozier (Bibl.nat., Mss.Fr., Titres), Kerdaniel.

3.  de Lespinay ou de l’Espinay (Bretagne), seigneurs de l’Espinay (paroisse de Piré), de Maupérier et Bérue en Essé. Armes : D’argent au croissant de gueules, accompagné de six billettes de sable, trois en chef et trois en pointe. Ancienne extraction (6 générations à la réformation de 1669, évêché de Rennes). Source : Bibl.nat., Mss.Fr., Cabinet des Titres, dont Fr.29937 [392], dos.10578 Lespinay p.2.

4.  de Lespinay ou l’Espinay (Bretagne), seigneurs de l’Espinay en St-Malon, La Ville-Gélouard (ou Villegirouard) en St-Pern, La Ville-Martin, La Motte, Launay en Longaulnay. Armes : De sable au sautoir d’argent accompagné de deux léopards du même, un en chef et un en pointe. Ancienne extraction chevaleresque (9 générations à la réformation de 1669, évêché de St-Malo). Source : Bibl.nat., Mss.Fr., Cabinet des Titres, dont Fr.29937 [392], dos.10578 Lespinay p.3.

5.  de Lespinay ou l’Espinay (Bretagne), seigneurs de La Pâtissière en Brains, du Pasty, La Motte (ou Motte-Hallouard), Chambardet ou Champ-Bardoul en Bouguenais. Armes : D’argent à un fragon ou petit houx arraché de sinople. Noblesse d’extraction (8 générations à la réformation de 1670, évêché de Nantes). Source : Bibl.nat., Mss.Fr., Cabinet des Titres, dont Fr.29937 [392], dos.10576 Lespinais.

6.  de Lespinay (Bretagne). Armes : D’azur à un chêne arraché de sinople.

7.  d’Espinay ou de l’Espinay (Bretagne), seigneurs de Kerivallan, ressort de Pontivy. Armes : D’argent à un tronc d’arbre de sinople, terrassé du même, poussant deux rameaux aussi de sinople, supportant chacun un oiseau de sable, le tout accompagné en chef de deux étoiles du même.

8.  d’Espinay ou de l’Espinay (Bretagne). Armes : De sinople à cinq buissons d’épines d’argent. Certainement une confusion avec les Lespinay/l’Espinay de Plessé. Sources : divers armoriaux.

9.  de l’Espinay (Bretagne), sieurs de l’Espinay, la Hauteville, Lalier en Plessé, de La Roche-Ballue, etc. en Bouguenais, des Bretaudières, du Pesle, etc. en St-Philbert, de Bedouan (paroisse de Donges), du Housseau en Carquefou. Noblesse d’extraction (5 générations à la réformation de 1668, évêché de Nantes). Source : Nobiliaire de Courcy. Certainement une confusion de plusieurs familles dont celle de Plessé.

10.  d’Espinay ou de l’Espinay (Bretagne), sieurs de Kerdelan en Pluduno. Déboutés à la réformation de la noblesse bretonne de 1668-1670.

11.  d’Espinay (Bretagne), sieurs de Beauchêne (Morbihan). Idem.

12.  de l’Espinay (Bretagne), sieurs du Plessis en Marcillé-Robert. Idem.

13.  de l’Espinay (Bretagne), sieurs de Gardalaez en Plounévez-Porzay. Idem.

14.  d’Espinay alias des Hayes (Normandie), seigneurs d’Espinay, des Hayes, Crèvecoeur, Mezières, Boisgros, St-Luc, etc. Armes : D’argent au chevron d’azur besanté d’or, alias : D’argent à un chevron d’azur chargé de onze besans d’or. Ancienne extraction. Branches actuelles subsistantes : d’Espinay-Saint-Luc.

15.  de Lespinay (Picardie, Beauvaisis, Soissonnais), seigneurs de Lespinay, Marteville, Pancy, etc. Connus dès 1378 avec un Jehan de Lespinay (Source : Bibl.nat., Mss.Fr., Titres, P.O. vol. 1697 [Fr.28181] f°. 3). Armes : D’argent à trois losanges de gueules, posées deux et une. Ancienne extraction. Sources : Armorial d’Hozier et Bibl.nat., Cabinet des Titres.

16.  de Lespinay ou Lépinay (Perche), seigneurs de Lespinay et de La Croulerie, descendants d’un Robert de Lespinay vivant en 1501. Armes : D’argent à deux chevrons de gueules accompagnés de trois molettes de sable, posées 2 et 1. Source : Bibl.nat., Mss.Fr., Titres, coll. Chérin vol. 72 [Fr.31634], dos. 1490 Epinay.

17.  autres familles du même nom en Poitou, etc.



[1]       Après vérification, il semble que ce ne soit pas le cas, par chance pour les auteurs concernés, à part un ou deux cas litigieux.

[2]       Cependant, même lorsqu’ils n’ont pas confondu le trésorier et son fils homonyme Jean, ils ont estimé que ses deux fils Jean et Guillaume qu’il avait « casés » ou fait caser dans la finance étaient ses « hommes de paille » et qu’il cumulait à travers eux des offices avec sa fonction de trésorier, par un népotisme éhonté. Tout Jean, tout Guillaume de Lespinay ne peut donc qu’être un Lespinay de Plessé, cette famille de gens « malhonnêtes » (selon Georges Minois, 1999). L’accusation de cumul était élargie à tous les offices et fermes administrés par ses commis, faisant du trésorier un « super-cumulard », comme si le fait d’avoir des commis, des subordonnés, mais aussi des « affiliés » (parents au sens large titulaires d’offices financiers ou administratifs), le rendait coupable de la plus grande malhonnêteté qui soit, en particulier celle de vouloir contrôler les membres de son administration par l’intermédiaire de personnes de confiance. Doit-on soupçonner que toutes les personnes travaillant dans la finance bretonne de 1488 à 1524 ont été nommées par le trésorier pour faciliter des « malversations » dont on attend toujours la preuve ? Les accusations du pouvoir, retenues comme preuves, n’ont pu être étayées, mais les auteurs ont estimé qu’elles étaient suffisamment graves pour ne pas avoir été inventées : il n’y a pas de fumée sans feu ; sur cette base on a condamné à mort le surintendant Jacques de Beaune, avant de découvrir que les preuves n’étaient pas suffisantes. On aimerait que les historiens qui s’intéressent aux procédures instruisent leurs recherches à charge et à décharge, ce que l’État français en construction n’a pas fait.

[3]       N. Dufournaud (2007) ne s’étonne-t-elle pas, avec D. Le Page, que l’on n’ait pas « fait rendre gorge » à Pierre de Lespinay, arrière-petit-fils du trésorier, pour tout ce que ses ancêtres (Jean III, Jean IV, Jean V, Guillaume) auraient détourné ? N’est-ce pas une malversation de plus que fait Pierre de Lespinay en ne remboursant pas les « dettes » du trésorier, grâce à l’appui du roi obtenu par on ne sait quelle tromperie ? Et pourtant, Jean V, Guillaume et Pierre de Lespinay n’ont pas été héritiers du trésorier : pourquoi auraient-ils dû assumer malgré tout ces dettes ? Parce que la Chambre des comptes de Bretagne continue de poursuivre et de saisir les Lespinay jusqu’après 1570, par abus de droit, et qu’il a fallu l’intervention du roi pour que cela s’arrête (et avant que cela ne recommence, mais cette fois-ci pour raison de protestantisme…). Les auteurs ont alors soupçonné que les Lespinay « avaient réussi à faire croire » qu’ils n’étaient pas héritiers, alors que les sources judiciaires montrent clairement qu’ils ne le sont pas. Est-ce de la mauvaise foi ? de l’acharnement dans une impasse ? ou simplement l’attrait d’une hypothèse fausse qui va tellement bien avec le dossier à charge monté par les Chambres des comptes de Nantes et de Paris et la Commission de la Tour Carrée instituée en 1526 pour instruire les poursuites contre les officiers de finances ?

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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 22:00

Les prénoms "protestants"

 

            Du XVIe siècle au XVIIIe siècle, les protestants français ont souvent choisi pour leur progéniture des prénoms bibliques, moins courants que ceux portés par les catholiques. Par ailleurs, et peut-être surtout, ils voulaient prendre leur distance avec le culte des saints et des morts dont ils reprochaient la pratique aux catholiques. La Bible, et plus rarement l’Antiquité, allaient fournir la solution. Ce choix n’a pas toujours été systématique puis s’est atténué ou a disparu en France aujourd’hui.

            Au XVIe siècle, 100% des prénoms portés par les Lespinay correspondaient à ce choix, pour atteindre 20% à la fin du XVIIe siècle puis disparaître progressivement. On trouve aussi dans leur environnement familial certains prénoms antiques, comme Hercule, Lucrèce ou Olympe.

Il est très intéressant de suivre l’évolution du choix des prénoms. Un prénom « protestant » comme Isaac laisse deviner l’appartenance à la Religion Réformée de celui qui le porte, ou du moins de ses parents. Lorsqu’à la révocation de l’Édit de Nantes en 1685 (par l’Édit de Fontainebleau) de nombreux protestants ont dû abjurer leur religion pour garder leur vie, leurs biens, et leurs droits de citoyens français, ils n’ont en général pas changé de prénom. Mieux, certains ont continué à donner à leurs enfants des prénoms « protestants ». Mais, accusés d’être retombés dans l'hérésie protestante ou parfois même la sorcellerie, ils ont dû composer : en accolant au prénom protestant un prénom catholique. L’ordre des prénoms devenait important : en mettant en premier le prénom « protestant », on montrait que sa foi protestante n’était pas entièrement effacée. En mettant en premier le prénom « catholique », mais en conservant en second un prénom « protestant », on montrait que l’on ne reniait pas le passé…

L’histoire de la famille Lespinay nous donne des exemples couvrant toutes les possibilités énoncées, même après l’abjuration massive de ses membres à la fin du XVIIe siècle, les biens de certains ayant été saisis et mis sous séquestre pour cause de protestantisme.

1. Prénoms « protestants » portés par des Lespinay

Hommes

Femmes

          

                Abraham
                Daniel
                Ésaïe (Isaïe des catholiques) (x 2)
           
Gabriel
               
Isaac (x 2)
                Jacob (x 2)
                Jonas
                Samuel (x 4)

Il faut ajouter les prénoms Pierre et Marc, aussi répandus chez les catholiques.

               

                 Abigaïl
                 Éli
sabeth
                 Esther
                 Judith
              
   Madeleine

                 Olympe
                 Suzanne

Il faut ajouter le prénom Anne, aussi répandu chez les catholiques, bretons surtout.

Le prénom Samson (de Lespinay, de St-Marsault) est antérieur à l’implantation du protestantisme et ne fait donc pas partie de cette liste, du moins en ce qui concerne les Lespinay.

Chez les alliés protestants des Lespinay, on trouve : David, Judith (des Roussières) ; Abraham, Anne, Benjamin, Élisabeth, Jacob, Jonas, Lucrèce, Samuel, Suzanne (Tinguy) ; Anne, David, Élie, Élisabeth, Gabriel, Hénoch, Madeleine, Marie, Olympe, Samuel (de Goulaine) ; Madeleine, Samuel (de Chézelles, via Goulaine) ; Jonas, Louis-Jonas, Samuel (de Bessay) ; Gabriel, Hercule, Isaac, Jacob (des Nouhes, présentés comme catholiques) et Rachel (de Crunes, femme d’Isaac des Nouhes, présentée comme catholique, puisque mariée à l’église, mais fille de Jacob, protestant) ; Daniel, Isaac, Nathanaël, Samuel (Majou, via Le Bœuf), Esther, Jacob, Ozée (Marchegay, via Majou), Ésaïe (Charretier, via Majou) ; etc.

2. Doubles prénoms « protestants-catholiques » chez les Lespinay

Gabriel-Fleurant
Samuel-Alexis
Samuel-Florent (x 2)
Samuel-François

3. Doubles prénoms « catholiques-protestants » chez les Lespinay

Alexis-Gabriel (cas discutable)
Charles-Samuel
Louis-Gabriel
Louis-Jacob (x 2)
René-Jacob

Voir, pour d’autres informations, le site « Comment identifier des protestants » http://www.roelly.org/~pro_picards/identifier.htm

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 06:46

Les Lespinay de Plessé et le trésorier Jean IV de Lespinay

Introduction

           
            Depuis de longues années, nous accumulons des données sur les Lespinay et leurs relations familiales, au début de façon très généalogique et peu scientifique, à Nantes, à Angers, à Paris et à Bruxelles. Après des études universitaires de droit et d’histoire, nous avons été tenté un moment par une thèse sur la succession du Perreau, clé importante de la stratégie d’ascendance des Lespinay dans la société du XVIe siècle. Notre doyen, historien du droit, nous en a découragé car à l’époque un tel sujet n’était pas considéré comme sérieux, trop élitiste (la noblesse), trop régional (la Bretagne, les Pays-Bas espagnols), trop impliqué (nos propres ancêtres) donc sans le recul scientifique nécessaire et la portée générale requise. Même un article ne nous était pas conseillé.

           Après les thèses des historiens Jean Kerhervé (1986), puis Dominique Le Page (1995) sur les financiers bretons et les poursuites intentées contre eux, et enfin celle de Nicole Dufournaud sur les femmes au XVIe siècle dans la France de l’Ouest (2007), excellentes sur de nombreux points, mais erronées et parfois outrancières en ce qui concerne les Lespinay et un certain nombre de victimes des pouvoirs d’alors, il nous a été de nouveau déconseillé d’écrire un article pour faire le point. Cet article aurait été jugé comme non scientifique puisque fait par un descendant, donc partial, face à des travaux scientifiques soutenus brillamment devant trois jurys de très haut niveau. Or, comme le montre la thèse de Nicole Dufournaud (2007) ou le livre du grand historien Georges Minois (1999), on peut s’égarer en reprenant sans les vérifier les thèses et les hypothèses des autres.

Le problème est qu’il est très difficile de réussir des travaux comme ceux qui ont été menés, sans faire une prosopographie poussée des principaux acteurs étudiés, ce qu’ont tenté les auteurs, souvent brillamment. Or ces travaux, remarquables au vu du nombre considérable des acteurs étudiés et des archives utilisées, malgré des études de cas poussées, démontrent en ce qui concerne les Lespinay une insuffisance qui a entraîné des erreurs monumentales accompagnées de jugements de valeur déplacés chez des historiens, d’interprétations fausses ou hasardeuses (mais par ailleurs, ils nous apprennent beaucoup sur les Lespinay et leur entourage, ou « réseau »). Il est possible de juger des actions du passé à partir de la déontologie du présent, mais il faut aussi tenir compte de la façon dont le droit est perçu à l’époque concernée tant par le pouvoir que par les justiciables ou les sujets de droit. Ce travail n’a pas été réellement fait par les auteurs cités (malgré les efforts de Nicole Dufournaud, non juriste) et c’est dommage car ils en avaient les moyens puisqu’ils disposaient de nombreux documents, dont les mémoires en défense écrits par les héritiers afin de tenter d’échapper aux poursuites intentées par le pouvoir et aux dettes de leurs proches à l’égard de l’État.

 

1. Des interprétations hasardeuses

Commençons par certaines interprétations fausses ou hasardeuses, avant d’aborder quelques erreurs aux conséquences lourdes, car ce sont ces interprétations et les jugements de valeur qui les accompagnent qui ont rendu les erreurs commises plus graves encore par les implications qui seraient considérées aujourd’hui comme injurieuses à l’égard de 4 générations de Lespinay (sans compter les accusations directes et les sous-entendus à l’égard des autres membres de cette famille).

Le dossier d’instruction des responsabilités des financiers bretons aux XVe-XVIe siècles paraît être un dossier presque uniquement à charge, alors que les auteurs donnent des informations qui auraient pu être utilisées à décharge, ou en citent d’autres qu’ils n’explorent pas parce qu’à décharge et donc viciées par la partialité des coupables (n’y a-t-il pas aussi partialité de l’accusateur ?). C’est l’impression générale qui se dégage des travaux cités et des articles ultérieurs des auteurs. Il est vrai que les accusations portées par le pouvoir français contre Jean IV de Lespinay, trésorier général de Bretagne, sont suffisamment graves pour entraîner une condamnation à mort, selon la jurisprudence pénale de l’époque, ce que son décès en 1524 lui a évité. Ce fut le cas de Jacques de Beaune, surintendant des finances de François Ier, pendu en 1527 sans preuves suffisantes (ses malversations se sont révélées inexistantes par la suite).

Les interprétations se fondent pour la plupart sur le rapport d’un petit officier, Cosnoal, qui avait été récusé un moment par le trésorier Lespinay pour, semble-t-il, des erreurs de gestion. Les accusations de Cosnoal contre les financiers bretons, reprises par la Chambre bretonne des comptes et le pouvoir royal, demandent donc à être prises avec précautions. En outre, au début du XVIe siècle, les méthodes de gestion des finances publiques sont en train de changer : ce qui était « normal » au XVe siècle – dont les rares moyens de rémunérer les comptables publics (redevables comme aujourd’hui sur leurs biens propres), non payés – n’était plus admis dans la France qui s’unifiait après la mort d’Anne de Bretagne en 1514.

1) Première interprétation par le degré d’absurdité : l’acceptation d’une succession sous bénéfice d’inventaire serait un moyen pour les « héritiers » de refuser leur responsabilité, une escroquerie, un vol, une malhonnêteté flagrante à l’égard de l’État. Ce serait aussi un moyen de faire traîner la reddition des comptes pour s’enrichir un peu plus, puisque l’héritier sous bénéfice d’inventaire serait censé continuer à faire du profit pendant l’inventaire, par exemple grâce à des indemnités versées pour rendre les comptes. En fait, cette accusation vient du rapport Cosnoal, repris par le pouvoir. Or l’acceptation d’une succession sous bénéfice d’inventaire était pratiquée dans la plupart des régions de France, de droit écrit comme de droit coutumier, et elle existe toujours aujourd’hui dans le droit français afin d’éviter d’obliger des héritiers à accepter une succession trop onéreuse pour eux.

2) Autre affirmation : il serait anormal que quelqu’un qui refuse une succession tente d’échapper à l’obligation de rendre des comptes sur cette succession, et donc normal que l’on mette en prison « l’héritier » défaillant qui a voulu échapper à ses « obligations », comme cela a été le cas de Guillaume de Lespinay, petit-fils du trésorier Lespinay (décédé sans avoir rendu ses comptes sur 8 années). Les auteurs ont même assuré que Guillaume de Lespinay avait quelque temps échappé sournoisement à ses obligations grâce à l’aide des Rohan : c’est possible, mais c’est une interprétation. En fait, rien ne dit dans les textes juridiques d’alors qu’un héritier sous bénéfice d’inventaire a l’obligation de faire lui-même cet inventaire, même si c’est une pratique qui a perduré jusqu’à la Révolution. C’est à la demande de « l’héritier » que cette possibilité lui est offerte. Lorsqu’il ne souhaite pas ou plus remplir cette charge, il peut se soustraire cependant à cette obligation en refusant définitivement la succession. Les poursuites contre les descendants non héritiers sont une pratique habituelle des Chambres des comptes et du pouvoir, contraire au droit, qui permet au pouvoir de se payer sur les biens d’autres personnes non débitrices à son égard, mais à qui incombe la charge de la preuve contraire…

3) On affirme aussi que les héritiers qui sont chargés de la reddition des comptes font exprès de faire traîner la remise des comptes pour gagner de l’argent (« pour les contrôlés, un impératif : gagner du temps », Guillaume de Lespinay est donné comme l’exemple-type, uniquement à partir du dossier à charge du procureur de la Chambre des comptes). D’une part, tous ne sont pas payés, ou indemnisés, pour le travail effectué. D’autre part, malgré les indemnités parfois versées, ils n’ont pas la possibilité de faire leur travail, faute d’entrer en possession des documents utiles. Etant « héritiers », il est normal que le pouvoir se méfie d’eux et leur donne au compte-goutte ces documents. Cependant, on ne peut tous les accuser d’utiliser l’acceptation sous bénéfice d’inventaire couplée avec l’utilisation « systématique » de délais qui paraissent fort long au pouvoir (et aux historiens), surtout lorsqu’ils sont en prison, pour « rober » le roi à l’instar des accusations portées contre le défunt dont ils doivent rendre les comptes. Et si les héritiers sont tous des escrocs, pourquoi leur confier la reddition des comptes ? Il aurait fallu s’intéresser à la mauvaise foi systématique de l’administration, pressée par le roi de faire rentrer des fonds et ne pas envisager systématiquement les désaccords entre institutions judiciaires comme dues aux manœuvres non justifiées de Guillaume de Lespinay. On ne peut hélas demander aux historiens d’être compétents en droit, mais dans ce cas ils auraient dû être plus réservés...

4) Les financiers pratiquaient outrageusement le cumul des charges et les malversations : si les Lespinay se sont enrichis à Plessé c’est qu’ils étaient financiers et donc malhonnêtes, depuis plusieurs générations, cumulant plusieurs charges financières (ferme des impôts, recettes ducales, activités notariales, etc.). En fait, l’enrichissement de Jean III ne semble pas lié aux éventuelles fonctions financières qui ont pu lui être attribuées (en 1446, et 1460-1465) et ses achats dont on est sûr ne sont pas nombreux, très étalés dans le temps et sans lien apparent avec ses activités supposées. Rien ne prouve l’existence d’une lignée de financiers, de notaires ou de gens malhonnêtes chez les Lespinay (ou les Parageau ou toute autre famille de financiers). Il faudrait prouver l’existence d’une « lignée », de « financiers » avant Jean III, de « notaires », de « malhonnêtetés » : on affirme ici sans preuve. Les valeurs supposées « détournées » ne sont pas étudiées (rentes, valeurs foncières), pas plus que n’est estimée en contrepartie la valeur du travail effectué et des dépenses engagées. Tout achat de biens est supposé fondé sur une malversation…  dont le montant estimé est pourtant très largement supérieur à la valeur de ces biens, comme c’est le cas pour le trésorier Lespinay. Où est passé le reste des sommes supposées détournées ?

5) Si les héritiers du trésorier étaient poursuivis, c’est donc que le trésorier était coupable. C’est en effet lui qui a eu le plus d’activités financières, considérées comme malhonnêtes. Certains de ses « cousins » Pinart (le lien de parenté reste à prouver) ayant été inquiétés pour la gestion de leurs charges financières, il était normal que Jean IV de Lespinay soit, comme son père, aussi peu honnête qu’eux. Pour monter ces accusations, 1) on est parti des poursuites relatives à la gestion du trésorier, après sa mort, estimées fondées même sans preuves, 2) on a ensuite, pour justifier le dossier à charge, diabolisé à rebours toute son existence, celle de ses ancêtres, celle de ses cousins, l’utilisation de son réseau familial, et 3) on a enfin soupçonné et même accusé sa descendance de complicité sur trois générations…

6) Si l’État accuse, c’est qu’il a des raisons. Les mémoires en défense des poursuivis ne sont pas recevables parce que de mauvaise foi. La mauvaise foi du pouvoir lui-même n’est pas réellement envisagée. Même la maladie de Guillaume de Lespinay qu’il invoque pour sortir de prison est considérée comme une échappatoire ; et pourtant il meurt épuisé à 45 ans après avoir rendu tous les comptes de son grand père, uniquement sur le passif (83.465 livres) puisque les documents relatifs à l’actif ne lui auraient pas été fournis (mais un document parle d’acquits pour un montant d’un million-or retenus par la Chambre des comptes de Nantes pour rembourser les créanciers…). En outre, on ne parle plus des créances du trésorier sur le duché (environ 60.000 livres) : ont-elles été remboursées ? On ne parle pas non plus de la valeur des biens saisis (moins de 20.000 livres) qui aurait dû aussi venir en déduction du passif. C’est pourquoi D. Le Page suppose que cette valeur n’a pas été comptée, peut-être pour punir le trésorier de son crime… Guillaume laisse à sa mort sa femme, son fils Pierre et son frère Samson se battre au nom des Lespinay et des du Chaffault pour défendre leurs droits, non pas sur l’héritage du trésorier qu’ils ont refusé, mais sur les biens qui ne faisaient pas partie de cet héritage et qui ont été saisis, donnés et parfois vendus.

7) Jean IV de Lespinay aurait commis de colossales malversations, se montant à plus de 80.000 livres. Et cependant, d’autres ont des comptes en déficit pour des montants plus élevés, sans pour autant être considérés comme colossaux : par exemple 100.000 livres pour Olivier Barrault en 1500, Gilles Lesné en 1525 et Charles Luillier en 1529, uniquement pour la Bretagne. Pourquoi cette différence de traitement ?

8) Les mariages des Lespinay sont faits en vue de voler la famille alliée. Les Lespinay, de même que Jean des Roussières volent même leurs enfants. Les mères volent leurs filles, etc. Ces affirmations (Nicole Dufournaud) viennent d’une méconnaissance du droit coutumier, en particulier breton. Le fait que des filles soient citées comme « juveigneures » ne leur donne pas un droit égal aux biens de la succession. La part principale de l’aîné, monopolisant les biens nobles du père, est attribuable à la fille aînée en l’absence d’héritier mâle. Il est donc normal en droit coutumier que les filles « cadettes » n’aient pas les mêmes droits que l’aînée, de même que les filles n’ont pas les mêmes droits que les garçons (on peut ne pas être d’accord aujourd’hui et l’écrire, mais il faut aussi et surtout tenir compte des us et coutumes de l’époque).

9) Chez le même auteur, les douaires des épouses sont considérés comme un vol des héritier(e)s du défunt mari, alors que le système des douaires, qui bloquent le partage final de la succession d’un père même y compris pour les enfants d’un premier lit, est tout à fait normal en droit coutumier breton. L’auteur fait cette constatation chez Jean des Roussières mais ne le note pas pour Louis du Perreau où les douaires sont bien plus importants et objet d’une longue procédure judiciaire.

10) Les contrats de mariage seraient en pays de droit coutumier le moyen de contourner les règles coutumières et les usages locaux. Nous savons que, si les contrats sont autorisés par le droit, ils ne peuvent être contraires au droit, coutumier ou non. Par conséquent, le contrat de mariage ne peut déroger au droit coutumier que si cela est précisé dans ce droit lui-même. En règle générale, le contrat précise les règles coutumières, les interprète ou intervient dans des domaines non clairement explicites. L’utilisation du terme « contourner » est un procès d’intention.

11) Les Lespinay (Jean IV, Jean V son fils, Guillaume son petit-fils) ont intérêt à voir mourir au plus vite Marie du Chaffault, épouse de Guillaume, pour s’enrichir. Affirmation surprenante, d’autant plus qu’il s’agit d’une alliance hypergamique au profit des Lespinay dont la valeur n’est réelle qu’en cas de naissance d’une descendance qui héritera ainsi du sang illustre de la mère. Or les mariages ne semblent vus (par N. Dufournaud) que comme moyens d’enrichissement et non comme moyens d’ascension sociale ou de constitution de clientèle ou de réseau, comme l’a très bien montré l’historien Michel Nassiet.

Etc. etc.

 

2. Des erreurs décisives

Les erreurs sont peu nombreuses au vu de l’énorme travail effectué par les auteurs cités, mais elles ont des conséquences fâcheuses aussi bien pour la connaissance historique que pour l’image des Lespinay et de leurs alliés. Nous n’en donnerons que quelques unes, succinctement.

-      Cumul des offices du futur trésorier : les chevauchements sont plus rares qu’affirmé et les offices sont souvent partagés entre plusieurs titulaires. La correction des erreurs de dates montre que les cumuls ont été provisoires et peu nombreux. Il y a de plus confusion entre le trésorier et son fils homonyme. Enfin, le degré d’enrichissement par rapport aux coûts des offices n’est pas évalué.

-     Oubli des créances personnelles du trésorier sur le trésor, supposées remboursées avant sa mort puisque le trésorier était « malhonnête ». Mais en 1500, il était déjà « malhonnête » et cependant créancier (on suppose sans preuve qu’il a prêté au duché l’argent volé au trésor en faisant croire que c’est le sien, escroquerie passible de la peine de mort).

-       Oubli des créances détenues par le trésorier sur les débiteurs du trésor ducal. On n’a retenu que les dettes. Cependant, le trésorier a fait savoir en 1523 que, par exemple, il détenait des créances sur M. de Lanvaux, financier décédé, qu’il n’arrivait pas à recouvrer. Dubitativement, les auteurs font savoir que la Marquise de Lespinay par deux fois cite l’exemple de M. de Lanvaux qu’ils n’ont pu vérifier, alors même que la source concernant ce document est mentionnée dans l’ouvrage sur Jehan le trésorier et qu’elle se trouve parmi les documents du fonds des Carrés de d’Hozier, que les auteurs ont consultés.

-      Oubli des biens personnels du trésorier, venus en caution des impôts non rentrés : pourquoi dire qu’il s’est enrichi de façon outrancière si ses biens saisis n’ont pas pu compenser les détournements qu’il était censé avoir fait ? Où a-t-il caché le reste de son « immense fortune » ?

-         Certains alliés des Lespinay seraient d’origine « italienne » : les Carheil, les Spadine, les Guiolle, etc., tous des « marchands » à l’origine, ce qui montrerait la vénalité des Lespinay. Rien ne vient confirmer cette affirmation, en dehors d’une tradition tardive et invérifiable relative aux Carheil. Toutes ces familles ont une histoire bien locale et noble depuis le début du XVe siècle. Il faudrait remonter avant pour une éventuelle origine étrangère (comme les Spadine, dont le nom serait anglais et pas italien).

-         Une partie des biens des épouses du fils et du petit-fils du trésorier a aussi été saisie, ce qui est soit une erreur, soit un abus de droit. Aucun des auteurs ne le mentionne alors que toutes les sources le disent clairement (mais elles sont à décharge…). En effet, Jean V et son fils Guillaume n’ont pas été héritiers de Jean IV de Lespinay, et en outre les biens de leurs épouses, totalement étrangères aux poursuites contre le trésorier et à sa famille, ne pouvaient être saisis. Il faudra des années pour en récupérer certains, dont Lanvaux et Auvers, déjà vendus aux Rohan (ce sont des terres de l’héritage Ploesquellec auquel ils étaient intéressés) et jusqu’à 40 ans pour récupérer les douaires de l’une des brus, Anne (Agnès) de St-Marsault, mariée trois fois.

-         La récupération de ces biens a été considérée comme un vol, une escroquerie manifeste de Guillaume de Lespinay à l’égard de l’État. Or les archives lues par les auteurs cités, de même que le livre de la Marquise de Lespinay sur le trésorier donnaient toutes les réponses… D’ailleurs, les auteurs rappellent à certain moment que Marie du Chaffault apporte lors de son mariage Auvers et Lanvaux en usufruit au trésorier ; ensuite ils les considèrent comme les propriétés du trésorier, alors qu’ils ont les moyens de voir qu’il s’agit d’une erreur (volontaire) du pouvoir pour se payer, à l’origine d’une longue procédure dont plusieurs traces explicites existent.

-      Nicole Dufournaud part de ces constatations peu élogieuses sur les Lespinay pour essayer de trouver pourquoi on n’a pas fait "rendre gorge" à Pierre de Lespinay, arrière-petit-fils du trésorier, comme on a essayé de le faire avec son petit-fils Guillaume. Elle reprend l’erreur relative aux terres de Lanvaux et Auvers, supposées volées par les Lespinay, et croit découvrir le pot aux roses en disant que Pierre de Lespinay a épousé en Eléonore du Perreau une « cousine germaine », pour récupérer les biens des Lespinay donnés aux du Perreau. Hélas, c’est une grossière erreur, la vérité étant bien plus intéressante (et plus susceptible encore de jugements négatifs de la part des auteurs cités) comme on le verra plus loin dans le chapitre relatif aux alliances des Lespinay.

-       Elle analyse fort mal la vie d’Anne de St-Marsault qu’elle croit occupée uniquement à assurer une succession, alors qu’elle a essayé toute sa vie, et réussi, à protéger ses enfants et elle-même tout en s’assurant des douaires très importants au détriment de ses époux successifs. Elle oublie aussi qu’elle était dame d’honneur de la duchesse d’Angoulême. Dans une thèse qui s’intéresse à la femme au XVIe siècle, elle n’a pas pu voir l’importance de l’exemple d’Anne de St-Marsault, celle de Jacqueline de Rymerswael ou celle enfin d’Eléonore du Perreau, toutes mariées à 16 ans pour satisfaire des intérêts familiaux menés par des hommes (et Marie du Chaffault, mariée à 12 ans ?) mais qui ont pu récupérer une bonne partie de leur pouvoir à travers divers actes où leurs intérêts apparaissent bien protégés. Elle affirme qu’aucun membre de la famille d’Anne ne contrôle ses secondes noces, alors que son frère Samson de St-Marsault est présent et mentionné dans le contrat de mariage. Il l’a probablement raccompagnée en Bretagne après son tour de Gascogne et de Poitou, pour l’assister en tant qu’aîné de ses frères vivants et membre du conseil de famille des filles mineures.

-       Rien ne prouve que l’amende féodale dont Jean de Laval menaçait Anne de St-Marsault ait été versée, puisque ses filles ont finalement été mariées dans le comté nantais comme l’exigeait le suzerain des filles du Chaffault. Mais comme la Marquise de Lespinay l’écrivait dans son livre sur le trésorier, cette affirmation est reprise telle quelle, alors que les textes disponibles n’en disent rien, mais au contraire montrent qu’à l’occasion du double mariage du Chaffault et St-Marsault, les Lespinay ont dû verser 10.300 livres, soit 5000 livres par épouse plus 300 livres, entre les mains de Guillaume Loysel, vassal et homme de confiance des du Chaffault. N. Dufournaud croit par erreur que cette amende visait le mariage d’Anne de St-Marsault et fait d’un faux mystère du paiement de l’amende une éventuelle collusion entre les Lespinay et leur suzerain, qui n’a probablement pas existé. En outre, la menace d'amende a été faite par le suzerain un an après le mariage de 1514 et le versement des 10.300 livres de dot, que les historiens ont pris pour une amende...

-       La même collusion est soupçonnée avec les Rohan de Blain alors que les Lespinay ont dû leur racheter partiellement les fiefs d’Auvers et Lanvaux faisant partie de l’héritage Chaffault-Ploesquellec, saisis et vendus abusivement par la Chambre des comptes de Nantes. Une troisième collusion est même soupçonnée puisque les Lespinay n’auraient pas payé les dettes du trésorier, bien que non héritiers, et alors que le patrimoine du trésorier a été saisi, une partie vendue et l’autre donnée à un conseiller du roi (Louis du Perreau), relation des Lespinay par ailleurs.

-        On affirme que Guillaume n’apparaît pas dans son contrat de mariage, ce qui est faux car il y apparaît en bonne place à plusieurs reprises. En général les règles décrites dans le double contrat de mariage Lespinay – du Chaffault – St-Marsault sont mal comprises. Il n’y a pas de "communauté" entre les Lespinay face aux du Chaffault. L’un, le trésorier, est l’usufruitier et des règles (habituelles) sont prévues en cas de décès des uns et des autres, les Lespinay s’engageant solidairement à respecter le contrat à l’égard des filles du Chaffault et de leur mère quelle que soit l’évolution de la situation. En outre, N. Dufournaud n’a pas vu que l’apport auquel les Lespinay se sont engagés pour le mariage de chaque sœur est de 5.000 livres et non de 1.000 livres, ce qui explique le premier versement de 10.300 livres mentionné en fin de contrat. Etc.

-         On nous signale que la parenté des filles du Chaffault n’était pas dupe de la mainmise des Lespinay sur la maison du Chaffault puisqu’elle aurait fait ajouter dans le contrat une clause lui donnant un droit de regard, alors même que c’est une règle du droit coutumier breton d’organiser un conseil de famille lorsque le père est décédé, d'autant plus lorsqu’il n’y a que des filles. Pourquoi chercher une « duperie », une « mainmise » qu’il a fallu contrebalancer par une clause habituelle et dont la mention n’est pas obligatoire dans le contrat puisque le conseil de famille est une institution par ailleurs classique ? Puis on nous ajoute l’existence d’un frère de Jean du Chaffault qui aurait dû prétendre à ses biens, ce qui sous-entend une duperie de plus. Or, Jean du Chaffault n’a pas de frère vivant, ou d’héritier masculin vivant lors de sa mort en 1512, ni d’ailleurs lors de la mort de sa cousine Pont-L’Abbé en 1499. Les règles successorales nobiliaires sont précises et si ce frère avait existé, bien que cadet, on l’aurait vu intervenir dans l’une des successions (Ploesquellec et du Chaffault) pour une part des biens roturiers ou par droit de rachat ou de retrait lignager sur les biens nobles. Cela n’a pas été le cas.

-       On affirme aussi que les Lespinay n’ont pas respecté le contrat de mariage en ne portant pas le nom des du Chaffault. Il est évident que tous les actes que nous connaissons montrent au contraire que tous les aînés ont porté pendant un siècle le nom des du Chaffault, mais sans abandonner le nom de Lespinay, porté en outre par tous les cadets. Il est ajouté que cette clause qui obligeait les descendants à porter le nom et les armes des du Chaffault est « étonnante », alors qu’elle est relativement fréquente et que Guillaume a un frère cadet, Robert, seigneur de Mallarit, qui conserve le nom de Lespinay. Par la suite un autre (demi-)frère va naître du mariage de Jean V avec Anne de St-Marsault, nommé Samson. Robert et Samson n’ayant pas d’enfants, les Lespinay vont se sentir partiellement dégagés de leur obligation d’abandonner le nom lignager. Mais ils porteront longtemps les deux noms, avec les armes écartelées, jusqu’à la vente de la terre du Chaffault.

Beaucoup d’erreurs du même type sont dues à la méconnaissance du droit de la famille et des biens au XVIe siècle. Mais le droit n’est pas seul en cause. Chez N. Dufournaud, le dossier prosopographique n’est pas maîtrisé : elle s’émerveille de la longévité surprenante d’Anne de St-Marsault (ca.1480-1538 : 58 ans) et de Marie du Chaffault (ca.1500-1555 : 55 ans), et cependant aucune n’a atteint 60 ans alors que le trésorier a atteint 80 ans. Elle ne connaît pas l’ouvrage de la Marquise de Lespinay sur Pierre de Lespinay, où il est clairement montré que Jacqueline de Romerswael est fille d’Adrien et de Jeanne de Grimberghe : alors elle en fait la fille d’Anne (ou Agnès) de St-Marsault, probablement à partir d’une mauvaise lecture des deux contrats relatifs au mariage Lespinay – du Perreau, erreur qui lui fait « résoudre », croit-elle, l’affaire du trésorier à la suite de Dominique Le Page, mais dans une mauvaise direction. Les généalogistes sont accusés de ne jamais s’occuper des ascendances féminines, ce qui est totalement faux, bien au contraire. Elle écrit aussi qu’à aucun moment « l’affaire » du trésorier n’est rappelée dans le contrat, alors qu’au contraire, à plusieurs reprises, est mentionnée la procédure des héritiers d’Anne de St-Marsault conduite par Samson de Lespinay contre Jacqueline de Rymerswael et ses enfants du Perreau, relative aux séquelles de « l’affaire ». Elle ne semble pas se rendre compte non plus que le mariage Lespinay – du Perreau a lieu au temple de Blain, alors que le contrat exigeait un mariage catholique. Etc.

Néanmoins, nous encourageons vivement les passionnés d’histoire bretonne et familiale à lire les travaux cités qui leur apporteront matière à réflexion. Les membres de la branche aînée des Lespinay descendent de plusieurs financiers incriminés dans ces travaux : les Beaune, Briçonnet, etc. Cela donne aussi matière à réflexion…
 

Il ne s’agit pas ici de prendre parti mais d’assumer ses ancêtres, sans s’enfoncer dans les analyses marxistes de l’histoire, les jugements de valeur avec des relents de lutte des classes. Il y a eu de tout temps de fortes inégalités économiques et sociales. Il est important de les étudier et de voir comment a évolué la société, à la recherche d’une meilleure justice et d’une meilleure égalité entre les êtres humains. À côté des paysans pauvres, les Lespinay étaient « riches ». Au début du XVe siècle, leur richesse ne dépassait pas celle de paysans moyens, si certaines rémunérations en tant qu’hommes d’armes ou officiers administratifs ne leur avaient pas permis d’émerger progressivement. Ensuite, ils sont restés membres de la petite noblesse, bien que riches en terres et malgré deux alliances au sein de la moyenne noblesse, elle-même alliée à la grande noblesse. Ces compartiments sociaux au sein de la noblesse étaient assez rigides, les liens de vassalité remettant chacun à « sa » place. Les Lespinay de la branche aînée, comme d’autres, ont aussi des ancêtres non nobles, en particulier des serfs francs-comtois dont les archives ont été conservées (le servage a duré en Franche-Comté jusqu’à la révolution). Cette diversité est une richesse, si par hasard on oublie que la révolution de 1789 a voulu faire de tous des êtres libres, égaux et fraternels…

 

       Charles de Lespinay
La Mouhée 85110 Chantonnay

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 06:00

Parenté Du Chaffault

Exemples de « doubles » mariages (XV-XVIe siècles)

 

 

Jean V de Lespinay = 1° ca. 1489 Hélène de Marbré
          │                  
en 1514 Anne/Agnès de St-Marsault = ca.1500 Jean du Chaffault
                                                                                   
                                                                                    
Guillaume de Lespinay 
(né ca. 1501)  =  Marie du Chaffault (née ca. 1501)
                                                  (en
1514)

 

 

À l’occasion du mariage de Guillaume de Lespinay avec Marie du Chaffault, le père de Guillaume veuf d’Hélène de Marbré épouse la même année Anne de St-Marsault, veuve de Jean du Chaffault et mère de la mariée. Anne de St-Marsault est née au plus tôt ca. 1480, elle a donc entre 30 et 34 ans lors de son deuxième mariage, alors que sa fille et son gendre ont 12 à 13 ans. C’est un mariage « arrangé » permettant d’assurer l’éducation des enfants en bas âge des époux et d’assurer un statut et une protection à la veuve, en échange d'une alliance "hypergamique" en faveur des Lespinay (une alliance dans un milieu social plus élevé).

 

 

 

Jean I du Pont-L’Abbé = 1° en 1440 Marguerite de Rostrenen
                               
ca. 1460 Anne de Penhoët  = en 1443 Maurice de Ploesquellec
                                                                           
                                                                          

Charles du Pont-L’Abbé
(né ca. 1445)  =  Jeanne de Ploesquellec (née ca.1445)
                                                 
(ca. 1460)


À l’occasion du mariage d’Anne de Penhoët avec Jean du Pont-L’Abbé, ou peu après, la fille du premier mariage d’Anne épouse le fils du premier mariage de Jean du Pont, tous deux âgés d’environ 16 ans. Il est possible néanmoins que le cas de figure soit identique à celui de Marie du Chaffault : ce serait à l’occasion du mariage de la fille que la mère épouse le beau-père de sa fille. Comme pour le cas précédent, il y aura au moins un enfant du second mariage de la veuve, Catherine du Pont, qui épousera en 1481 Olivier du Chaffault. Les alliances sont ici "homogamiques" (entre milieux sociaux identiques).

 

 

 

Guillaume de Rochefort  = 1° ca. 1410  Marguerite de La Lande
                                  
en 1413  Durable Gestin = en 1400 Thibault du Chaffault
                                                                         

                                                                          
Marie de Rochefort
(née ca. 1412)  = Sylvestre  IV du Chaffault (né ca. 1410)
                                           
(en 1442)

 

 

Après avoir élevé la fille de son second mari, dont la 1re femme a dû mourir en couches, Durable Gestin voit celle-ci épouser le fils de son premier mariage avec Thibault du Chaffault (mort ca. 1412). Ce schéma est aussi fréquent, sinon plus, que les précédents, les deux enfants ayant été élevés ensemble par de jeunes veufs remariés en particulier pour donner une famille à leurs enfants : au lieu d’être considérés comme des demi-frère et sœur « de cœur », dont le mariage est en général évité, ils ont un statut se rapprochant de celui des « cousins » croisés, dont le mariage est autorisé. Ils se marient cependant tous deux tardivement, à environ 30 ans passés. En 1413, ils étaient trop jeunes pour se marier (entre 1 ans et 3 ans !). Il existe aussi des cas où le mariage a lieu entre le fils du veuf et la fille de la veuve, tous deux élevés au même foyer, leur statut étant aussi considéré comme identique à celui des cousins croisés. Ces pratiques matrimoniales, relativement fréquentes au XVe siècle, vont s’atténuer ensuite, l’Église catholique proscrivant les mariages « consanguins », c’est-à-dire entre parents jusqu’au 7e degré canonique (7 générations !), sauf dérogation.

 

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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 04:45

La famille du Chaffault


            Les du Chaffault sont des cadets de la maison de Rezay (Rezé, près de Nantes, dans le pays de Retz). De toute ancienneté, par les documents d’archives comme par des témoignages anciens (dont la valeur est, certes, toute relative), il est affirmé que les du Chaffault sont « juveigneurs d’aîné » de Martin de Rezay. Thibault du Chaffault, arrière-grand-père de Jean du Chaffault (beau-père de Guillaume de Lespinay), se faisait appeler Thibault de Rezay dans plusieurs actes au début du XVe siècle.

Blason des Rezay

 

            Ce qui vient conforter cette tradition qui remonte aux premiers du Chaffault, c’est qu’une partie des fiefs des du Chaffault provient de l’ancien patrimoine des Rezay, lui-même issu des possessions des comtes de Nantes (mais aussi des seigneurs de Retz, comme le fief de Monceaux). Différents actes le rappellent.

Ainsi, les du Chaffault sont des cadets des Rezay. Une tradition, qui se retrouve à la fois chez les Rezay et les du Chaffault, rappelle qu’ils sont issus des Comtes de Nantes. Un acte de « commune renommée » du XVe siècle en fait état. Ces actes de commune renommée n’ont pas, de notre point de vue actuel, une valeur probante, mais à la fin du Moyen-Âge il était courant d’accepter comme preuve le « jurement » d’un certain nombre de témoins réunis par celui ou ceux qui voulaient prouver leurs droits. C’était, finalement, la partie qui réunissait le plus de témoins qui l’emportait. Ce n’était pas forcément la vérité qui sortait gagnante, mais ce système de preuve était admis et, semble-t-il, ne fonctionnait pas si mal puisqu’il y avait peu de contestations (il est vrai qu’il était difficile de contester le pouvoir du plus fort) ; il faut dire qu’il était peu utilisé…

A travers les sources disponibles, rien ne prouve que les Rezay soient un rameau cadet des Comtes de Nantes, d’où sont issus les Ducs de Bretagne, mais tout semble prouver qu’ils ont bien hérité de possessions de ces Comtes, qui les font relever directement du Duc, soit comme des gens possessionnés directement par le Duc, soit comme des parents du Duc. C’est ce qui fait dire que les Rezay descendent probablement des Comtes de Nantes par alliance avec une héritière du comté au XIe siècle.

               Les éléments qui précèdent comme ceux qui suivent proviennent d’archives. Il faut rappeler qu’une partie des archives de la branche aînée des du Chaffault a disparu en 1524 en même temps que les archives Lespinay et Marbré (les Lespinay étaient héritiers de la deuxième branche des Marbré, comme de la branche aînée des du Chaffault), lors de la saisie des biens meubles et immeubles du trésorier Lespinay, à l’occasion de leur transfert à la Chambre des comptes de Paris. La disparition lors de la révolution française des archives de la Chambre des comptes de Bretagne à Nantes n’a pas permis de retrouver d’éventuels documents provenant de cette saisie et non restitués.

La généalogie des du Chaffault est entièrement établie sur titres anciens et sur la série des dalles funéraires dont les dessins du XVIIe siècle se trouvent dans la collection Gaignières, publiés par Jean Adhémar, Gazette des Beaux-Arts, Paris, juil.-sept. 1974, t.1 (Jean Adhémar était Conservateur en chef du Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, professeur à l'école du Louvre et à l'université libre de Bruxelles, rédacteur en chef de la Gazette des Beaux arts). Ces dalles funéraires épigraphes sont très explicites, bien que les généalogistes actuels n’en tiennent aucun compte. Par ses alliances, la famille du Chaffault descend de la grande noblesse française :

  • -     les « grands » de Bretagne : Pont-L’Abbé, Rostrenen, Penhoët, Rougé, Rochefort, Pordic, Raguenel, Ancenis…
  • -     l’Anjou, le Poitou, l’Aquitaine : La Jaille, Thouars, Lusignan, Mauléon, Angoulême (Isabelle d’), Albret, Poitiers (Agnès de)…

 Les dalles funéraires épigraphes

            Ces dalles étaient situées dans l’église de l’abbaye de Villeneuve-lès-Nantes, « près de Nantes en Bretagne » (note sur les dessins de la collection Gaignières). Il s’agit de trois dalles, couvrant trois tombes et sept défunts : la première abrite Marie de Barnel (+1318) et Jeanne de Champcartier (+1321) ; la seconde Jean-Sylvestre (+1324) et Sylvestre du Chaffault (+1301), son père ; la troisième Sylvestre du Chaffault (+1370), son épouse Isabeau de La Jaille (+1353) et leur fils aîné Yvon.

1301 – décès de « Sevestre seigneur du Chaufault » (J. Adhémar, p.118, n°640 ; B.2565, B.N., Est., Rés.Pe 1f, f°36) ; mention sur le dessin : « Tombe proche le marche-pied de l’autel de la chapelle Sainte-Anne dans l’église de l’abbaye de Villeneuve », contenant les corps de Sevestre (+1301) et de Jehan Sevestre (+1323) ; homme en armure, armes : Lion rampant couronné, armé et lampassé.

1318 – décès au mois de novembre de « Madame Marie Dame de Barnel, femme Monsour Sevestre seigneur du Chaufault » (J. Adhémar, p.117, n°636 ; B.2935 B.N., Est., Rés.Pe 1h, f°174) ; mention sur le dessin : « Tombe de pierre au milieu de la chapelle de Sainte-Anne dans l’église de l’abbaye de Villeneuve, près Nantes en Bretagne ». Marie de Barnel était dame de Monceaux (démembrement du duché de Retz).

1321 – décès au mois de décembre de « Jehanne de Chaume-Chartier femme Sevestre seigneur du Chaufaut » (id., p.117, n°636, même dalle funéraire, même source).

1323 – décès le jour de la Trinité de « Messire Jehan Sevestre seigneur du Chaufaut » (J. Adhémar, p.118, n°640 ; même source et dalle que 1301).

13.. ( ?) – décès d’Yvon du Chaffault, fils aîné de Sevestre et d’Isabeau de La Jaille sa femme (J. Adhémar, p.153, n°849 ; B.2567, B.N., Est., Rés.Pe 1f, f°38). Cf. mention suivante.

1353 – décès d’Isabeau de La Jaille (J. Adhémar mentionne par erreur à la place d’Isabeau, sa mère Marguerite de Rochefort) : « Ci gist Ysabeau fille du seigneur de la Jaille et de dame Marguerite fille du seigneur de Rochefort et de la fille Gui Vicomte de Thouars, femme Monsour Sevestre du Chaufaut qui trespassa au mois d’octobre l’an 1353 ». Cette dalle nous donne une filiation (ignorée par les généalogistes) sur trois générations de personnages jugés importants, y compris par les du Chaffault. Source : J. Adhémar, p.153, n°849 ; B.2567, B.N., Est., Rés.Pe 1f, f°38. Le dessin mentionne : « Tombe à droite proche le mur dans la chapelle de Sainte-Anne dans l’église de l’abbaye de Villeneuve ».

1370 – décès de Sevestre du Chaufaut : « Ci gist Monsieur Selvestre du Chaufaut chevalier seigneur du Chaufaut, de Monceaux et de La Lemozinière qui trespassa le jeudi jour la Chandelor l’an 1370 » (J. Adhémar note 1371 comme date de la mort). Mêmes source et localisation que la précédente.


Généalogie simplifiée des du Chaffault 

Lors du mariage de Guillaume de Lespinay et de Marie du Chaffault, les principaux fiefs de la famille du Chaffault sont les suivants : Le Chaffault, Monceaux (pays de Retz), La Limouzinière, La Marzelle, La Sénardière (Poitou), puis Lanvaux et Auvers en Fougeray (Bretagne). Monceaux vient des Barnel vers 1290; les fiefs du Poitou viennent des Gestin en 1400; Lanvaux et Auvers viennent des Ploesquellec par Catherine de Pont-L'Abbé en 1499. En 1413, Durable Gestin a épousé en secondes noces, après le décès (ca.1412) de Thibault du Chaffault, Guillaume de Rochefort, veuf de Marguerite de La Lande. C'est Marie de Rochefort, la fille de ce dernier avec Marguerite de La Lande, morte semble-t-il en couches, qui épouse Sylvestre IV du Chaffault en 1442, âgée d'environ 30 ans.

Isabeau de La Jaille, qui épouse Sylvestre III du Chaffault vers 1349, est, rappelons-le, fille de Marguerite de Rochefort et arrière petite fille de Guy, Vicomte de Thouars, ce qui est une alliance jugée suffisamment importante pour être mentionnée sur une dalle funéraire.

 
                       K. de Rezay (1149)

Guillaume de Rezay     Haimeric de Rezay
    (1201, 1226)                  (1226)
 
Sylvestre de Rezay        Martin de Rezay
  (1247)                                
                                         
  Branche aînée                 Sylvestre           Marie de Barnel
(éteinte au XVIe s.)        du Chaffault   =   dame de Monceaux
                                (viv.1271, +1301)          (+1318)
                                            

                                          Jean            N. Raguenel
                                    du Chaffault = fille de Robin Raguenel
                                       (+1324)
                                            
                                      Sylvestre II             Agnès
                                    du Chaffault  =  de Champcartier
                                        (+1330)             (+1324)
                                            
                                     Sylvestre III    1° Marie du Bodel s.p.
                                     du Chaffault = 2° Isabeau de La Jaille (+1353)
                                        (+1370)       3° Aliette des Bouchaux
  2° ┌────────────┬───────┴──── 3° ─┐
   Yvon,               Thibault                      Jamet,
Sylvestre         du Chaffault    Durable    Sylvestre,
    s.p.             dit de Rezay = Gestin      Alain
                                  (1400)
                       Sylvestre IV          Marie
                       du Chaffault = de Rochefort
                                   (1442)
   ┌──────┬───┴─────────────┬───────┐
Bertrand     Olivier            Catherine        Guillaume,       Sylvestre
   s.a.     du Chaffault = de Pont-L’Abbé   Pierre, évêque      
                          (1481)                        (+1488)              │
                 Jean II          Anne/Agnès                           Branche de
             du Chaffault = de St-Marsault                        La Sénardière
                  (+1512)           (+ca.1538)
      ┌──────────┬─────┬─────┬──────┐
   Marie        Jeanne     Hélène    Catherine   Françoise    N. (+ jeune)
(Lespinay) (St-Geslin) (Goulaine)  (Brécel)    (Louaysel)
 


Cinq sœur du Chaffault ont été mariées par le trésorier Jean IV de Lespinay, dont quatre de son vivant. La 6e nous est inconnue. Ces mariages ont été faits dans le respect des engagements du contrat signé le 15 février 1514 entre Anne (Agnès) de St-Marsault, Jean IV de Lespinay, Jean V de Lespinay et Guillaume de Lespinay. Cependant, certains des conjoints ont dû réclamer pour se voir verser l’intégralité de la dot due et leur part d’héritage, dans la mesure où le solde des biens de la succession du Chaffault - St-Marsault n’a été restitué que fort tard aux héritiers après la saisie des biens du trésorier Lespinay en 1524.

En ce qui concerne le mariage de Jeanne du Chaffault avec Antoine de St-Geslin et celui d’Hélène du Chaffault avec Jean de Goulaine, seigneur de l’Audouinière, il s’agit d’alliances de niveau égal, homogamique, avec des chefs de branche cadette. Les alliances des plus jeunes : Catherine du Chaffault le 23 mai 1520 avec Christophe Brécel, seigneur de La Seilleraye, et Françoise du Chaffault en 1531 avec François Louaysel (Loysel) semblent être d’un niveau social moindre, hypogamique, leurs époux étant de petite noblesse et vassaux des du Chaffault. François Louaysel était fils de Guillaume et de Françoise Malaisé. Quant à Christophe Brécel, il était docteur en droit, sénéchal de Nantes puis maître des requêtes de la maison de la reine en 1524, et son gendre François Gabard (anobli en 1547) était de la paroisse de la Limouzinière (Poitou) où se trouvait un fief important des du Chaffault.

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Published by Famille Lespinay - dans Jehan de Lespinay et sa famille
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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 00:40
Thèse de Nicole Dufournaud
Rôles et pouvoirs des femmes au XVIe siècle dans la France de l'ouest
EHESS, Paris, 2007

Extraits concernant les Lespinay

 

            Cette thèse, passionnante, montre néanmoins comment le raisonnement scientifique peut être vicié par les jugements de valeur de certains auteurs. Bien que dirigée lors de son DEA par Michel Nassiet, excellent spécialiste de la noblesse et des systèmes d’alliance aux XVe-XVIe siècles, le modèle de raisonnement utilisé ici par Nicole Dufournaud est celui appliqué par Dominique Le Page dans ses études de cas sur les Lespinay (voir bibliographie). Il a eu semble-t-il l’occasion de guider l’auteur dans ses recherches et ses interprétations. On donne donc ici l’impression que les Lespinay, pris comme exemple, étaient des gens intéressés et malhonnêtes de père en fils. Il est vrai que tous les systèmes d’alliance, à travers le monde et l’histoire, sont des systèmes de clientélisme. On y recherche du pouvoir, du profit ou plus simplement de la protection, et parfois de l’amitié et de l’amour. On cherche aussi à reproduire et à transmettre, pas toujours à voler les autres dont les membres de sa propre famille, ce dont semblent accusés en particulier les Lespinay et leur parent Jean des Roussières.

            Par ailleurs, l’auteur montre une connaissance insuffisante des sources publiées par d’autres auteurs qui l’auraient éclairée sur les cas qu’elle a choisis, les problèmes de filiations, les enjeux et le droit successoral de l’époque concernée.

P.S. Les illustrations n’apportant rien, n’ont pas été jointes

 

[p.486]
1) Les charges publiques dans les alliances  

A partir de cinq contrats de mariage établis dans le milieu des offices, nous analyserons les comportements sociaux de leurs membres et constaterons leurs spécificités. Rappelons que les contrats de mariage sont en pays coutumier l'occasion d'organiser la dévolution des biens pour contourner [terme excessif, « préciser » serait mieux ; il s’agit de droit des contrats, et pas de contournement du droit] les règles coutumières et les usages locaux.

a) Agnès de Saint Marsault et sa descendance 

Le première exemple concerne l'alliance de Jehan de Lespinay avec Agnès de Saint Marsault, le fils du trésorier ducal avec une veuve. Agnès de Saint Marsault rentre dans le schéma classique du rôle des femmes nobles dans la transmission des biens. Pourtant, elle mérite toute notre attention en raison de ses trois mariages, de leurs conséquences et de sa durée de vie. Son histoire montre tout l'intérêt qu'il y a à suivre la descendance par les femmes(991).

A la mort du roi Charles VIII, Jehan de Lespinay reprend ses anciennes charges ducales que lui confie de nouveau la reine Anne. A la mort de cette dernière, plusieurs commissions sont créées pour l'obliger à rendre ses comptes. Il meurt en juillet 1524 sans avoir eu le temps d'en finir le compte rendu [Non: la reddition !]. Le pouvoir royal s'en prend alors à ses héritiers qui sont placés dans une situation délicate. Dès le mois d'août, les scellés sont mis sur ses biens et, en novembre, le roi institue une commission pour statuer sur sa gestion : faire rendre compte par son héritier. Charles Luillier reçoit la tâche de gérer les biens de Lespinay dont la succession est assumée par Guillaume, son petit-fils. Ce dernier obtient de Louise de Savoie un mandement – elle est régente – qui ordonne que toute l'affaire soit portée devant les Grands Jours de Bretagne. Guillaume parvient à garder ainsi la maîtrise de la procédure. Cependant, les terres sont confisquées et les héritiers sont condamnés à payer quatre-vingts mille livres dont leur aïeul avait été trouvé redevable. L'affaire se finit en 1527 : François Ier fait don des terres de Lespinay et de Tremar à un grand serviteur royal, Louis Du Perreau, sr de Castillon ; une autre partie des terres est vendue à Anne vicomtesse de Rohan [ces terres appartiennent à la succession Chaffault-Ploesquellec, à laquelle les Rohan sont intéressés].

Note 991 : Nos sources, toutes tirées de titres de famille, semblaient bien obscures avec un intérêt bien limité. Grâce à Dominique le Page, nous avons reconstitué l'histoire de la famille de Lespinay [Non, hélas]. A partir de ses travaux, nos sources se sont alors éclairées [Non, puisque le résultat est erroné]. Nous apportons ici notre contribution à cette enquête qui n'avait pas été totalement résolue [mais qui l'a été depuis 70 ans par la Marquise de Lespinay]. C'est aussi le fruit d'une collaboration entre un historien et une étudiante [qui est ici un échec lamentable]. Qu'il en soit ici de nouveau remercié. LE PAGE 1996:215-227.

L'énigme historique à résoudre est en trois points : en premier lieu, l'amende [il ne s'agit pas d'une amende mais d'un débit ou dette] ne fut jamais réglée [si, d’une certaine façon, par la saisie des biens Lespinay, dont la valeur bien moindre montre qu’il n’y a pas eu enrichissement « excessif »] ; en second lieu, dans la seconde moitié du XVIe siècle, un descendant de Jehan de [p.487] Lespinay, Pierre, est le seigneur des terres confisquées préalablement comme Lespinay et Tremar ; enfin, les autres terres ne furent jamais mises en la possession d'Anne de Rohan(992) [la succession Chaffault-Ploesquellec ne faisait pas partie de celle du trésorier].

Note 992 : En 1540, Anne de Rohan se plaint de ne jamais en avoir pris possession. D'après l'Abbé Travers, François Ier lui vendit le 3 décembre 1527 les terres du Gâvre et de Lesneven pour la somme de vingt-deux mille livres ; en 1540, il la fit rembourser par Christophe Brecel, sénéchal de Nantes. TRAVERS 1837:288.  [Christophe Brécel était héritier des du Chaffault, et partie prenante dans les transactions]

Voilà donc les faits de l'affaire qui vont nous permettre d'analyser en détail les liens de parenté du trésorier.

Avec Bertranne Robellot, Jehan de Lespinay a eu plusieurs enfants dont Guillaume l'aîné [Source ?], Jehan le juveigneur [tout prouve qu'il est l'aîné] et Marie. Si Guillaume l'aîné fut receveur ordinaire de Nantes, son frère fut secrétaire puis maître à la Chambre des comptes de Bretagne jusqu'à son décès en 1517. Ce dernier, Jehan, est celui sur lequel porte notre intérêt.

En 1515 [Non, 1514], une double union se réalise : Marie Du Chaffault épouse Guillaume de Lespinay le jeune, le fils de Jehan et de la défunte Hélène de Marbré, dame de Malarit ; la mère de Marie, Agnès de Saint Marsault, veuve de Jehan Du Chaffault, épouse le père de Guillaume, Jehan de Lespinay, lui-même fils du trésorier. Marie Du Chaffault est une héritière principale : elle apporte son nom patronymique et les armes de la lignée du Chaffault. De son côté, Agnès cumule le douaire de son premier mariage avec celui du second ; ce qui en fait une double douairière. Cette seconde union qui exigeait l'accord du seigneur supérieur [Non, c'est la 1re union qui nécessitait cet accord], a fait l'objet d'une amende féodale [Non] de dix mille trois cents livres à Jean de Laval, sr de Châteaubriant, qui s'était opposé [Non] au mariage de Jehan de Lespinay avec Agnès : elle fut payée dès 1514 (993). [c’est ce que croit la Marquise de Lespinay, mais 1) les archives montrent que le paiement a eu lieu un an avant la menace d'amende ! 2) la menace d’amende était de 10.000 livres, pas de 10.300, si l’une des filles du Chaffault était mariée hors du pays nantais, ce qui ne fut pas le cas ; 3) il s’agit de sommes relatives aux deux mariages, soit 5.000 livres chaque, comme le prévoit le contrat pour les autres sœurs, plus 300 livres]

Note 993 : Nous ignorons le motif du refus de Jean de Laval. [il semble plutôt qu’il n’y a pas eu amende, puisque tous les mariages ont eu lieu sous les juridictions du duché de Retz et de la seigneurie des Huguetières]

Pour résumer, le père Jehan, veuf, et son fils Guillaume le jeune se marient en même temps le premier avec Agnès de Saint Marsault, veuve, et le second avec Marie la fille aînée. Ces unions sont préparées par Jehan de Lespinay, le trésorier et son fils Jehan (994). Le fils, Guillaume le jeune, n'est nommé que secondairement et exceptionnellement [Non]. Du côté des femmes, Marie Du Chaffault, la future épouse de Guillaume, est l'objet de toutes les attentions : elle est l'héritière principale. L'accord s'effectue donc entre Jehan père, Jehan fils et sa future belle-fille Marie [Non, elle n'a que 12 ans ; c'est sa mère qui négocie sous le contrôle de son frère Samson de St-Marsault]. Les terres qu'elle apporte suite à la succession de son père – du Chaffault, Lanvault et Auvers – seront la jouissance non pas de Guillaume, mais de son grandpère Jehan le trésorier, et de son père Jehan [inexact, les droits de Jean V sont plus limités par le contrat et seulement en cas de décès de Jean IV], jusqu'au décès prématuré de Marie. Et si elle décède sans enfant, les deux Jehan en seront propriétaires [ils ont la charge des 5 autres sœurs]. Les deux Jehan s'obligent l'un pour [p.488] l'autre et renoncent à la division des biens. Leurs biens sont donc en communauté(995) [NON, ils sont en usufruit pour Jean IV ; et Jean V ainsi que Guillaume s’obligent solidairement à respecter le contrat]. Marie est désavantagée par son mariage, mais elle reste quand même propriétaire de ses propres et les deux Jehan n'ont pas le droit d'aliéner ses biens. Ils ont donc intérêt à une mort prématurée de l'héritière [Pourquoi ? Se marie-t-on pour tuer sa femme, dans le monde nobiliaire ?]. Si Jehan le trésorier s'est enrichi grâce à ses charges ducales, il complète son enrichissement par le biais de ce mariage [Non, il doit subvenir aux besoins des 6 filles du Chaffault et de leur mère, en échange d'un usufruit sur trois terres (importantes)].

Note 994 : Le contrat de mariage est manifestement un brouillon ou encore une copie partielle [Non, c’est une copie authentique incomplète ; il y manque au moins le premier feuillet]. Pour toute l'affaire, voir dans notre corpus les titres de famille « lespinay » et « espinay ».

Note 995 : Ce qui explique [NON] que Guillaume ne pourra pas entrer dans ses droits de succession après la mort de ses père et grand-père, les biens de Jehan le Trésorier ayant été confisqués entièrement par le Roi [avec une partie des biens du Chaffault, par abus de droit].

Une raison de cet étrange contrat semble être la faiblesse [OUI] de la position d'Agnès de Saint Marsault, veuve de Jehan Du Chaffault : tous ses enfants sont des filles. Marie a cinq sœurs juveigneures qui bénéficient par son mariage d'une somme de « 1.000 [NON, 5.000] livres monnoie de Bretaigne » chacune, à laquelle s'ajoutent « 200 escuz pour estre distribuez par la main de ladite damoiselle leur mere ». Il est prévu [comme dans tout contrat notarié] le décès potentiel des sœurs voire même l'entrée en religion « en celuy cas les deniers qu'elle eust eu ou peu avoir pour son droit viendra en accroissement aux aultres filles juvigneures en leurs mariages » ; événement qui serait bénéfique aux autres sœurs [c’est inexact, car la fille qui entre en religion a droit au paiement de son trousseau]. Ces filles apparaissent bien dépossédées de leurs biens, en faveur de leur sœur aînée [c'est normal dans le droit coutumier breton], et la maison du Chaffault passe sous la puissance des Lespinay [oui, mais sous contrôle du conseil de famille]. Deux clauses le précisent. La première est que les filles puînées ne peuvent se marier sans le consentement de leur parenté : elles restent sous leur autorité. Cette clause est préventive et montre que la parenté des filles du Chaffault n'était pas dupe [pourquoi ce mot ?] de la mainmise des Lespinay sur la maison du Chaffault [NON, elles sont sous l’autorité de leur conseil de famille, ce qui est classique. Pourquoi chercher à tout prix une « mainmise », un intéressement malhonnête ?]. La seconde clause concerne le nom et les armes de la maison du Chaffault : « a esté convenu et accordé que les enfans qui seront procreez desdits Guillaume de Lespinay et ladite Marie du Chaffault seront tenuz prendre le nom et armes de la maison du Chaffault et que de tous les sieurs dudit lieu ont accoustumez porter ». La transmission du nom et des armes s'opère également par les filles comme les biens [c’est classique dans la grande noblesse quand une branche risque de tomber en quenouille]. Cette clause est étonnante car à la date de ce mariage, Jehan de Lespinay, le trésorier, n'a pas pléthore de mâles pour assurer la lignée. Pourquoi alors perdre le nom « Lespinay » ? La maison du Chaffault doit être bien plus honorable et d'extraction bien plus ancienne [OUI]. Pourtant il existe du côté des du Chaffault au moins un héritier mâle, Louis, certainement [ ! ] le frère de Jehan [NON, 1) Jean n'avait pas de frère vivant en 1499 lors de la succession Pont-L'Abbé - Ploesquellec, 2) ce Louis n’avait pas d’enfant mâle au décès de Jean du Chaffault, ce qui lui aurait permis de tenter de revendiquer la succession des biens nobles s'il avait été frère de Jean, 3) en outre il aurait été un cadet selon la coutume de Bretagne : si cela avait été le cas, il aurait pu exercer son droit de retrait lignager, ce qu'il n'a pas fait puisqu'il n'était pas frère de Jean], qui sera tué dans les années 1530 par le notaire Nepvouet (996). Il a alors plus de cinquante ans. A l'époque de ce mariage, il est donc encore dans la capacité de procréer et d'assurer la filiation de la maison du Chaffault. Apparemment, cette clause n'a pas été respectée : Pierre, le fils de Marie et de Guillaume, gardera le nom de Lespinay avec le titre de seigneur du Chaffault(997). [NON, les aînés des Lespinay ont porté les deux noms pendant plus d’un siècle, avec les armes écartelées]

Note 996 : Voir dans notre corpus les Titres de famille Nepvouet E1073.

Note 997 : Voir dans notre corpus les Titres de famille Lespinay 2E3199.

[p.489]
Enfin, les trois générations (fils, père et grand-père) acceptent que Agnès de Saint Marsault garde la jouissance de son « droict de douayre » sur les terres des du Chaffault, après son nouveau mariage. Il s'y ajoute   le nombre de cent livres de rante en assiette par douare... o choays desdits de Lespinay sans en estre aucunement tenue en faire restitution ». Nous ne savons rien de l'opinion du lignage du Chaffault. Veuve, Agnès de Saint Marsault vivra pendant de nombreuses années sur son domaine du Poitou et profitera largement de son douaire. De plus, son second mari décédant avant son père, Jehan le trésorier, elle gagne la jouissance d'un nouveau douaire sur les biens de ce dernier. Cette éventualité, peu probable au départ, fut le cas : Agnès devient veuve très vite ; en 1520, Jehan le sr de Mallary est décédé
[en 1517] lors du second mariage de sa sœur Marie.

Agnès de Saint Marsault préserve son intérêt en sacrifiant [source ?] en partie celui de ses filles et de la maison du Chaffault. En fait, Marie du Chaffault profite [pourquoi ?] de la situation en récupérant avec son époux une partie de ses terres après le décès de Jehan de Lespinay, le trésorier. Car elle bénéficia, comme sa mère d'ailleurs [ ? née ca.1480, décédée vers l’âge de 58 ans], d'une longévité surprenante [ ? née ca.1500, elle est morte à environ 55 ans] en contrariant toutes les hypothèses émises dans les clauses du contrat mariage [NON, le rôle des hypothèses notariées est de prévoir le pire ; c’est une bonne chose que cela n’arrive pas].

Qu'en est-il de la puissance de la maison de Lespinay ? Les dispositions des deux contrats de mariages ont-elles servi ou affaibli les Lespinay ? Le patrimoine patiemment constitué par Jehan de Lespinay, le trésorier, est le signe de l'affirmation de Lespinay et de la faveur dont il jouissait auprès de la duchesse Anne (998). Nous constatons que, par son premier mariage, son fils, Jehan le jeune, devient seigneur de Mallarit grâce à son épouse Hélène de Marbré, dame de Mallarit ; en 1515, les Lespinay, grande famille d'officiers, continuent leur politique foncière en ajoutant les terres nobiliaires du Chaffault qui se situent au sud du comté nantais et dans le Poitou ; les deux mariages de Marie de Lespinay avec Jean de La Bourdonnaye puis Robert de Grancru, noble écuyer, renforcent la notabilité de la lignée. Par les femmes, que ce soit Marie de Lespinay, Hélène de Marbré, Marie Du Chaffault ou Agnès de Saint Marsault, les Lespinay accroissent leur patrimoine nobiliaire [c'est inexact en ce qui concerne Marie de Lespinay puisqu'elle emporte avec elle une partie du patrimoine Lespinay].

Note 998 : LE PAGE 1997:402.

En 1523 [1524], Jehan le trésorier meurt après son fils. De l'union entre Marie Du Chaffault et son petit-fils Guillaume naît Pierre de Lespinay, arrière-petit-fils du trésorier. Celui-ci aura un fils nommé Samuel. Son arrière-grand-mère, en ligne paternelle, est donc Agnès de Saint-Marsault. Le graphe suivant donne un aperçu des généalogies habituellement réalisées par les [p.490] historiens et que nous récusons : ils ne s'occupent que des ascendants paternels [NON, heureusement]. Nous y avons malgré tout laisser visible Marie Du Chaffault et Agnès de Saint Marsault.

(Graphe non joint, sans intérêt ici)

Cette généalogie est trop simplifiée, par le raccourci établi sans les femmes. Elle ne permet pas de comprendre l'ascendance de Samuel, ce que nous démontrons ci-après. La naissance de Samuel ne s'explique que par ses deux lignées : maternelle et paternelle. [C’est couramment ce que font les généalogistes]

Il s'agit maintenant de quitter les femmes pour s'intéresser de plus près à un homme : Louis Du Perreau, sr de Castillon (999). En effet, Samuel est issu d'un mariage entre Pierre de Lespinay et Aliénor Du Perreau.

Note 999 : Louis du Perreau, seigneur de Castillon, de Trémar, et de Lespinay est né avant le mois d'août 1489, de Jean Perreau, notaire, secrétaire et clerc des comptes du roi, et de Madeleine Laurens [Source ?].

Agnès de Saint Marsault, car il s'agit toujours d'elle, veuve une seconde fois, s'est remariée très vite avec un certain de Romersvalle dont elle a eu une fille Jacqueline, qui se marie avec Louis Du Perreau [ERREUR, elle s’est remariée elle-même en 1526 avec Louis du Perreau, et n’a pas eu d’enfant de lui ; il aurait fallu lire la Marquise de Lespinay citée dans la bibliographie…]. Or, les biens de Jehan de Lespinay, le trésorier, confisqués par François Ier sont récupérés en partie par le sr de Castillon sous forme d'un don royal. Il devient un homme de confiance de François Ier qui l'envoie dans des missions diplomatiques en Italie puis en [p.491] Angleterre. En 1530, il est nommé valet de chambre de la reine Eléonore et entre en fonction dès le 4 juillet, le jour du mariage royal, fonction qu'il garde jusqu'en 1547 avec celle de gentilhomme de la chambre du roi. Il meurt en 1553 [NON, en 1548]. Or, il épouse, avant 1543 [en 1542], Jacqueline de Romersvalle. Une lettre du 12 septembre 1553 nous la situe : 

« Nous Jacqueline de Romersvalle, dame de Marcheville, les Ocyeux et Villiers, veufve de feu messire Louys de Perreau, chevalier, en son vivant seigneur de Castillon et Trémar et Lespinay, tant en nostre nom que comme ayant la garde noble et administration des biens de noz enffans.... »

Elle écrit de « nostre maison de Lespinay » où elle demeure. Jacqueline de Romersvalle figure sur la liste des femmes de la reine Eléonore sous le nom de « Mme Jacqueline de Romezelles, dame de Castillon », entrée en fonctions en 1543 (1000).

De ce mariage sont issus au moins trois enfants : Henri Du Perreau, l'héritier principal, Jacques Du Perreau, écuyer, seigneur de Castillon, les Otieux et Villiers qui épouse avant 1581 Antoinette de Prye ; et enfin, Aliénor Du Perreau, femme de Pierre de Lespinay ! Nous nous apercevons avec surprise que Aliénor Du Perreau est la petite-fille d'Agnès de Saint Marsault par sa mère(1001) [ERREUR énorme !]. En conséquence, nous proposons une nouvelle généalogie simplifiée [erronée] des Lespinay qui montrent les trois alliances d'Agnès de Saint Marsault et sa descendance, en tenant compte également des femmes (Illustration 75).

Note 1000: KAULEK 1885:XII-XVI.
Note 1001 : Si elle n'était pas décédée avant 1563, Agnès verrait alors sa petite-fille [Non] se marier avec son petit-fils.

Note 1002 : Pierre de Lespinay aurait eu au moins un fils nommé René de Lespinay d'un premier lit.

L'examen des pièces, constituées principalement des contrats de mariage, nous permet de prolonger l'enquête de Dominique Le Page. En 1563, Pierre de Lespinay épouse Aliénor Du Perreau (1002). L'union a été conclue par Henri de Rohan [OUI]. Pierre est nommé sieur du Chaffault et de Malary. Jacqueline de Romersvalle laisse à sa fille, entre autres, les terres de Lespinay et de Tremar sa demeure habituelle, terres que lui avait données son mari, Louis Du Perreau. Par le biais de ce mariage, le descendant de Jehan le trésorier, Pierre, récupère les terres confisquées et offertes par le roi de France à Louis Du Perreau. Mais à aucun moment l'affaire n'est rappelée dans le contrat [SI, on cite la procédure menée par les héritiers du Chaffault et Samson de Lespinay]. Notons que l'union est voulue et consentie « au château de Blain en la salle de la Rayne es presence de haut et puissant Henry vicomte de Rohan... et plusieurs autres gentils hommes et damoiselles », Blain est un fief des Huguenots. La religion a-t-elle joué un rôle dans ce dénouement ? Nous ne le pensons pas car Jacqueline de [p.492] Romersvalle exige que le mariage soit fait selon les rites romains [cependant, le mariage est fait au temple de Blain, les époux étant protestants]. Henri de Rohan intervient, semble-t-il, plutôt comme seigneur supérieur.

Il est donc avéré que les terres confisquées par le roi et données à Louis Du Perreau, reviennent à Pierre de Lespinay quarante ans plus tard. Tout n'est qu'arrangement. Grâce au mariage de sa fille Jacqueline issue de son troisième mariage [NON, erreur], Agnès de Saint Marsault [elle est décédée ca.1538 !] peut préserver les biens de son petit-fils Pierre, fils de Marie Du Chaffault, fille issue de son premier mariage. Pierre n'est « de Lespinay » que de nom ; dépouillé, il retrouve sa terre et son identité complète grâce à Aliénor. Quant à la terre de Trémar, il subsiste une part d'ombre. D'une part, Jacqueline de Romersvalle y demeure et, d'autre part, en 1579, Henri Du Perreau, semble-t-il son fils aîné, est dit seigneur de Tremar lors du contrat de mariage de son frère Jacques, seigneur de Castillon, avec Antoinette de Pryé : la terre de Tremar n'aurait donc jamais été réellement cédée et serait restée à la famille du Perreau.

L'affaire du trésorier se finit dans nos sources en 1585 par le contrat de mariage entre Samuel de Lespinay, le fils de Pierre et d'Aliénor, avec Suzanne Des Roussières, une héritière principale. Jean Des Roussières confirme le partage de la succession à sa fille : il lui remet les biens sis au Poitou et garde ceux de Bretagne qui auraient dû être transmis à David Des Roussières, l'héritier décédé. Jan ne veut pas transmettre tous les biens à sa fille, nouvelle [p.493] héritière principale car il veut se remarier. Une clause du contrat de mariage établit que Samuel de Lespinay règle les dettes de son futur beau-père afin que Suzanne, à la mort de son père, prenne possession de l'intégralité de la succession en son nom : deux mille livres sont ainsi payées avant le mariage. Grâce à un inventaire (1003), nous apprenons les faits suivants : d'une part, Jan garde les biens [en usufruit selon le coutumier de Bretagne] de sa première femme Bonnaventure Lover [Louer], au détriment de sa fille ; d'autre part, il se remarie deux fois et décède en laissant ses biens à sa dernière épouse qui comprennent les biens de ses deux premières femmes, sa troisième épouse demeurant avec lui et jusqu'à sa propre mort dans la maison noble de Bonnaventure ; enfin, Suzanne et ses sœurs issus des autres mariages ne récupèrent leurs biens meubles et immeubles qu'après le décès de la troisième épouse, en 1595[classique : il se passe la même chose avec Jacqueline de Rymerswael, qui garde les douaires d’Anne de St-Marsault jusqu’en 1563].

  Note 1003 : adla/titresfamille/espinay/E826/E826-0003.tei .

Il y a eu spoliation du père vis-à-vis de sa fille aînée [NON, c’est une pratique classique du droit successoral, en particulier sur des biens nobles] et dans une moindre mesure, à notre connaissance, de sa seconde fille. Enfin, avec la troisième sœur, elles doivent attendre le décès de la troisième épouse pour hériter de l'ensemble : héritages, biens immeubles et meubles. L'accaparement a été facilité par la communauté conjugale effective au moins pour le troisième mariage, à l'encontre des enfants, ici trois filles vivantes.

Le contrat de mariage entre Samuel et Suzanne est un pari sur la vie et la mort : si son père Jan met au monde un garçon, Suzanne aura des difficultés encore plus grandes pour revendiquer son héritage étant fille aînée du premier mariage, mais fille avant tout [OUI] ; si Suzanne décède avant son père, et sans enfant, Samuel de Lespinay ne pourra pas revendiquer l'héritage de sa femme malgré la communauté de biens entre les époux [normal en droit coutumier, sauf s'il n'y a pas d'héritier dans la ligne de l'épouse].

[p.494]
Ici, l'héritière principale qu'est devenue Suzanne, à la mort de son frère David, est une courroie de transmission des biens de la lignée « des Roussières » vers la lignée « de Lespinay ». Un véritable coup de poker qui réussira, car Suzanne vit longuement et récupère toute sa succession à la mort de son père et de ses belles-mères. La stratégie matrimoniale des Lespinay a été gagnante sur tout le siècle
[Hasard, mais stratégie matrimoniale en effet classique] : ils ont su aussi choisir des femmes d'une longévité surprenante [NON, elles sont pour la plupart mortes à la cinquantaine].

Nous proposons une nouvelle généalogie des descendants de Jehan de Lespinay et de leurs alliés (Illustration 77). [entre autres erreurs : Agnès de St-Marsault n’a jamais épousé N. de Romerswalle, et donc Eléonore du Perreau et Pierre de Lespinay ne sont pas cousins germains ; l’auteur n’a pas lu semble-t-il le livre de la Marquise de Lespinay, qu’elle cite pourtant, et dans lequel il y a les réponses à ses questions et à ses erreurs]

On n'a pas trouvé de trace du paiement de l'amende [il s'agit d'un débit ou "dette" !] de quatre-vingts mille livres [il ne faut pas oublier les biens saisis] : Guillaume de Lespinay et ses héritiers n'auraient donc rien payé [ils n'étaient pas héritiers !]. Si l'alliance avec Louis Du Perreau a permis la récupération de terres, celles entre les deux filles du Chaffault peuvent-elles expliquer le non-paiement ? Nous connaissons deux mariages : en 1531, Françoise se marie avec François Loysel, fils de Françoise Malaise et de Guillaume Loysel, celui-là même à qui Jehan de Lespinay, seigneur de Mallary, remet dix mille trois cents livres, en mars 1515 [1514 !], pour Jean de Laval [le texte ne le précise pas: il s'agit des dots de Marie du Chaffault et de sa mère, payées un an avant la menace de Jean de Laval], sire de Châteaubriant, au titre de l'amende féodale [proposée en 1515, un an après le mariage] ; Catherine épouse quant à elle Christophe Brecel, sénéchal de Nantes, celui qui rembourse Anne de Rohan de la vente non effectuée d'une partie des terres de Lespinay [NON, des terres du Chaffault, C. Brécel représentant son épouse Catherine du Chaffault]. Y a-t-il eu collusion entre les alliances et les charges ? Nous n'en savons rien [Si, cf. ouvrages de la Marquise de Lespinay].

Le rôle d'Agnès de Saint Marsault, peu visible, est bien réel. Elle permet, d'une part, à son petit-fils Pierre marié à sa petite-fille Aliénor [NON] de récupérer les terres confisquées et, d'autre part, les alliances des héritières leur permettent de bien se placer dans le milieu des offices. Sa longévité [+ à 58 ans ?] et la mort des hommes qui l'entourent la favorisent. Enfin, il apparaît qu'elle mène sa vie comme bon lui semble. Aucun membre de sa parenté ne contrôle ses secondes [SI, Samson de St-Marsault] et troisièmes noces [Les Rohan]. C'est une femme active qui connaît les stratégies pour préserver ses intérêts ainsi que ceux de sa descendance. Son rôle reste toutefois traditionnel : la transmission des biens [et sa course en 1513 à travers la France pour trouver un mari pour elle et sa fille aînée ; et sa fonction de dame d’honneur de la duchesse d’Angoulême ?].

  [Trop d’erreurs pour donner une interprétation satisfaisante…]

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 21:24

La succession de Jean de Lespinay, trésorier de Bretagne

BIBLIOGRAPHIE


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Nicole Dufournaud, divers travaux et articles sur la Numérisation des Titres de famille, Arch. dép. L.-Atl., dont E 826 (titres de la famille Espinay [l'Espinay, Lespinay], Nantes, 2004 (mais des erreurs de transcription). Accessibles sur l'internet.

Nicole Dufournaud, Rôles et pouvoirs des femmes au XVIe siècle dans la France de l'Ouest, thèse d'histoire EHESS Paris, 2007, 2 t. (dont Annexes). Thèse accessible sur l'internet. [quelques erreurs d'interprétation relative aux Lespinay].

Abel Durand, La Chambre des comptes de Nantes : de la Duchesse Anne au département de Loire-Inférieure. Nantes : Conseil Général de Loire-Atlantique, 1976, 602p.

Philippe Hamon, L’argent du roi : les finances sous François Ier. Paris : Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1994, XLIII + 609p.

Philippe Hamon, « Messieurs des finances ». Les grands officiers de finance dans la France de la Renaissance. Paris : Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1999, XXXVII + 506p.

Michael Harsgor, Recherches sur le personnel du Conseil du roi sous Charles VIII et Louis XII. Thèse de Lettres de Paris. Lille : Atelier de reproduction des thèses Univ. Lille III ; Paris : diffusion H. Champion, 1980, 4 vol., 2761p.

Jean Kerhervé, Finances et gens de finances des ducs de Bretagne : 1365-1491. Thèse d’Etat de Lettres Univ. Paris IV, 1986, 8 vol., 2309 f.

Jean Kerhervé, Les gens de finances des ducs de Bretagne. Catalogue prosopographique (1365-1491). 1986. Deuxième partie de la thèse. Listes et informations biographiques systématiques sur les gens de finances.

Jean Kerhervé, L’Etat breton aux 14e et 15e siècles. Les Ducs, l’Argent et les Hommes. Paris : Maloine, 1987, 2 vol., 1078p.

Dominique Le Page, L’administration française de la Bretagne de la fin du 15e siècle aux années 1540 : analyse d’un processus d’intégration d’une principauté au royaume. Thèse d’histoire Univ. Brest, 1995, env. 700p. Editée en 1997.

Dominique Le Page, Finances et politique en Bretagne au début des temps modernes, 1491-1540 : étude d’un processus d’intégration au royaume de France. Préface de Jean Kerhervé. Paris : Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1997, xviii, 748p.

Dominique Le Page, « L'intégration financière d’une province au royaume : Le cas de la Bretagne de la fin du XVe au milieu du XVIe siècle », in : L’administration des finances sous l’Ancien Régime (colloque de Bercy, 22-23 février 1996), Paris : Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1997, p.295-306.

Dominique Le Page, « Jean de Lespinay, trésorier et receveur général de Bretagne, 1448-1524 », in : Bretagnes, art, négoce et société de l’Antiquité à nos jours, Mélanges offerts au professeur Jean Tanguy. Brest, Association des Amis de J. Tanguy, 1996, p.215-227.

Charles de Lespinay, La famille de Lespinay (l’Espinay) de Plessé (Bretagne), Origines et ascendances, Nantes, Association Maison de Lespinay, sept.1991 [mises à jour 1993, 1999], 300p.

Marquise de Lespinay, Jehan de Lespinay, Thrésorier de Bretagne, 1448-1524 (en collaboration avec Marguerite Thomas de la Pintière ; Fontenay-le-Comte, édition à compte d’auteur, 1937, 247p.

Marquise de Lespinay, Pierre de Lespinay et les débuts du calvinisme à Blain, Chantonnay, Impr. A.Gaultier, [1939], 90p.

Léon Maître, Généalogie de la Maison de Lespinay originaire de Bretagne, Nantes, Emile Grimaud, 1891, 206p.

Georges Minois, Anne de Bretagne, Paris : Fayard, 1999, 571p.

Dom Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Paris, Charles Osmont, 1742-1746, 3 t.



Bibliographie complémentaire


Laurent Bourquin, La noblesse dans la France moderne (XVIe-XVIIIe siècles), Paris, Belin (coll. Sup, Histoire), 2002, 267p.

Jean Gallet, La seigneurie bretonne (1450-1680). L’exemple du Vannetais. Paris, Publications de la Sorbonne, 1983, 647p.

Jean Gallet, Seigneurs et paysans bretons, du Moyen-Âge à la Révolution, Rennes, Ouest-France-Université, 1993, 340p.

Marquis de Goué, « Quelques notes sur la paroisse de Plessé », Bulletin de la Société d’archéologie de Nantes et de la Loire-Inférieure, 1931.

Roger Joxe, Les protestants du Comté de Nantes au seizième siècle et au début du dix-septième siècle (Préface Henri Lavagne), Marseille, Ed. Jeanne Lafitte, 1982, 328p. (excellent ouvrage de synthèse, bien que trop optimiste d’après Jean-Luc Tulot, Familles protestantes de Haute-Bretagne au temps de l’Édit de Nantes (XVIIe s.), Nantes, CGO, 1998)

Francis Legouais, Au pays des Namnètes. Blain - Le Gâvre. Nantes, Marcel Buffé, 1970,191p. (pour le protestantisme à Blain, voir plutôt Roger Joxe, 1982).

Michel Nassiet, Noblesse et pauvreté. La petite noblesse en Bretagne, XVe-XVIIIe siècles, Rennes, Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 1993.

Michel Nassiet, Parenté, noblesse et Etats dynastiques, XVe - XVIe siècles, Paris : EHESS, 2000, 376p.


 
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